Canada : Une école contrainte de changer son règlement pour accueillir une élève portant le hijab

D’après Larédac’ à 11h30 le 12 Février 2014


L’histoire se passe dans la ville de Laval au Canada dans un collège privé. Le collège Letendre a était contraint de modifier son règlement intérieur afin qu’une élève puisse porter son hijab en classe. 

Cette décision fait suite à un rappel à l’ordre de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse en matière d’accommodement religieux. 

Cette décision met fin à une histoire commencée à la rentrée 2010 où la jeune fille, qui était alors âgée de 13 ans, s’est présentée portant un hijab. Étant la première musulmane que l’école intègre, la direction du collège décide de rencontrer la jeune fille pour connaître ses motivations et ainsi comprendre son choix.

«On a été pris par surprise, convient le directeur général, Yves Legault. À l’époque, tout le débat [sur la religion] n’était pas dans l’actualité. On n’avait pas encore fait de réflexion à ce sujet», dit-il.

Conclusion, le directeur s’aperçoit très vite qu’elle n’est pas influencée et admet que celle-ci porte le foulard islamique par convictions religieuses et donc refusera de le retirer en classe.

La jeune fille déclare « personne ne m’a imposé ça. Ma mère ne le porte même pas« .

Donc au début tout se passe bien, le directeur accepte d’arranger les choses de sorte qu’elle puisse porter son foulard. De plus l’élève est studieuse, ne rechigne pas à l’effort, elle a de bonnes notes, elle est toujours disponible pour des actions de bénévolat lors des portes ouvertes de son école, en somme une élève modèle sauf que.. 

Sauf que malgré tous ces détails son hijab n’est pas le bienvenue et commence à déranger fortement la direction qui prend la décision de mettre en place un nouveau règlement interne qui interdit tout port de signes religieux ostentatoires. Le nouveau texte était effectif à la rentrée 2011. «On s’est rendu compte qu’on n’avait pas de politique claire sur la question, dit Yves Legault. On s’est dit: si on ne veut pas se retrouver avec une avalanche de demandes du genre, il faut dire qu’on est contre. On est une école laïque. Il n’y a aucun symbole religieux entre nos murs.» Pas même une croix.

À l’époque la maman de la petite fille, Leila Sayadi, a été prévenu par une lettre envoyée pendant les vacances, « ils m’ont envoyé une lettre en même temps que le bulletin pour me dire que ma fille ne pourrait pas retourner dans cette école si elle gardait son voile » a-t-elle déclaré.

Furieuse, la maman décide de s’adresser à la Commission des droits de la personne et de la jeunesse, celle-ci a jugé que sa plainte était recevable. En effet, selon l’organisme, le règlement interdisant les symboles religieux va à l’encontre de la loi.

La petite fille est donc réintégrée juste avant la rentrée et le texte mentionnant les signes religieux est retiré du règlement intérieur du collège. « On n’a jamais voulu contrevenir à la loi. Dès qu’on a eu les avis légaux, on a décidé de revenir au règlement d’avant. » a assuré M. Legault.

La direction s’est même engagé à dédommager la famille financièrement. 

Pour la maman tout cela n’enlèvera pas le sentiment amer qu’a ressenti la petite fille « à 13 ans, quand un milieu que tu aimes te montre qu’il ne veut pas de toi, c’est très difficile pour l’estime de soi« .

Selon elle, dès le début de la rentrée suivante, la jeune fille dit être victime d’intimidation « les autres filles riaient d’elle. Chaque jour, elle revenait de l’école dans un état émotionnel très instable.« 

Quoique la jeune fille puisse venir avec son hijab en classe, un mois à peine après la rentrée, sa maman prend la décision de la retirer de l’école. D’après la maman, « c’était trop lourd » pour elle.

Depuis son départ, l’école n’a pas reçu d’autres élèves portant un signe religieux visible. «S’il y en a, on va leur expliquer nos valeurs de laïcité, mais on ne le leur interdira pas.»

Source : LaPresse