Acte « terroriste » à Saint-Étienne-Du-Rouvray : Quand cela arrive près de chez toi

La ville de Saint Étienne Du Rouvray près de Rouen en Seine Maritime a connu elle aussi sa journée de l'horreur, deux semaines après le drame de Nice, lorsque deux individus ont fait irruption dans une église prenant en otages des fidèles présents pour une messe célébrée par le prêtre Jacques Hamel. Une scène qui s'est achevée en bain de sang avec la mort des deux assaillants, ainsi que celle du prêtre Jacques 86 ans lâchement égorgé.

La religion ne transforme pas les hommes en criminels, ce sont les criminels qui utilisent la religion comme alibi de leur soif de pouvoir. Dalaï Lama

Cet acte a pour l'équipe de T.E.P.A et de SalamNormandieNews (Dr Mansour, Abderhamane et moi-même Hamza) une note personnelle puisque proche de nous. Nous avons donc pu constater les tristes changements de comportement de la population, le désarroi et l'incompréhension, la colère sur les réseaux sociaux au sein même de famille et d'amis. Beaucoup avant le drame se disait « pas chez nous à Rouen nous sommes bien ensemble, c'est tranquille ! » Comme nous l'a déclaré Siham « j'ai du mal à me rendre compte que cela soit arrivé près de chez moi« , cependant, depuis le drame tout a basculé… Un des assaillants fréquenté la mosquée Yahya selon les médias mainstream, ces mêmes médias qui ont déclaré que cette mosquée était une mosquée « salafiste »… Faux, selon les fidèles les plus assidus dans ce lieu de prière, la mosquée n'est pas « salafiste » et la personne dénoncée semble ne pas avoir fréquenté la mosquée. Beaucoup de journalistes étaient devant la porte du lieu de culte attendant comme des vautours la proie à interroger.

Cette mosquée à une histoire commune avec les chrétiens de Saint-Étienne, le vieil homme assassiné a fait partie du projet de construction du lieu de culte qui est collé à l'église Sainte-Thérèse. C'est d'ailleurs la paroisse qui a donné une parcelle pour sa construction. Depuis toujours dans cet endroit des rassemblements ou des kermesses réunissent chrétiens et musulmans, une simple barrière sépare les deux bâtiments.

Le Prophète (paix et bénédiction sur lui) a dit : « Celui qui fait mal à un Juif ou à un Chrétien trouvera en moi son adversaire au jour du Jugement. »

Cynthia, musulmane et vivant à Saint-Étienne-Du-Rouvray est celle qui nous a le plus attristé car elle a été touchée doublement. Choquée par l'acte lui-même mais aussi par les réactions qui ont suivi « j'ai le coeur lourd » nous a-t-elle déclaré. « En tant qu'humaine je suis choquée, dégoûtée par tant de haine. Le pire pour moi c'est qu'un des assaillants est mon voisin… Un film ! Ça se passe à côté de chez moi… Je suis perturbée… Et tu rajoutes à tout cela le racisme de ta propre famille…. C'est dur ».

Yasmine, elle, se dit « choquée, énervée, avec un sentiment d'impuissance encore une fois » appréhendant « les répercussions que ces actes vont avoir« . Il y a aussi Isabelle qui ressent de « la tristesse et de la colère comme tous et toutes« . Isabelle nous a avoué avoir « si peu d'espoir pour l'avenir » en lisant les commentaires sur cette triste histoire. « Mes prières sont pour le renforcement et la cohésion des croyants face aux égarés…« , a-t-elle dit.

Nous avons rencontré Eddy, chrétien évangéliste et vivant à Sotteville-Lès-Rouen, commune voisine à celle de Saint-Étienne-Du-Rouvray, qui nous a confié ne pas avoir peur en tant que citoyen « mais de la colère contre la terreur qu'un groupe essaye d'instaurer en France« , comme beaucoup de Français Eddy en veut au gouvernement « une colère aussi contre les dirigeants qui sont faibles face à certaines décisions afin de conserver la sécurité du pays« , nous lui avons demandé aussi ce qu'il ressentait en tant que croyant chrétien, « je trouve triste la mort gratuite d'un homme de foie et de n'importe quelle religion d'ailleurs. Il faut avoir foi en Dieu pour nous aider à lutter contre la perfidie du mal, tout cela me pousse à dire qu'il faut se préparer à la rencontre de Dieu« , nous a-t-il confié.

