À l’inverse des experts français, ceux de Suisse maintiennent leurs positions concernant la mort de Yasser Arafat

D’après Larédac’ à 12h45 le 05 Décembre 2013

On a entendu il y a peu les résultats des analyses concernant la mort de Yasser Arafat, si les experts suisses ont soutenu depuis le début de leur conclusion que l’ancien chef palestinien avait été empoisonné, ce n’est pas le cas des résultats de leurs homologues français qui eux ni voient qu’une mort naturelle ou encore, d’après une source proche de ces même experts, il serait décédé « de vieillesse à la suite d’une infection généralisée ». Cependant les experts suisses ont réaffirmé ce mercredi 04 décembre que leurs résultats soutenaient « raisonnablement » la thèse de l’empoisonnement. Alors qui a raison ?


La déclaration des experts suisses intervient au lendemain d’une fuite selon laquelle leurs confrères français auraient conclu à une mort naturelle. Le rapport français évoque des niveaux de polonium 210 similaires à ceux trouvés par les experts suisses. Mais les experts français l’expliquent par la présence de gaz radon dans la tombe où était enterré Yasser Arafat. 

La veuve de l’ancien dirigeant s’est dite « bouleversée » par ces conclusions, qui divergent de celles annoncées récemment par les experts suisses. Souha Arafat avait déposé, en juillet 2012, une plainte contre X pour assassinat, à Nanterre, en France, après la découverte de polonium, une substance radioactive, sur des effets personnels de son mari. 

Ce produit lui aurait été, selon elle, administré par un membre de son entourage. Les juges d’instruction français dans ce dossier avaient alors ordonné l’exhumation de la dépouille du dirigeant, ce qui a été fait en novembre 2012. Une soixantaine d’échantillons au total avaient été répartis pour analyse entre trois équipes d’enquêteurs suisses, français et russes, chacune effectuant son travail individuellement, sans contact avec les autres.

« Si l’explication par le radon était suffisante, on devrait avoir les mêmes valeurs dans tous les échantillons de terre prélevés dans la tombe. Mais nous avons observé des valeurs de polonium 17 fois plus élevées dans les échantillons prélevés juste sous le cadavre par rapport aux échantillons prélevés plus loin », a déclaré à la RTS le professeur François Bochud, directeur de l’Institut de radiophysique appliquée de Lausanne. 

Selon lui, l’équipe française présente à Ramallah ne comportait aucun spécialiste des radiations. « Les échantillons ont été mesurés après coup à Paris par des gens très compétents, mais en l’absence de spécialistes sur le site, il leur a été plus difficile de choisir les bons échantillons à analyser », a-t-il ajouté. 

Quant à la conclusion du rapport du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), le professeur affirme ne pas en douter. « Je dirais même plus : avoir la confirmation de nos mesures de base par le laboratoire français est plutôt un élément en faveur de notre conclusion », a déclaré François Bochud. 

Le directeur du Centre universitaire romand de médecine légale (CURML), Patrice Mangin, a réaffirmé les conclusions du rapport suisse qui soutient « raisonnablement l’hypothèse de l’empoisonnement ». Mais « nous allons très certainement rester dans le doute », a-t-il déclaré.

Source : IntérêtGénérale.info