Birmanie : Les groupes punks Birmans contre les moines du mouvements « 969 »

D’après Hamzatou à 07h03 le 08 Août 2013

        

« S’ils étaient de vrais moines, je ne dirais rien, mais ce n’est pas le cas », voilà les mots de Kyaw Kyaw chanteur du groupe punk Rebel Riot, « Ce sont des nationalistes, des fascistes. Personne ne veut l’entendre, mais c’est vrai ». Le genre punk sort de sa tanière et comme à son habitude crie l’injustice dans ses chansons et cette fois-ci son cheval de bataille c’est la violence commise par un certain groupe de moines, qui aujourd’hui n’ont plus rien de moine mise à part la tunique, contre la minorité musulmane de Birmanie. Hier contre la junte militaire aujourd’hui contre l’oppression religieuse !

Ces moines ciblés par ces nouveaux et inattendu défenseur des droits de l’Homme, dans un pays où tout le peuple ferme les yeux sur les actes de torture infligée quotidiennement à une minorité, ne sont autre que les moines du mouvement « 969 » dirigé par son leader despotique maintenant connu sous le nom du moine de la terreur.

Le peuple ferme les yeux mais aussi participe de temps en temps à ces humiliations, à ces actes de violences, incendies, dégradations des biens et attaques physiques, mais comme le souligne le directeur des Affaires Internationales pour la Ligue antidéfamation Michael Salberg  le silence de la plupart du peuple Birmans est aussi dangereux et destructeur que ceux qui brûlent des mosquées ou ceux qui applaudissent sous les coups donnés aux pauvres victimes sans défense. « Ce ne sont pas les auteurs de ces crimes qui posent problème, ce sont les témoins qui ne font rien » en rappelant ici les conditions qui ont mené aux différents moments les plus sombres de l’Histoire humaine telle que l’Holocauste ou le génocide Rwandais.

Le moine Wirathu entraîne de plus en plus de monde dans sa folie d’épuration ethnique en appuyant sur la peur de perdre les traditions et la culture Birmane à l’instar des groupuscules extrémistes d’Europe il joue sur le nationalisme. Mais comment une minorité qui ne représente que 4% de la population peut-il être un danger et ceci de plus dans un pays où le bouddhisme est la religion majoritaire et respectée jusqu’au sommet du pouvoir Birmans d’où certainement ce silence hypocrite du gouvernement. Mais voilà la réalité est bien là, ces moines réunissent beaucoup d’adeptes qui cautionnent leurs actions discriminatoires comme l’interdiction des mariages entre musulmans et bouddhistes (certainement pour garder une « race pure ») et le boycott des commerces musulmans.

Le groupe punk le plus populaire du pays No turn mené par le leader du groupe Ye Ngew Soe, 27 ans, est lui aussi monté au créneau et a stipulé « Tout ce que je peux dire, c’est que les gens devraient étudier les enseignements du Bouddha et se demander, est-ce que c’est ce qu’il voulait dire ? ». Déjà auteur d’une chanson au titre « Human Wars » écrite lors du commencement des violences orchestré sur la population Rohingya dans l’État de Rakhine, le jeune chanteur rebelle c’est dit attristé de ce qui se passe dans son pays « Quand je visite des régions urbaines, j’entends parler de 969, de haine contre les musulmans, de violence. Ça ne devrait pas se passer comme ça ».

Mais la guerre sera difficile surtout quand le moine SS a l’aval du gouvernement en la personne du président Thein Sein qui avait déjà fait interdire dans tout le pays le portrait dénonciateur du magazine Time où Wirathu était montré comme « le visage de la terreur bouddhiste » et qui par la suite avait diffusé le message qu’il considérait « ce monstre » comme « un fils du seigneur Bouddha ».

Ces différents groupes d’opposition ont choisi « la voix » de la justice et comme le dit Kyaw Kyaw s’il peut au moins avoir « une influence sur ceux qui l’entoure » ce sera déjà une victoire. Il s’est exprimé sur ce qui pourrait leurs arrivés pour avoir fait face à ces moines au-dessus de tout soupçon « Ils peuvent nous arrêter, on s’en fout, ou nous pouvons être attaqués par certains groupes. On s’en fout, nous sommes prêts à affronter cette mentalité. Mais nous voulons dire ce que nous pensons. »

Source : JournalMétro

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