Centrafrique : Les États-Unis très inquiet de la violence inter religieuse en Centreafrique

D’après Larédac’ à 10h05 le 20 Décembre 2013 

Fomac : forces armées de soutien déployé depuis 2008, remplacée aujourd’hui par la MISCA : Mission internationale de soutien à la Centrafrique (3700 hommes mandaté par l’ONU)

L’ambassadrice américaine à l’ONU Samantha Power effectuait jeudi une visite surprise en Centrafrique, un signal fort de Washington pour aider ce pays à mettre un terme aux violences inter-religieuses qui ont fait près d’un millier de morts depuis début décembre.

Arrivée dans la matinée à Bangui, Mme Power est la plus importante responsable américaine à se rendre en République centrafricaine, où l’administration américaine s’alarme depuis des semaines d’une situation « pré-génocidaire ».

Elle est accompagnée de la plus haute diplomate au département d’Etat pour l’Afrique, la secrétaire d’Etat adjointe Linda Thomas-Greenfield.

Peu après leur arrivée, les deux femmes se sont rendues à l’hôpital « communautaire », principal établissement hospitalier de la capitale où sont soignées de nombreuses victimes des dernières violences entre chrétiens et musulmans, blessées par balles ou à coups de machettes. Elles se sont entretenues avec des membres d’organisations humanitaires.

La délégation américaine a ensuite visité la cathédrale de Bangui, occupée par des milliers de déplacés. Mme Power y a rencontré le chef de l’église catholique, Mgr Dieudonné Nzapalainga, et son homologue musulman l’imam Kobin, avant de faire étape à la mosquée de Lakouanga, un quartier mixte.

A l’aéroport, elle devait rencontrer des responsables politiques centrafricains, dont le président de transition et ex-chef rebelle de la Séléka Michel Djotodia.

Ce déplacement en Centrafrique a une dimension très personnelle pour la diplomate américaine, longtemps journaliste et chercheuse, spécialiste de la question du génocide dans les conflits au 20e siècle, notamment en Bosnie et au Rwanda.

Depuis le 5 décembre, les massacres entre chrétiens et musulmans ont fait près d’un milliers de morts, selon un dernier bilan de l’organisation Amnesty international.

La plupart des victimes ont été tuées à Bangui dans des représailles de l’ex-rébellion Séléka, mais également en province dans les atrocités des milices d’autodéfense villageoises « anti-balaka » (anti-machettes), plus particulièrement à Bossangoa, selon Amnesty.

« De graves violations des droits humains continuent d’être commises dans le nord du pays ainsi qu’à Bangui« , s’est alarmée une autre organisation de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch (HRW), pour qui « le risque de nouvelles violences généralisées est extrêmement élevé« .

Source : Reuters, AFP, ActuMali