Pour Jimmy, habitant lui de Saint-Étienne-Du-Rouvray, « c'est avant tout de la lâcheté pure et simple ! J'ai peur aussi que cela ne sépare d'avantage les gens (chrétiens et musulmans NDLR)« .

Nous avons rencontré aussi Ryad, agent de médiation au sein des transports en commun rouennais, qui nous a déclaré ne pas avoir de mots pour d'écrire une horreur pareille. « Expliquer un tel acte est difficile. S'en prendre à une personne de 86 ans croyante même si ce n'est pas l'Islam et dans un lieu de culte en plus…. Ce sont des âmes perdues que l'on a endoctriné, à qui on a lavé le cerveau et qui croient malheureusement mourir en martyrs parceque' on leur a dit sûrement…« .

Pour finir, Abdelghafour, Rouennais, converti à l'Islam et membre très actif dans le monde associatif. « Effondré, complètement effondré !« , a-t-il écrit sur sa page Facebook. « À peine une dizaine de jours après Nice, l'horreur s'invite de nouveau dans nos vies. La violence de cette barbarie est d'autant plus grande qu'elle frappe à notre porte, dans notre ville, touche nos voisins, des personnes que nous pouvons être amenés à côtoyer dans notre quotidien » poursuit-il. Il recommande la prière et le recueillement dans cette dure épreuve ainsi qu'un examen de conscience qui ne sera utile que « s'il est suivi d'action, au service d'autrui, du dialogue, de l'échange et de la promotion ainsi que l'application des valeurs universelles que nous partageons tous. Parce qu'il n'est plus le temps de prendre des postures mais d'agir, œuvrer pour le bien commun et de lutter contre toute forme d'obscurantisme ou d'extrémisme.« 

Nous avons interrogé pas mal de monde, musulmans ou non, et ce qui en ressort c'est l'effroi et la peur du après…

Nous souhaitons rappeler aussi à ceux qui crient trop fort que Daesh ne fait pas de distinction entre musulmans ou non, la première victime du fou de Nice était musulmane, il ne fait pas de distinction non plus entre imam et prêtre dès lors que vous n'êtes pas d'accord avec eux, pour rappel en décembre 2015, Daesh a décapité trois imams sunnites en pleine place publique pour ne pas avoir obéi à un ordre du soi-disant calife. Ces crimes sont une atteinte aux fondements mêmes des trois religions monothéiste.

De plus, tous ces actes sont loin des enseignements du Prophète de l'Islam (Paix et bénédiction sur lui), nous n'allons pas revenir sur les faits qui ont fait maintenant le tour du monde, nous n'allons pas revenir non plus sur les différentes déclarations politiques opportunistes ni sur les récupérations mensongères des identitaires. Car l'heure est à l'unité sincère et fraternelle… Les morts lointains deviennent nos morts proches…

Daesh est comme une bombe faisant des dommages collatéraux. Non seulement il a fait de son groupe une excuse à tout déséquilibré ou avec un sentiment de vengeance à se lâcher dans des tueries de masse sans faire de distinction mais en plus après chaque acte terrible des dommages sont causés dans les familles, dans les relations etc, les gens s'éloignent de plus en plus à chaque acte d'horreur, ce n'est pas ce qu'il faut… Daesh renforce l'extrémisme de tous bords, politique, identitaire ou religieux. Il fait des gens sans nom des stars mondiales, c'est une collaboration, eux ont leur peur mondiale et l'individu à sa reconnaissance tant recherchée. Ceci est le profile type des tueurs de masse tout ceci n'a rien de religieux ce n'est ni plus ni moins qu'un échange de bon procédé. Des individus, qui du haut de leur « conscience supérieur », avec des ères de « peuple élu », commettent des actes lâches ne respectant aucune règle de la guerre édictée par le Prophète (Paix et bénédiction sur lui)… Ces énergumènes ne font que semer le désordre, la peur, alimentant des tensions… En ayant le chaos comme but…

Curse - mutanabbi 2

Ladite « communauté » (qui semble tristement devenir un concept qu'une réalité), se victimise et courbe l'échine face au politique et autres devient aussi insupportable.

Les pseudos représentants (des serpillières bien pensantes) qui nous servent la soupe du « je dénonce, je condamne » mais pas trop ! Qui ne prennent jamais de position claire et précise… Tout à demi-mot , voulant garder de bonnes relations avec les autorités et leurs misérables petits privilèges, leurs mosquées (qui n'ont aucune d'utilité sociale et citoyenne), et leurs petites associations qui n'alimentent que leur ego.

