Affrontements dans un camp de réfugiés, alerte maximum à Jérusalem-Est

D’après Larédac à 20h20 le 08 Novembre 2014

Au moins dix explosions ont frappé vendredi matin des maisons et des voitures de membres du mouvement palestinien Fatah dans la bande de Gaza, ont constaté des témoins et l’AFP.

Aucun blessé n’a été rapporté. On ignore les motivations de ces explosions, condamnées par le Fatah du président Mahmoud Abbas et le mouvement de résistance Hamas qui domine le territoire.

Photo de Mahmud Hams/AFP – Un Palestinien passe à côté de bâtiments détruits à Gaza, le 3 novembre 2014

Mais elles ont poussé le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah à annuler une visite prévue samedi dans la bande de Gaza, a indiqué le porte-parole du gouvernement Ihab Bseiso à l’AFP.

M. Hamdallah, chef du gouvernement de réconciliation, était censé rencontrer à Gaza Federica Mogherini à l’occasion de sa première visite sur place en tant que nouvelle chef de la diplomatie européenne.

Les explosions sont survenues en l’espace de quelques heures avant 06H30. L’une d’elles a visé une estrade montée à l’ouest de Gaza en vue du dixième anniversaire de la mort de Yasser Arafat, principal fondateur du Fatah.

C’est la première fois depuis des années que l’anniversaire de la mort d’Arafat sera marqué publiquement dans Gaza, dont le Hamas contrôle (après des élections) au prix d’une guerre civile avec le Fatah, laïque, en 2007.

Le Hamas a théoriquement cédé le pouvoir à Gaza le 2 juin à un gouvernement de personnalités indépendantes né de sa réconciliation avec le Fatah.

Affrontements dans un camp de refugié : Jérusalem en état d’alerte

Des centaines de Palestiniens ont à nouveau affronté vendredi les policiers de l’occupant zioniste à coups de pierres et d’engins incendiaires dans un camp de réfugiés de Jérusalem-Est, placée en état d’alerte pour la grande prière musulmane hebdomadaire, ont constaté des photographes de l’AFP.

Plus de 1.300 policiers ont été déployés en prévision de la prière à Jérusalem-Est et dans sa Vieille ville, au pied de l’esplanade des Mosquées qui cristallise les tensions actuelles, a indiqué une porte-parole de la police.

La Vieille ville et ses alentours sont restés calmes. C’est plus au nord que les violences ont repris après la prière.

Des centaines de Palestiniens du camp de réfugiés de Chouafat ont à nouveau lancé pierres et cocktails Molotov sur les policiers qui ont répliqué par des projectiles en caoutchouc, des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes à un point de passage proche du mur de séparation supposé protéger Israël d’attaques venues de Cisjordanie.

Le camp de Chouafat, dans lequel s’entasse une population pauvre séparée de Jérusalem-Est par le mur, est l’un des secteurs les plus touchés par les violences qui secouent depuis l’été Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville annexée et occupée par l’état zioniste, et qui se sont encore intensifiées ces dernières semaines.

Elles ont fait un dixième mort vendredi.

Un homme percuté mercredi par un Palestinien au volant d’une voiture bélier a succombé à l’hôpital. Selon la radio militaire israélienne, il s’agit d’un étudiant juif de 17 ans. Un policier de 38 ans avait déjà été tué, et l’auteur de l’attaque a été abattu sur place. Il était de Chouafat.

Devant cette flambée de violences, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est une nouvelle fois montré ferme et a ordonné jeudi soir la démolition des maisons d’auteurs d’attaques « terroristes » à Jérusalem-Est, a indiqué un responsable israélien sous le couvert de l’anonymat. Justifiant ainsi une autre forme d’annexion forcer, de spoliation qui est totalement illégale à tous les niveaux des droits dit internationaux.

Cette décision, soumise à l’approbation du ministère de la Justice, ne s’applique pas aux auteurs des trois attentats des deux dernières semaines : deux attaques à la voiture bélier qui ont fait quatre morts et la tentative d’assassinat d’une figure de l’extrême droite juive, devenu un symbole pour les extrémistes Juifs, réclamant « le droit de prier » sur l’esplanade des Mosquées.

