Angola : Retour sur un malentendu….

D’après Larédac’ à 20h42 le 27 Novembre 2013

Le buzz a fait le tour du monde musulman et au-delà, relayé par plusieurs médias du net dont nous-mêmes faisons partie. L’Angola annonçant publiquement son islamophobie serait un malentendu. 

Il n’aura fallu qu’une petite phrase pour enflammer le monde musulman. Tout est parti d’une malheureuse déclaration de la ministre angolaise de la Culture, Rosa Cruz e Silva. « Toutes les sectes qui figurent dans la liste publiée par le ministère de la Justice dans le Journal d’Angola [officiel] sont interdites d’exercer leur culte et, par conséquent, elles doivent fermer leurs portes« , a-t-elle indiqué, le 19 novembre dernier, lors de discussions au Parlement.

L’affaire a été entendu à travers le monde entier, l’Angola avait reçu de vives critiques concernant cette affaire. Parmi celles-ci, venant d’Arabie saoudite, la réaction de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), comptant 57 membres, pour qui, au moment des faits, cette décision est « scandaleuse et doit être dénoncée dans les termes les plus vifs« .

Néanmoins, un responsable du ministère angolais de la Culture a démenti mardi que l’islam ait été interdit dans le pays, une mise au point à l’encontre d’informations de presse et à des fermetures de mosquées.

« Il n’y a pas en Angola une guerre contre la religion musulmane ni contre aucune autre religion », a déclaré à l’AFP Manuel Fernando, directeur de l’Institut national sur les affaires religieuses, une institution du ministère de la Culture.

« Il n’y a aucune orientation officielle visant à détruire ou à fermer des lieux de culte, quels qu’ils soient », a ajouté M. Fernando, répondant aux réactions de la colère enregistrées dans le monde musulman après le compte-rendu fait dans la presse de récentes déclarations de sa ministre Rosa Cruz e Silva laissant croire à une interdiction de l’islam.

En Angola, 83 églises, toutes chrétiennes, sont officiellement reconnues. Mais le ministère de la culture estime que près de 1.200 autres organisations religieuses y existent, qu’elles aient fait ou non leur demande de légalisation.

Fin octobre le ministère de la Justice a rejeté des demandes déposées par 194 organisations religieuses – églises, sectes et autres congrégations – dont celle de la communauté islamique d’Angola, l’un des groupes musulmans actifs dans le pays.

En théorie, cette décision oblige les églises à cesser leurs activités et à fermer mais, dans la pratique, peu d’entre elles s’y sont conformées, la majorité, dont la communauté musulmane, mettant en avant la liberté de religion garantie par la Constitution.

Cependant, en parallèle, il y aurait bien un problème selon le représentant des musulmans en Angola, David Ja, qui dénonce depuis septembre les fermetures et certaines destructions de mosquées dans l’ensemble du pays, parlant de « persécution politique » et d’»intolérance religieuse ».

« Une mosquée a été fermée la semaine dernière à Huambo (sud) et nous avons subi des pressions cette semaine concernant une mosquée de Luanda », a déclaré à l’AFP par téléphone l’imam angolais qui préside la communauté depuis 2005.

Selon le ministère de la Culture, ces fermetures ou destructions sont légales car motivées par l’absence de titre de propriété, d’autorisation de construction ou de documents officiels permettant d’ériger un édifice religieux.

Les musulmans, originaires d’Afrique de l’Ouest ou Angolais convertis, seraient plusieurs centaines de milliers en Angola sur une population de quelque 18 millions d’habitants, selon le représentant de la communauté, un chiffre non confirmé par les autorités angolaises.

Source : AFP, JeuneAfrique.com, MaliActu.com