Birmanie : Un prisonnier d’opinion Rohingya a eu 66 ans derrière les barreaux

D’après Larédac’ à 06h09 le 21 Avril 2014

Myanmar : Tun Aung, prisonnier d’opinion de la minorité rohingya


Remise des pétitions le 9 avril 2014 à l’ambassade du Myanmar

Le 9 avril 2014, dernier, nous prenions connaissance de cet homme Tun Aung, prisonnier d’opinion de la minorité rohingya, qui a eu 66 ans derrière les barreaux. Il lui reste 15 années sur sa condamnation de 17 ans de prison, s’il devait aller au bout de sa peine, il serait libre à 81 ans. En juillet 2013, les autorités du Myanmar avait promis qu’il n’y aurait plus un seul prisonnier d’opinion d’ici la date déjà bien passé du 1er janvier 2014. Alors Amnesty International s’interroge « Qu’attendent-elles alors pour faire libérer ce docteur, dont l’état de santé est inquiétant ?« . Il y a douze jours Amnesty international laissé en main propre des milliers de signatures à l’ambassade du Myanmar à Paris. Voici l’article d’Amnesty International France :

Le 9 avril 2014, une délégation d’Amnesty International France a remis 36 298 signatures d’une pétition exigeant la libération du docteur Tun Aung à l’ambassade du Myanmar à Paris. Les services de l’ambassade nous ont promis que ces pétitions seraient remises au président Thein Sein. Serons nous entendus, et, surtout, le président tiendra-t-il sa promesse de libérer tous les prisonniers d’opinion, comme il s’était publiquement engagé ? 

Le docteur Tun Aung est médecin et père de quatre enfants. Il est membre de la minorité musulmane rohingya – une ethnie privée de nationalité depuis 1982 par la junte militaire alors au pouvoir.

Le docteur Tun Aung jouissait d’un grand respect au sein de sa communauté, qui l’a nommé président du Conseil des affaires islamiques de la ville de Maungdaw (État de Rakhine, ouest du Myanmar). Alors que de violentes émeutes entre les communautés bouddhiste et rohingya avaient éclaté en juin 2012, il avait été appelé à jouer un rôle de médiateur par les autorités, qui l’ont ensuite condamné à 17 ans de prison. Tout porte à croire qu’il a servi aux autorités de bouc-émissaire.

De nombreux prisonniers d’opinion libérés depuis 2012

Alors que plus de 1100 prisonniers d’opinion ont été libérés des prisons birmanes ces deux dernières années, à la suite de plusieurs amnisties présidentielles, les prisonniers d’opinion ou les condamnations arbitraires de membres de la minorité rohingya semblent faire exception à cette vague de libération. Ainsi, outre Tun Aung, Amnesty International a aussi reconnu au moins un autre prisonnier d’opinion rohingya.

Dans son rapport d’avril 2013 sur la situation des droits humains au Myanmar, le rapporteur spécial des Nations unies a pu rencontrer en prison Than Shwe, un prisonnier rohingya détenu pour … avoir essayé de rencontrer le rapporteur, lors d’une précédente visite de celui-ci en aout 2013 au Myanmar.

Une nouvelle encourageante ?

Outre la libération immédiate et inconditionnelle de Tun Aung, Amnesty International demandait le transfert de celui-ci dans une autre prison, afin qu’il puisse recevoir un traitement médical adéquat et des visites de sa famille. D’après le rapporteur spécial, Tun Aung aurait été transféré de la prison de Sittwe à celle d’Insein, ce qui, si cela se confirmait, serait une très bonne nouvelle. 

Source : AFP, Amnesty International