Algérie : Climat tendu Ghardaïa, au sud d’Alger

D’après Larédac’ à 19h44 le 30 Décembre 2013

Un calme précaire régnait ce vendredi 27 décembre en ville, après plusieurs jours d’affrontements entre communautés arabe et mozabite. 

Comme souvent, c’est encore un incident mineur qui a servi d’étincelle et ravivé des tensions latentes entre ces communautés, qui s’opposent régulièrement dans la région de la vallée du Mzab.

Ces dernières 48 heures, plusieurs commerces ont été incendiés et pillés.

Au moins huit personnes ont été arrêtées. Des dizaines de personnes, dont des policiers, ont été blessées.

Des habitants quittaient encore vendredi leur maison par peur de voir les heurts reprendre.

Difficile de savoir ce qui a mis le feu aux poudres cette semaine. Mais dans cette ville commerçante et touristique du sud d’Alger, aux portes du désert, les Mozabites – communauté d’origine berbère qui pratique l’Islam selon le rite ibadite – disent être les premières victimes.

« Nos magasins ont été pillés dans le principal quartier arabe, et nos familles ont été prises pour cible », assure le représentant du parti FFS, Hamou Mosbah. Un notable arabe ironise : « C’est toujours ce qu’ils disent, ce sont eux qui ne veulent pas s’intégrer. » Et d’ajouter : « Les problèmes fonciers sont à l’origine de tout, car la pression démographique, dans la vallée du Mzab, est devenue un vrai problème.

Dans les faits, entre ces communautés, tout est potentiellement source d’incompréhension et de dérapage, que ce soit la façon de pratiquer la religion, la langue – le berbère pour les uns, l’arabe pour les autres -, ou la façon de s’habiller.

Les problèmes de logement et de chômage dans cette région délaissée servent ensuite souvent d’étincelle et d’argument à une des communautés pour se dire discriminée.

S’ajoute enfin le peu de confiance qu’ont les Mozabites pour la police locale, accusée de servir les intérêts des Arabes.

Vendredi, les Mozabites ont salué l’arrivée des renforts de la gendarmerie, jugée plus professionnelle que la police pour ramener le calme.

Source : Afp, Rfi, agences de press algériennes