Assigné à résidence sur simple dénonciation…

Photo : Francine Bajande

Il ne doit pas être le seul dans ce cas ! Combien ont dû penser à dénoncer ce voisin qu'il n'aime pas à cause de sa couleur ou de son origine maghrébine parce qu'avant toute chose c'est de cela qu'il s'agit.

Mustapha F. fait partie de ces gens assignés à résidence sur le seul fait de dénonciation, de calomnie ou de haine de l'autre.

Cet habitant d’une petite ville du Val-d’Oise, père de famille sans histoire de 45 ans, n’affichant aucun signe de radicalisation, est maintenu à domicile depuis le 16 novembre sur la base d’accusations de voisinage qui ne semblent avoir aucun fondement. Le soir d'avant c'était le cauchemar, « une vingtaine de Robocop, avec casques et fusils mitrailleurs. “On a la cible !” a crié l’un d’eux. Ils m’ont menotté dans le salon, en caleçon, ont sorti mes filles de leur lit pour fouiller partout. C’était terrible. Depuis, ma grande est traumatisée, elle a été hospitalisée pour un mois le 12 janvier. Et la petite refait pipi au lit…« .

Il est donc assigné à résidence avec l'obligation de pointer trois fois par jour tout comme près de 400 personnes en France depuis les attentats de Paris. « La sonnette ne marche pas bien, il faut souvent que je les appelle avec mon portable pour qu’ils m’ouvrent. Parfois, ils me font poireauter dans le froid et la pluie« . Et pourquoi s'il vous plaît  ? Pour un « comportement » et un « discours prosélyte et radical » qui aurait « attiré l’attention du voisinage« , et ce selon l’arrêté pris par le ministre de l’Intérieur le 16 novembre. Les motifs mis en avant sont bien-sûr le fait qu'il soit « de confession musulmane » mais en plus « licencié d'un club de tir« . Arabe, club de tir, il n'en fallait pas moins pour être extrémiste radical.

Pourtant même si l'homme se déclare « musulman« , il avoue aussi n’avoir jamais été très pratiquant. « La mosquée, j’y allais peut-être deux fois par an, une pour le ramadan, l’autre pour la fête du mouton, vraiment le strict minimum« , qui précise tout de même que cette histoire l'a poussé à revenir vers la prière en déclarant « avoir repris la prière, depuis toute cette affaire« .

Pour ce qui est du tir, Mustapha explique que c'est « une passion que j’ai eue à partir de 2008, après celle pour la photographie. Ça me permettait surtout de rencontrer des gens au club, et de parler d’autre chose que de mon accident… » Mustapha a en effet été victime d'un chauffard en état d'ivresse il y a plus de vingt ans.

En janvier 2015, après les attentats, il fait l’objet d’une procédure de « dessaisissement » de ses armes. « Au club, certains n’avaient pas vu d’un bon œil qu’un “Arabe” vienne faire du tir avec eux. J’ai été victime de ça« .

Et quelles étaient exactement ces dénonciations ? Selon l'arrêté d'assignation : « Il a été entendu comparant les djihadistes à des “résistants” et qualifiant ses filles de “soldats” qu’il entraînerait au tir« . « De la pure calomnie, du délire », a déclaré Mustapha à humanité.fr. « Comme je ne peux pas travailler, je m’occupe beaucoup de mes filles. Elles sont la prunelle de mes yeux, et en rien des “soldats”« . Mustapha l’assure, il ne croit pas que les djihadistes soient « des résistants« . « Non, ce sont des salopards, dont les premières victimes sont d’ailleurs les musulmans eux-mêmes« .

« Quand on voit ce qu’ils font avec des gens comme moi, qui n’ont rien à se reprocher, on comprend mieux pourquoi ils ne veulent pas que la justice mette son nez dans l’état d’urgence » a-t-il conclu.

L'Islam, un danger pour la France ?

Il n’y a pas d’islamisation de la France proprement dit, c’est juste une vue de l’esprit de gens racistes, l’islamophobie est un aspect du racisme anti arabe et anti Maghrébins un racisme qui se cache derrière la haine de la religion de l’autre, la religion est sans importance dans les mécanismes et les phénomènes politiques ou la domination des masses et leur manipulation sauf si elle est utilisée comme en ce temps.

Les médias s'exercent à montrer que de la violence en relation avec l'Islam, mais délaisse des millions de sujets où des hommes et des femmes de paix oeuvrent tous les jours pour le bien-être d'autrui. Ces raccourcis ne font qu exacerber des sentiments profonds déjà bien ancrés depuis des décennies dans certains coeurs. L'Islam ou les musulmans ne sont qu'une excuse au racisme anti-arabe… Mais cela c'est selon nous….

Mme Taubira libre de s'expliquer…

Comme l'a posé très justement Mme Taubira ex garde des sceaux, dans son livre sorti aujourd'hui, où elle consacre plus d'un quart de son essai sur la question épineuse de la déchéance de nationalité, qui est ici encore une preuve selon nous de cette chasse à l'étranger, elle déclare donc : « osons le dire : un pays doit être capable de se débrouiller avec ses nationaux. Que serait le monde si chaque pays expulsait ses nationaux de naissance considérés comme indésirables ? Faudrait-il imaginer une terre-déchetterie où ils seraient regroupés« .

Effectivement cette mesure n'est de toute façon aucunement réalisable dans le fond. Pour elle, cette mesure sera « inefficace« . Mme Taubira continue en s'interrogeant sur les réelles motivations de cette mascarade : ses « effets [sont] nuls en matière de dissuasion . Mais alors ? À qui parle et que dit le symbole de la déchéance de nationalité pour les Français de naissance ? Puisqu'il ne parle pas aux terroristes […], qui devient, par défaut, destinataire du message ?« .

Réponse, pour l'ex minstre de la justice, le souci vient de l'exécutif qui a opté de ne s'adresser qu'aux « obsédés de la différence, [aux] maniaques de l'exclusion, [aux] obnubilés de l'expulsion« . Voire « aux paranoïaques et conspirationnistes, [qui ne] perçoivent [les binationaux] que comme la cinquième colonne » (petit clin d'oeil à Estrosi certainement). Elle refuse l'idée « qu'être binational [puisse être] un sursis« .

Nous sommes du même avis…..

Sources : Le point, AFP, humanité.fr