Affaire de Trappes : Après Mickaël, c’est au tour de sa femme Cassandra d’être jugée

D’après Larédac’ à 09h44 le 11 Décembre 2013

Aujourd’hui, mercredi 11 décembre, s’ouvre le procès de Cassandra Belin, cette jeune femme qui avait subi un contrôle de police plus que mouvementé pour son port du voile intégrale, s’en est suivi une altercation avec son mari qui ne voulait que défendre les droits de son épouse qui jusqu’ici n’avait jamais eu affaire à ce genre d’abus de pouvoir puisqu’elle a soutenu s’être toujours pliée aux différents contrôles sans rébellion. 

Ce contrôle d’identité qui a mal tourné, avait déclenché de vives émotions au sein de la population de Trappes qui s’étaient rendus devant le commissariat de la ville pour demander des explications, résultat un jeune garçon avait perdu un oeil du fait d’un tir d’un tir de projectile de la police. L’arrestation arbitraire plus la réponse violente des policiers ont eu pour conséquence trois nuits d’émeutes à Trappes en juillet 2013. Le mari de la jeune femme a été condamné le mois dernier à trois mois de prison avec sursis. Sa femme, elle, est jugée pour outrage aux forces de l’ordre et port du voile intégral.

QPC, ce sont trois lettres qui signifient « question prioritaire de constitutionnalité », un mécanisme introduit en 2010 et qui permet au citoyen de saisir le Conseil constitutionnel pour contester la validité d’une loi.

La défense de Cassandra Belin entend l’utiliser, ce mercredi 11 décembre, à l’ouverture de l’audience. « Cette loi, censée lutter contre le communautarisme, ne fait que participer un peu plus à une forme de désintégration de la société, en stigmatisant les musulmans », estime Me Philippe Bataille, l’avocat de la jeune femme. Et l’homme de dénoncer un texte « liberticide » qui, dit-il, « porte atteinte aux libertés de culte, d’aller et venir et à la dignité humaine ».

Dans cette démarche, Me Bataille est soutenu par le collectif contre l’islamophobie en France. Reste à savoir si le tribunal acceptera de transmettre cette question à la Cour de cassation, étape préliminaire avant le Conseil constitutionnel. Les sages ont en effet déjà statué sur cette loi et validé le texte.

Mais, pour Me Bataille, « la loi n’avait alors pas été soumise à l’épreuve des faits ». Et il souligne « des difficultés d’application » dans certains quartiers. Nul doute qu’il inclut dans ceux-ci la ville de Trappes, où sa cliente a été contrôlée.

Source : RFI