Algérie : Le peuple toujours hostiles au quatrième mandat de Bouteflika

D’après Larédac’ à 09h54 le 06 Mars 2014

Accrochage à Marseille entre pro et anti quatrième mandat en présence de Amar Ghoul dit Auto-Ghoul (cliquez sur la photo pour voir la vidéo)


Amar Ghoul, leader de Rassemblement Espoir de l’Algérie (TAJ)

Il a troqué son affiliation aux Frères musulmans pour un bouteflikisme zélé. Amar Ghoul, 52 ans, a rompu avec le Mouvement de la société pour la paix (MSP, ex-Hamas) quand celui-ci a décidé, en mars 2012, de quitter l’Alliance présidentielle. Il crée dans la foulée sa propre formation, le Rassemblement Espoir de l’Algérie (TAJ), qu’il a mis au service exclusif d’Abdelaziz Bouteflika.

Amar Ghoul s’est fait un nom en restant plus de dix ans à la tête du ministère des Travaux publics, au moment où l’Algérie investissait en masse dans les infrastructures. Populaire pour avoir achevé le projet du siècle, l’autoroute est-ouest, il est surnommé Auto-Ghoul. Il fut le premier à plaider pour un quatrième mandat, alors que le chef de l’État était encore en convalescence à Paris.

Quelque dizaines de citoyens ont tenté, mardi 1 avril, de barrer l’accès à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou aux représentants du candidat Bouteflika qui se présente à un quatrième mandat pour l’élection présidentielle du 17 avril prochain. Amara Benyounés et Amar Ghoul ont été accueillis, à l’entrée de la salle des spectacles qui devait abriter un meeting dans le cadre de la campagne électorale par des jeunes qui scandaient des slogans hostiles au pouvoir. 

« Ch’kara (argent), tu es vendu Amara Benyounés« , « à bat le système« , « non au quatrième mandat« , s’écrient les manifestants avant qu’ils ne soient vite encerclés par des policiers, les immobilisant sur un trottoir, devant le portail de cet établissement. Parmi « les anti-quatrièmes mandat », des étudiants de l’université mouloud Mammeri de diverses sensibilités politiques et de quelque supporteurs des candidats libres.

A l’intérieur de la salle, pleine à craquer, le bal des politiciens est ouvert par le directeur de campagne de Bouteflika à Tizi Ouzou, El Hadi Ould Ali. Ce dernier, avant d’inviter ses hôtes a prononcer leur discours n’a pas manquer de fustiger les partisans du boycott et le candidat libre Benflis sans les citer.

Il déclara que « Nous sommes la pour répondre à ceux qui veulent mettre l’Algérie entre les mains de l’ex-FIS et à ceux qui appellent à des manifestations en Kabylie ; le représentant de l’association des victimes du terrorisme est ici présente« . Et d’ajouter : « Nous empêcherons et nous laminerons ces agitateurs dans leur entreprise« .

Amar Ghoul, lui, a préféré titiller la fibre identitaire et patriotique des Kabyles en louant les martyrs de la région avant de rendre hommage à Hocine Ait Ahmed. Pour l’orateur, « le boycott est la voix de l’impasse. La solution passe par les urnes et non pas le boycott qui favorisera la montée de la violence et la déstabilisation du pays par la rue« . Le leader du parti Tajamou Amal Jazaïr (TAJ) a promis au nom du candidat Bouteflika de parachever les projets de développement qui ont été lancés dans la wilaya de Tizi Ouzou et l’inscription d’autres programmes à l’avenir.

Lui emboitant le pas, Amara Benyounés s’en est pris violement au partisans du boycott en lançant à l’endroit du « front du boycott », animé par des formations politiques de l’opposions et des personnalités politiques : « Les gens qui se sont rassemblés à la salle Harcha (Alger) sont capables de tendre la main au diable, sacrifier l’Algérie que de voir Bouteflika réélu« .

De même, M. Benyounés a minimisé le poids des anti-quatrièmes mandats dont des membres du groupe Barakat, des représentants des candidats libres et des opposants politiques. Il dira à ce propos : « Ceux qui veulent imposer la solution par la violence, nous les empêcherons« , avant de menacer dans sa lancée, du haut de la scène : « s’ils ne rentrent pas dans les rangs, nous le ferons« .

Source : avec AFp, Al Watan