Birmanie : Les tensions persistent après des nuits d’émeutes

D’après Larédac’ à 13h27 le 08 Juillet 2014

La police patrouillait vendredi dans les rues de Mandalay, deuxième plus grande ville de Birmanie, toujours sous tension après des émeutes meurtrières entre bouddhistes et musulmans dans un pays où la sensibilité de la question religieuse fait craindre de nouvelles violences.

Après l’imposition d’un couvre-feu, la nuit de jeudi à vendredi a été calme, contrairement aux deux précédentes qui avaient vu des émeutiers armés de fusils à airs comprimés, épées, pierres ou bâtons, semer le chaos dans le centre-ville. Un bouddhiste et un musulman avaient été tués.

La Birmanie, très majoritairement bouddhiste, a déjà été secouée depuis 2012 par plusieurs vagues de violences communautaires ayant fait plus de 250 morts et 140.000 déplacés, principalement des musulmans.

Ces émeutes ont porté une ombre au tableau des réformes du gouvernement quasi civil qui a succédé à la junte dissoute en 2011.

A Mandalay, nous l’avions vu dans un article datant du 04 juillet, les troubles avaient éclaté mardi soir lorsqu’une foule de centaines de personnes avaient attaqué une échoppe musulmane dont le propriétaire est accusé de viol.

« Les violences sont survenues à cause de discours de haine et de fausses informations propagées en ligne« , a déclaré à l’AFP un responsable du bureau du président, notant que le gouvernement n’avait pas à ce stade de projet spécifique pour s’attaquer aux propos incendiaires publiés sur internet.


Les proches du père de famille bouddhiste de 36 ans tué mercredi se sont dits choqués, à quelques heures des funérailles qui se sont passés vendredi. « Il était comme un frère pour moi« , a déclaré Htwe, qui était avec la victime au moment de l’attaque.

Il a montré à l’AFP des blessures à la main faites selon lui par une épée utilisée par un groupe de musulmans pour tuer son ami.

Les funérailles de la victime musulmane, propriétaire d’un magasin de bicyclettes, ont eu lieu jeudi, quelques heures après qu’il ait été tué, sur son chemin vers la mosquée.

Kari Hasan, responsable d’une mosquée voisine, a regretté que les musulmans soient devenus une cible privilégiée.

« Si quelque chose se produit, alors soudain, ils disent que c’est la faute de l’islam« , a-t-il souligné, accusant les autorités de ne pas les protéger.

Les violences visant depuis 2012 les musulmans, qui représentent au moins 4% de la population, ont mis en lumière une islamophobie latente dans un pays dominé par l’ethnie bamar, bouddhiste.

Souvent provoquées par des rumeurs ou des actes criminels individuels, ces émeutes ont aussi été accompagnées de campagnes de moines bouddhistes radicaux accusés d’enflammer les esprits.

« Les autorités devraient s’occuper correctement de ces gens qui propagent des rumeurs« , a souligné la chef de l’opposition Aung San Suu Kyi (prix Nobel de la Paix, mais pour nous prix spécial hypocrisie, prix à Radio Free Asia). « Sans Etat de droit, il y aura plus d’émeutes« , a-t-elle mis en garde.

Le 4 juillet les autorités birmanes ont fait arrêté des responsables musulmans

Hafiz Molvi Noor Din et Kyaw Min Lwin (Imam de la Junn Masjid),

Molvi Hafiz Ullah Rahmot (Muazzin de ce Masjid)  

Zaw Win Htoo, U Hla Htoo, Chung Chit Oo, Maulana Nur, (le directeur de ce Masjid) et Chung Ko ont eux été arrêtés par trois lieutenants ainsi que par le chef de la division de Mandalay sous de faux chefs d’inculpations suites à de calomnieuses allégation.

Selon le Burma Times : 

« Les autorités ont accusé ces personnes, d’utilisaient la mosquée afin de préparer certaines – actions bizarres – (dans le texte). Mais en fait, ils discutaient de comment assurer la protection de la mosquée des bouddhistes extrémistes et cela juste après la prière de l’aube. Jusqu’à aujourd’hui, il n’y a pas une seule preuve que les musulmans aient déclenché une sorte de brutalité qui a finalement conduit à de terribles occurrences. Tous les types d’actions violentes ont été déclenchées par les « bouddhistes » et enfin, les musulmans sont les victimes, le but profond de ces violences est d’exterminer les musulmans de Birmanie, soutenu par un régime à prédominance bouddhiste« .

Les familles des personnes arrêtées on fait appel au gouvernement birman, afin de libérer leurs proches immédiatement et sans condition car ils sont innocents et ont porté des accusations graves contre les auteurs bouddhistes qui ont initialement provoqué le conflit.

« Il est en effet déplorable que les musulmans font face à une double persécution autant de ces voyous et que du pouvoir (qui les encourage) – tandis que les bouddhistes se sentent doublement réconfortés, en commettant des crimes impunément et en recevant de nombreuses récompenses des autorités. Quel type de démocratie est la Birmanie ? Où les minorités vivent sous la terreur et sans aucune sécurité » déclarent certains dissidents bouddhistes pieux qui n’aiment pas le bouddhisme ethnocentrique.

Le Dalaï Lama appelle les bouddhistes à stopper les violences contre les musulmans

Le Dalaï Lama (qui ne représente d’une tendance du bouddhisme) a de nouveau appelé dimanche les bouddhistes de Birmanie et du Sri Lanka à mettre fin aux violences contre les musulmans, dans un discours prononcé à l’occasion de son 79e anniversaire.

Devant une foule de dizaines de milliers d’adeptes rassemblée dans le nord de l’Inde, le Dalaï Lama a déclaré que les violences dans ces deux pays en majorité bouddhistes contre les minorités religieuses musulmanes étaient inacceptables.

« J’exhorte les bouddhistes de ces pays à avoir à l’esprit l’image du Bouddha avant de commettre ces crimes« , a déclaré le chef spirituel bouddhiste dans les environs de Leh, dans l’Himalaya.

« Le Bouddha prêche l’amour et la compassion. Si le Bouddha est là, il protégera les musulmans des attaques des bouddhistes« , a affirmé le Dalaï Lama, qui a fui le Tibet pour se réfugier en Inde en 1959 après l’échec d’un soulèvement contre la domination chinoise.

Le chef spirituel tibétain s’est également dit choqué de la vague de violences d’extrémistes sunnites contre leurs coreligionaires musulmans sans citer explicitement l’Irak.

Présent dans la foule, l’acteur vedette américain Richard Gere a salué le Dalaï Lama à la tribune au nom des milliers d’admirateurs étrangers présents.

Les violences entre communautés en Birmanie ont jeté une ombre sur les réformes politiques engagées en 2012 et saluées au plan international. Ces attaques visent principalement des musulmans et ont fait au moins 250 morts.

Le mois dernier au Sri Lanka, quatre personnes ont été tuées et des dizaines de magasins et d’habitations saccagées au cours d’une flambée de violences.

N’oubliez pas de signer la pétition sur le site de Baraka City ! Actuellement un peu plus de 30000 signatures ont été récupérées mais cela n’est pas assez alors partagez ce lien au maximum in sha Allah : http://barakacity.org/rohingya/#signature

Source : avec Reuters, Afp, Burma Time