Al Sissi prêt à envoyer des forces dans un futur État palestinien

D’après Larédac à 10h35 le 24 Novembre 2014

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi s’est déclaré prêt à envoyer ultérieurement des forces dans un futur Etat palestinien pour l’aider à se stabiliser, en accord avec israël et l’Autorité palestinienne, dans une interview au Corriere della Sera (presse italienne). Serait-ce une autre autre forme futur d’occupation ? Comme entre 1947 et 1967 ; lorsque l’Égypte contrôlait Gaza *.

Al-Sissi emploie une politique habile, se montrant encore une fois comme l’homme fort de la région et ainsi faire oublier sa répression politique, sociale et religieuse sur les Frères musulmans (dont le Hamas est proche) et sur toutes formes d’opposition. Il y a peu encore, des journalistes égyptiens faisaient la demande de ne plus critiquer le régime dans les médias.

Le chef de l’Etat, qui entame lundi une tournée en Italie et en France, et rencontrera le pape François, a donné dimanche sa première interview à un journal occidental, dans lequel il revient en détail notamment sur le conflit palestino-israelien et la Libye.

« Nous sommes prêts à envoyer des forces militaires à l’intérieur d’un Etat palestinien. Nous aiderions la police locale et rassurerions les Israéliens par notre rôle de garant. Pas pour toujours, bien sûr. Pour le temps nécessaire à rétablir la confiance. Mais d’abord doit exister un Etat palestinien où envoyer des troupes« , souligne le président du plus grand pays arabe.

Il rappelle qu’il « faudra du temps pour rétablir la confiance, mais n’est-ce pas ce qui est arrivé avec Israël après que nous ayons fait la paix » (par le traité de paix de 1979, suite aux accords de Camp David).

De cette proposition d’envoi de forces, « j’ai parlé longuement avec le Premier ministre Benyamin Netanyahu » et aussi « avec Abou Mazen« , le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a-t-il assuré.

Evoquant le terrorisme islamiste qui croît notamment dans le Sinaï, il affirme que l’organisation Etat dit islamique (EI) est « seulement une des faces d’une même médaille » d’un terrorisme « qui a tant de visages« . Il appelle les Européens à « la sécurité commune, la lutte commune contre le terrorisme« . « Si ce n’est pas commun, cela ne fonctionnera pas. J’en parlerai aussi avec le pape, en particulier en ce qui concerne la sécurité des minorités religieuses, chrétiens en tête« , ajoute-t-il.

Concernant la Libye « où règne le chaos » et « où sont en train de se créer des bases jihadistes extrêmement dangereuses« , « la communauté internationale doit faire un choix très clair et collectif en faveur de l’armée nationale libyenne et de personne d’autre« .

« Aides, équipements, entraînement doivent lui parvenir à elle exclusivement », ajoute M. al-Sissi, qui assure que l’Egypte n’a pas effectué d’intervention militaire et n’en fait pas » dans ce pays voisin.

Le numéro un égyptien, qui a destitué l’an dernier le président islamiste Mohammed Morsi et fait réprimer les Frères musulmans, avec près de 1.400 morts et plus de 15.000 arrestations, se félicite de « l’entente optimale » avec le président russe Vladimir Poutine, des « rapports de grande amitié » restaurés avec les Etats-Unis. Il annonce un voyage en Chine à la fin de l’année, mais, ajoute-t-il, « je veux plus d’Europe« .

Source : avec Reuters, Nil Tv, Corriere della Sera

* En 1947, la résolution n°181 de l’Assemblée Générale de l’ONU est votée. Ellevise à établir un Plan de partage entre un Etat juif (qui occuperait 55% duterritoire de la Palestine), un Etat arabe (qui occuperait 44% du terrain) et unezone internationale (1%) comprenant Jérusalem et les Lieux Saints. Le texte estapprouvé par les autorités juives tandis que les Palestiniens émettent certainesréticences.

Ce désaccord va se manifester à travers une guerre qui éclatera à lasuite de la proclamation d’indépendance de l’Etat d’Israël par David Ben Gurionle 14 mai 1948. Ce premier conflit armé porte des noms différents chez les deuxbelligérants. Pour les Israéliens, il s’agit d’une guerre d’indépendance tandis quepour les Palestiniens, le terme Nakba semble le mieux refléter le point de vuearabe. Les armées des Etats membres de la Ligue arabe sont entrées enPalestine le 15 mai. Le conflit dura une bonne année et a vu triompher l’arméeisraélienne. L’Etat zionsite occupe alors à ce moment-là 78% du territoire et laisse les22% restant respectivement sous contrôle jordanien (Cisjordanie) et égyptien(Bande de Gaza).

La guerre a entraîné la fuite de près de 750.000 Palestiniens eta fait de la question des réfugiés une problématique préoccupante au regard dudroit international, comme en témoigne la résolution n°194 de l’AssembléeGénérale de l’ONU qui prévoit un droit de retour à ces personnes ou à descompensations. Nombreux sont ceux qui se retrouvent dans les pays voisins telsque le Liban, la Jordanie ou la Syrie.

La seconde guerre israélo-arabe a éclaté en 1956 à la suite de la crise de Suez.Suite à la nationalisation du canal par l’Egypte, Israël a signé, via le protocole deSèvres, un accord avec la France et la Grande-Bretagne.

http://www.mixcloud.com/malcolmjammalhaidar/chronique-du-mercredi-04-mai-2011-gamal-abdel-nasser/

Ces trois pays ont trouvé des intérêts en commun pour envahir l’Egypte (la France et le Royaume-Uni étaient opposés à cette nationalisation, pourtant soutenue par les grandespuissances des deux blocs ; Israël convoitait également ce canal pour sontransport maritime et avait des envies d’expansions territoriales sur le Sinaï).

Le conflit s’est achevé en mars 1957 et a vu naître la première opérationmultilatérale de maintien de la paix des Nations-Unies.

Malcolm Jammal