De telles destructions échauffent considérablement les esprits.

Photo Afp ; Des Palestiniens affrontent des policiers israéliens, dans un camp de réfugiés de Jérusalem-Est, le 7 novembre 2014

La dernière démolition punitive à Jérusalem-Est remonte à avril 2009, contre la maison d’un Palestinien qui avait tué trois Israéliens avec un engin de chantier, a dit à l’AFP l’avocat Daniel Seidemann, qui suit les développements dans ces quartiers.

Au cours de sa première visite en tant que nouvelle chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini a mis en garde contre le risque d’escalade de ces violences sans une reprise urgente des discussions de paix.

« Si nous n’avançons pas sur le front politique, nous risquons de sombrer à nouveau dans la violence. Voilà pourquoi il y a urgence à avancer selon moi« , a avancé Mme Mogherini, alors que les perspectives de résolution de ce vieux conflit ont rarement paru plus bouchées.

Au coeur des tensions, l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam également vénéré par les « juifs », catalyse l’exaspération des Palestiniens.

Les extrémistes plus zionistes que « juifs » indignent les musulmans en réclamant le droit de prier sur l’esplanade qu’ils révèrent comme le site du Temple juif détruit par les Romains en l’an 70 et dont l’unique vestige est le mur des Lamentations, en contrebas.

Les musulmans s’inquiètent du risque que le Premier ministre israélien ne cède à cette pression pour donner des gages à l’ultra-droite en vue des élections attendues en 2015.

M. Netanyahu, confronté à cause de l’esplanade des Mosquées à une crise diplomatique avec la Jordanie, gardienne du site et l’un des seuls pays arabes (avec l’Egypte) avec lesquels l’état zioniste a signé un traité de paix, s’est employé ces derniers jours à rassurer le monde musulman. Cependant la Jordanie jusqu’ici prend plus la posture que la défense réelle du site.

Il a répété à plusieurs reprises n’avoir aucune intention d’autoriser les juifs à prier sur l’esplanade des Mosquées. Mais la parole de King Bibi est totalement vide de substance et est de plus sans consistance.

Mais d’autres raisons, comme l’occupation zioniste, la guerre à Gaza, les arrestations arbitraires par centaines (civiles, membres de Hamas, députés….femmes et enfants …) depuis l’été ou le chômage, expliquent aussi cette colère palestinienne, qui fait maintenant craindre une troisième Intifada.

Lors de sa visite, Mme Mogherini a d’ailleurs critiqué un autre facteur majeur de tensions : la poursuite par le gouvernement sioniste de la colonisation dans les territoires occupés et à Jérusalem-Est.

« Les nouvelles colonies sont un obstacle à nos yeux » dans la recherche de la paix, a-t-elle dit.

Lors de son apparition au côté de la chef de la diplomatie européenne, Benjamin Netanyahu n’a toutefois rien lâché sur la colonisation.

« Jérusalem, c’est notre capitale. Ce n’est donc pas une colonie« , a-t-il dit. « Chacun sait » que les secteurs juifs de Jérusalem-Est « resteront partie intégrante de Jérusalem dans tout accord de paix. Je rejette donc l’allégation imaginaire qui veut que la cause du conflit en cours soit telle ou telle colonie« .

Un Arabe israélien abbattu par la police sioniste

Un jeune Arabe israélien a été abattu par des policiers hier, samedi, à l’aube, dans le nord d’Israël lors d’une arrestation pour des faits de droit commun qui a mal tourné, a annoncé la police israélienne.

Ce décès survient alors que les villes arabes israéliennes se sont tenues jusqu’à présent relativement à l’écart des fortes tensions qui règnent à Jérusalem-Est, la partie palestinienne de la Ville sainte occupée et annexée par le colonisateur, et en Cisjordanie occupée.

Source : avec Afp, Reuters, Agence Wafa, Agence Maam, Haaretz, L’Orient le Jour, RFI, Hamas TV