Il est aussi triste de voir que les sites prétendument communautaires sont dans la même ligne…. : Discours victimaire, allusions pathétiques, parfois faisant de l'arabo-centrisme dans certains cas et dans d'autres se faisant les chantres de la défense des femmes musulmanes (au profil « salaf » principalement »…)… Ainsi faisant preuve de leur intolérance à laquelle ils se disent victime eux-même … Ils dénoncent la pensée unique, tout en s’attaquant au ceux qui ne pensent pas comme eux. Heureusement la grande majorité de ceux que les médias et politiques nomment « salafiste » ne sont que ni plus ni moins des croyants orthodoxes.

Les politiques de ce pays (qui ressemble plus à une république bananière), de tous bords, ne font que bavarder et pratiquent l'enfumage électoral.. Ils prennent des mesures et votent des lois sur le sensationnel et l’émotionnel.. n'appliquant que très peu leurs propres lois ! L’application à géométrie variable.

« Les guerriers ne sont pas des guerriers au sens commun du terme.

En effet, le guerrier n’est pas quelqu’un qui fait la guerre, parce que personne n’a le droit de prendre la vie de quelqu’un d’autre.

Le guerrier, pour nous, c’est quelqu’un qui se met au service du bien d’autrui.

Sa tâche est de prendre soin des plus anciens, des sans-défense, de ceux qui ne peuvent plus subvenir à leurs besoins, et par-dessus tout, des enfants qui représentent le futur de notre humanité. » (Tĥatĥanka Iyotĥanka alias Sitting Bull)

Rappel :

Les historiens (sérieux et non les prétendues « savants ») témoignent et rapportent de la clémence du Prophète (paix et bénédiction sur lui) et surtout de ses remontrances contre ses compagnons, toutes les fois où des civils avaient été tués notamment des femmes, des enfants, des personnes âgées et des hommes non armé (lors de la deuxième bataille contre les Qurayshites de La Mecque, en 626 sur le mont Uhod).

Des recommandations faites à ses combattants lors de la bataille de Muřtá sont regardées comme étant constitutives de la première charte du jus in bello ((le droit dans la guerre) musulman. Ainsi, leur dit-il : « Allez, au nom de Dieu. Combattez les ennemis de Dieu, qui sont vos ennemis. Vous trouverez en Syrie des moines vivant dans leurs cellules loin des gens, ne les inquiétez pas. Vous trouverez des guerriers voués à Satan, combattez-les le sabre à la main. Ne tuez ni femme, ni enfant, ni vieillard. N'arrachez ni palmier ni arbre. Ne détruisez aucune maison.« 

Relire : Histoire du Sinaï : Le monastère Sainte-Catherine

Lorsque le Prophète (paix et salut à lui) envoyait ses troupes en expédition il leur disait : « Ne tuez pas les ermites. » Il a recommandé à l’armée qui partait pour Mutah : « Partez au nom de Dieu dans la voie de Dieu. Combattez les mécréants, conquérez sans commettre d’exaction, sans trahir, sans mutiler ; ne tuez pas d’enfant, ni de femme, ni de vieillard âgé, ni de reclus dans un ermitage.« 

« …et ne trahissez pas… » Cette recommandation ne concernait pas les relations des musulmans avec leurs frères musulmans, mais bien avec l’ennemi qui usait de ruse envers eux, qui amassait ses troupes, et contre qui ils allaient se battre. Cette injonction était si importante que le Prophète (paix et salut à lui) alla jusqu’à désavouer ceux qui recouraient à la trahison, même s’ils étaient musulmans et si les personnes trahies étaient « mécréantes ».

Le Prophète (paix et salut à lui) a dit : « Celui qui a garanti la vie sauve à un homme puis l’a tué, je le désavoue même si l’homme qu’il a tué était mécréant.« 

Le principe de la fidélité à la parole donnée s’est ancrée dans le cœur des Compagnons. Lorsque `Umar ibn al-Khattâb (que Dieu l’agrée) apprit durant son califat qu’un combattant musulman avait dit à un ennemi perse : « Ne crains rien » puis l’avait tué, il écrivit au chef de l’armée : « J’ai appris que des hommes d’entre vous poursuivent le mécréant et lorsqu’il leur échappe dans la montagne lui disent ‘ne crains rien’ puis le rattrapent et le tuent. Par Celui qui tient mon âme en Son pouvoir ! Si j’apprends que quelqu’un agit ainsi, je lui trancherai le cou.« 

