5,4 milliards de dollars pour la reconstruction de Gaza

D’après Laredac à 21h55 le 14 Octobre 2014


La dite « communauté internationale » a commencé à promettre dimanche au Caire des millions de dollars pour reconstruire Gaza, mais, au diapason des États-Unis, elle exige de l’état zioniste et des Palestiniens qu’ils reprennent sérieusement les, sempiternels et illusoires, « négociations de paix ».

Le Qatar a promis de très loin la plus grosse contribution pour aider la bande de Gaza, ravagée par cinquante jours de guerre cet été, avec 1 milliard de dollars.

Washington a pour sa part annoncé une aide immédiate de 212 millions sur un total de 400 millions de dollars en un an, et l’Union européenne une somme globale de 450 millions d’euros pour 2015.

Le secrétaire d’État américain John Kerry (Jim Phelp pour nos commentateurs) les s s’est montré très ferme lors de cette conférence internationale des donateurs : la communauté internationale est prête à financer, mais plus question de se contenter de cessez-le-feu. Il faut reprendre les négociations de paix qu’il avait impulsées en 2013 avant qu’elles n’échouent en avril, a-t-il insisté.

Le même ton a été adopté par l’ONU et les pays de l’Union européenne, préoccupées par d’autres guerres dans la région, notamment contre les djihadistes de l’État islamique. Ils sont aussi lassés comme le reste du monde par près de sept décennies d’un conflit palestino-israélien dont le dernier avatar sanglant, en juillet et août, a tué près de 2 200 personnes dans la bande de Gaza et 73 Israéliens.

L’Autorité palestinienne réclame 4 milliards de dollars d’aide à la dite « communauté internationale » pour reconstruire Gaza qui a connu trois guerres en six ans.

Tout en promettant une « aide immédiate » américaine, John Kerry a tapé le premier du poing sur la table. « Un cessez-le-feu, ce n’est pas la paix. Nous devons nous rasseoir à la table (des négociations) et aider les parties à faire des choix difficiles, de vrais choix« , a-t-il lancé fermement.

« Ces choix dépassent un simple cessez-le-feu parce que même le cessez-le-feu le plus durable ne peut remplacer la paix, même le cessez-le-feu le plus durable ne peut remplacer la sécurité pour israël et un État et leur dignité pour les Palestiniens« , a ajouté John Kerry dans un vibrant appel lancé devant une trentaine d’autres chefs de la diplomatie et représentants d’une cinquantaine de pays et organisations internationales.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, lui aussi d’un ton ferme, lui a emboîté le pas. « Gaza reste une poudrière » et ses habitants « ont désespérément besoin de voir des résultats dans leur vie quotidienne« , a-t-il lancé.

« Vous devez comprendre le niveau de frustration. (…) Comme secrétaire général, je suis très en colère » de la situation, a-t-il ajouté. Et de rappeler qu' »en 2009, la communauté internationale s’était déjà réunie » en Égypte pour la reconstruction de Gaza. « Nous sommes de nouveau ici » et « le cycle construction-destructions se poursuit, il empire« , a-t-il regretté. Ban Ki-moon a annoncé qu’il se rendrait mardi à Gaza pour, a-t-il dit, « écouter directement » les habitants de l’enclave.

Et a condamné « fermement » lundi à Ramallah, en Cisjordanie, la poursuite de la colonisation israélienne dans les Territoires palestiniens occupés, quelques heures avant une visite en Israël.

« Je condamne de nouveau fermement la poursuite des activités de colonisation d’Israël« , a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse avec Rami Hamdallah, chef du gouvernement d’union palestinien.

Puis ce fut Catherine Ashton, la chef de la diplomatie de l’Union européenne, pour qui « cela doit être la dernière fois que l’on appelle la communauté internationale à reconstruire Gaza« .

« Ces choix dépassent un simple cessez-le-feu parce que même le cessez-le-feu le plus durable ne peut remplacer la paix, même le cessez-le-feu le plus durable ne peut remplacer la sécurité pour israël et un État et leur dignité pour les Palestiniens« , a ajouté John Kerry dans un vibrant appel lancé devant une trentaine d’autres chefs de la diplomatie et représentants d’une cinquantaine de pays et organisations internationales.

Mais la perspective d’une relance des négociations a été fraîchement accueillie par le ministre des Affaires étrangères d’Israël, qui n’avait pas été invité au Caire. « Il faut voir dans quel cadre et sur quels points porteraient ces négociations. Si elles ne portent que sur les exigences palestiniennes, alors, c’est peine perdue« , a tranché Avigdor Lieberman, dont le pays maintient toutes ses exigences, notamment le désarmement des combattants des islamistes du Hamas qui dirigent de facto Gaza.

La communauté internationale attend de – sa créature – l’état zioniste un assouplissement du blocus imposé depuis huit ans sur la bande de Gaza. Elle espère aussi une plus grande stabilité politique à Gaza avec la réconciliation récente entre l’Autorité palestinienne, dominée par le parti nationaliste Fatah de Mahmoud Abbas, et le Hamas, considéré comme un mouvement terroriste par Israël, les États-Unis et certains pays européens.

Le gouvernement d’union palestinien s’est réuni à Gaza jeudi pour la première fois depuis sa formation en juin, après des années de déchirements entre Hamas et Fatah.

Mais à quoi Bon ????

A quoi bon s’engager financièrement quand les bombes ont fracassé les projets que vous souteniez ? Quand l’immuabilité du conflit palestino-israélien s’expose au risque d’une nouvelle guerre ? Quand la guerre en Syrie, proche, vous met déjà à contribution ? Quand votre budget est contraint par la crise ?

Les délégués d’une cinquantaine de pays, une trentaine de ministres des Affaires étrangères, le secrétaire général des Nations unies, le secrétaire d’Etat américain, les représentants de multiples organisations humanitaires, financières ou politiques comme le Fonds monétaire ou la Ligue arabe se réunissent au Caire pour apporter leur réponse à la question et au désastre gazaoui.

L’agression zioniste de juillet et août dernier, pretendument contre le Hamas et ses alliés, n’a pas seulement fait plus de 2.100 morts palestiniens et 73 israéliens.

Selon l’organisation onusienne UNRWA pour les réfugiés palestiniens, les combats ont détruit ou endommagé 80.000 maisons. Infrastructures et entreprises ont subi le même sort.

L’électricité et l’eau manquent. Le PIB devrait diminuer de 20% au cours des neuf premiers mois de 2014 par rapport à 2013. L’enclave exiguë et surpeuplée, dont une bonne partie de la population vit sous le seuil de pauvreté et où 45% de la population active et 63% des jeunes étaient au chômage avant la guerre, reste sous blocus israélien et égyptien.

« Sans action immédiate« , disait récemment Steen Lau Jorgensen, directeur de la Banque mondiale pour les territoires palestiniens, une reprise de la violence « reste un danger clair et réel« .

L’inquiétude d’une nouvelle conflagration s’est atténuée à mesure que le cessez-le-feu du 26 août tenait bon. Les besoins, eux, restent les mêmes.

Le gouvernement d’union palestinien a établi en vue du Caire un plan de reconstruction détaillé de quatre milliards de dollars.

D’autres chiffres encore plus importants ont été avancés. La reconstruction devrait durer de longues années.

Source : avec Afp, reuters, ZAgence Wafa, Agence ONU, Washington post, L’orient le Jour, agence Wafa