Birmanie : MSF et d’autres sont autorisés à revenir dans l’État de Rakhine

D’après Larédac’ à 10h30 le 26 Juillet 2014

Les autorités de l’État de Rakhine : ont de nouveau autorisé les organisations d’aide internationales à revenir dans la zone,  alors qu’ils avaient été invités expressément à la quitter en Avril dernier, à la suite des violences commises contre les Rohingya par des « moines bouddhistes » et qui perturbaient le travail des humanitaires.

A l’annonce du gouvernement de cette décision ce jeudi, qui a été faite dans le New Light of Burma newspaper, nous avons appris que celle-ci avait été décidée à la suite d’une réunion en Juin dernier, entre les instances de l’État et les organismes humanitaires…

« En tant qu’êtres humains, nous commettons tous des erreurs, mais les erreurs sont souvent des deux côtés« , a déclaré Soe Thein, ministre rattaché au président Thein Sein, lors d’une conférence de presse. « Nous invitons tout le monde à se joindre à nous (…), en particulier MSF« , a-t-il ajouté.

Et cela concerne principalement Médecins Sans Frontières, qui avait été mis à la porte dès Février, suite à un rapport sur les attaques, les violences et les persécutions que subissent les Rohingyas. Mais le gouvernement n’a pas précisé si MSF pourrait reprendre totalement ses activités dans la région, alors que l’ONG fournissait notamment des soins de santé primaire dans plusieurs zones isolées peuplées majoritairement de Rohingyas. 

Et aucun détail n’a été fourni sur les mesures de sécurité mises en place pour les OGN et associations humanitaires sauf pour MSF pour qui le ministre a assuré que les autorités garantiraient la sécurité du personnel de MSF, qui avait été visé, comme d’autres ONG, par des manifestations de bouddhistes nationalistes l’accusant de favoritisme envers la minorité musulmane apatride des Rohingyas.

Ce retour de l’humanitaire concerne les 24 ONG internationales opérant en Etat Rakhine, le ministre les a toutes énumérées.

Un envoyé des droits de l’homme de l’ONU, qui a vivement critiqué le gouvernement Birman, est en visite actuellement afin de se rendre compte des faits incriminés.

Quelque 800.000 Rohingyas (dont 140.000 déplacés dû aux violences de 2012) vivent confinés en Etat Rakhine. Privés de nationalité par l’ancienne junte, ils sont considérés par les autorités comme des immigrés illégaux du Bangladesh voisin. Des milliers d’entre eux ont pris le chemin de l’exode pour fuir les violences, risquant leur vie sur des embarcations de fortune, principalement en direction de la Malaisie. 

Source : Presse Associée, New Light of Burma newspaper