Les guerres des musulmans n’étaient pas des guerres de destruction comme les guerres modernes, où les belligérants non-musulmans tentent d’annihiler toute vie chez leurs adversaires. Les musulmans prenaient garde à préserver la civilisation partout où ils allaient, même chez leurs ennemis. Ceci apparaît clairement dans les paroles d’Abû Bakr as-Siddîq (que Dieu l’agrée) lorsqu’il a recommandé à ses armées partant à la conquête de la Syrie : « Ne semez pas la destruction… » – une expression générale appelant au bon comportement ; il leur a recommandé également : « N’abattez pas et ne brûlez pas de palmier, n’abattez pas de bête, ni d’arbre fruitier, ne détruisez pas d’église…« 

Ces précisions élucident ce qu’on entend par ne pas semer la destruction, afin qu’un chef militaire ne puisse pas s’imaginer que l’hostilité de l’ennemi justifie de quelconques exactions. La destruction sous toutes ses formes est interdite en Islam, une chose que Daesh et tous ceux qui soutienne le groupe semble avoir oubliée…

Pourvoir aux besoins des prisonniers et les aider sont des actions méritoires pour les musulmans, vu que les prisonniers sont en situation de faiblesse, loin des leurs, et ont grandement besoin de cette aide. Le Saint Coran associe la bienfaisance envers les prisonniers à la bienfaisance envers les orphelins et les pauvres ; Dieu dit en décrivant les croyants : « et ils nourrissent pour l’amour de Dieu le pauvre, l’orphelin et le prisonnier.« 

Le Prophète (paix et salut à lui) a interdit de mutiler les corps. `Abdallâh ibn Zayd (que Dieu l’agrée) a rapporté : « Le Prophète (paix et salut à lui) a interdit le pillage et la mutilation.« [12] `Imrân ibn al-Husayn (que Dieu l’agrée) a rapporté : « Le Prophète (paix et salut à lui) nous exhortait à faire l’aumône et nous interdisait de mutiler les corps.« 

Malgré la mutilation du cadavre de Hamza (que Dieu l’agrée) l’oncle du Prophète (paix et salut à lui) par les polythéistes lors de la bataille d’Uhud, le Prophète (paix et salut à lui) n’a jamais varié de ce principe, menaçant au contraire les musulmans des pires châtiments s’ils se livraient à la mutilation des cadavres des ennemis. Il a dit : « Les gens qui subiront les pires châtiments le Jour du Jugement sont l’homme tué par un prophète ou celui qui a tué un prophète, le chef égaré et celui qui mutile les cadavres.« [14] Il n’existe pas dans l’histoire du Prophète (paix et salut à lui) le moindre incident relatif à une mutilation de cadavres ennemis par les musulmans.

L'ignorance sous toutes ses formes mène au désastre….

Article produit par le Dr Mansour et Hamza

Sources : Sahîh Muslim, Livre du jihâd et des expéditions, chapitre : « Le fait pour l’imam de nommer les chefs militaires et de leur recommander de respecter l’éthique de la guerre » (1731) ; Abû Dâwud (2613) ; at-Tirmidhî (1408) ; al-Bayhaqî (17935). ;Muslim, Livre du jihâd et des expéditions, chapitre : « Le fait pour l’imam de nommer les chefs militaires et de leur recommander de respecter l’éthique de la guerre » (1731).

Al-Bukhârî dans at-Târîkh al-kabîr 3/322; Ibn Hibbân (5982) ; al-Bazzâr (2308) ; at-Tabarânî dans al-Kabîr (64) et as-Saghîr (38) ; at-Tayâlisî dans son Musnad Al-Muwattâ’ d’après Yahyâ al-Laythî (967) ; al-Bayhaqî, Ma`rifat as-sunan wal-âthâr (5652).

Al-Bayhaqî dans as-Sunan al-kubrâ (17904; at-Tahâwî, Sharh mushkil al-âthâr (3/144); Ibn `Asâkir, Târîkh Dimashq 2/75.

Al-Bukhârî, Livre des litiges, chapitre : « Le fait de s’emparer d’un bien sans permission de son propriétaire » (2342) ; at-Tayâlisî dans son Musnad (1070) ; al-Bayhaqî dans ses Sunan al-kubrâ (14452).

Abû Dâwud, Livre du jihâd, chapitre : « L’interdiction de mutiler les corps » (2667) ; Ahmad (20010) ; Ibn Hibbân (5616) ; `Abd ar-Razzâq (15819) ; authentifié par al-Albânî, voir Irwâ’ al-ghalîl (2230).