Ces choses de nos vies qui viennent du monde musulman

D’après Larédac’ à 09h30 le 20 Novembre 2013

1 : Le café

Environ 1,6 milliard de tasses de café sont consommées chaque jour dans le monde. Des milliards de personnes comptent sur ses propriétés actives dans le cadre de leurs activités quotidiennes. Et pourtant, très peu de gens sont conscients des origines musulmanes de cette boisson omniprésente.

Selon les documents historiques, le café est devenu une boisson très populaire parmi les musulmans au Yémen dans les années 1400, dans le sud de la péninsule Arabique. La légende raconte qu’un berger (certains disent au Yémen, certains disent en Éthiopie) a remarqué que ses chèvres devenaient très énergiques et nerveuses lorsqu’elles mangeaient une sorte d’haricot à un arbre particulier. Prenant son courage à deux mains, il décide de voir cela de plus près, il goûte ces étranges graines et remarque qu’ils lui ont donné un regain d’énergie. Au fil du temps, la tradition de la torréfaction des fèves en les immergeant dans l’eau pour créer une boisson aigre et puissante s’est développé, et donc, le café était né.

 

Peu importe si oui ou non l’histoire du berger est vraiment arrivé, le café a trouvé son chemin depuis les hautes terres du Yémen et à travers le reste de tout l’Empire ottoman, le premier Empire musulman datant du 15ème siècle. Les cafés spécialisés dans la nouvelle boisson ont commencé à surgir dans toutes les grandes villes du monde musulman : Le Caire, Istanbul, Damas, Bagdad. Du monde musulman, la boisson a trouvé son chemin vers l’Europe à travers la grande ville marchande de Venise. Bien qu’il ait été d’abord dénoncé comme « boisson de musulman » par les autorités catholiques, le café est devenu une partie intégrante de la société et de la culture européenne. Les cafés des années 1600 étaient des endroits où les philosophes se rencontraient pour discuter des questions telles que les droits de l’homme, le rôle du gouvernement et de la démocratie. Ces discussions autour d’un café ont engendré ce qui est devenu plus tard le siècle des Lumières, l’un des mouvements intellectuels les plus puissants du monde moderne, qui soit dit en passant n’aurait pas eu lieu sans le travail d’érudits musulmans qui ont traduits des milliers d’ouvrages du Grec ou Latin en Arabe et vis-versa.

C’est donc un berger yéménite / éthiopien qui à façonner la pensée politique européenne avec plus d’un milliard de tasses de café par jour !

2 : L’algèbre

Alors que dans la plupart des cas de nombreux élèves du secondaire sont en difficulté en ce qui concerne les mathématiques. Les élèves musulmans devraient prendre conscience de l’importance de l’algèbre dans leur Histoire pour pouvoir l’apprécier, il est l’une des contributions les plus importantes de l’âge d’or musulman au monde moderne. Il a été développé par le grand savant et mathématicien Muhammad ibn Musa al-Khawarizmi (prochainement une bibliographie sur sa personne vous sera proposé in sha Allah), qui a vécu de 780 à 850 en Perse et en Irak.

Dans son livre monumental, Al-Kitab al-Mukhtassar fî hisab Al-Jabr wa-l-muqabala, il expose les principes de base d’équations algébriques. Le nom de l’ouvrage lui-même contient le mot « Al-Jabr », signifiant « la fin », d’où le mot algèbre en langue latine est dérivée. Dans le livre, al-Khawarizmi explique comment utiliser les équations algébriques avec des variables inconnues pour ainsi faciliter la résolution des problèmes du monde réel tel que le calcul zakat et la division de l’héritage. Un aspect unique de son raisonnement pour le développement de l’algèbre est le désir de faire des calculs prescrits par la loi islamique facile à remplir dans un monde sans calculatrices ou ordinateurs.

Les livres de Al-Khawarizimi furent traduits en latin en Europe dans les années 1000 et 1100, où il était connu comme Algoritmi (le mot algorithme est basé sur son nom et ses travaux mathématiques). Sans son travail dans le développement de l’algèbre, les applications pratiques et modernes des mathématiques, comme c’est le cas dans l’ingénierie par exemple, ne seraient pas possibles. Ses œuvres ont été utilisés comme manuels de mathématiques dans les universités européennes pendant des centaines d’années après sa mort. (Plus haut la représentation de la préface du livre de al-Khawarizmi).

3 : L’université et le systéme de diplôme

Passons maintenant aux universités, qui sont aussi une invention rendue possible par le monde musulman. Très tôt dans l’histoire islamique, les mosquées ont doublé les écoles. Les mêmes personnes qui sont chargées de diriger la prière, seraient devenus des enseignants. Ils enseignaient à des groupes d’étudiants sur les sciences islamiques comme par exemple le Coran, le fiqh (jurisprudence), et les hadiths. Cela a donné des institutions formelles, appelées madrasas, dédiés à l’éducation des élèves.

La première madrasa formelle fut al-Karaouine, fondée en 859 par Fatima al-Fihri à Fès, au Maroc. Son école a attiré certains des plus grands savants de l’Afrique du Nord, ainsi que les étudiants les plus brillants de la terre. À al-Karaouine, les cous por les étudiants ont été dispensés par des enseignants pour un certain nombre d’années dans une variété de sujets allant de la laïcité des sciences religieuses. À la fin du programme, si les enseignants étaient contents de leurs étudiants et qu’ils les jugaient qualifiés, ils leur accorder un certificat connu comme un ijâza, qui reconnaît que l’élève a compris et assimilé le savoir et est maintenant qualifié pour l’enseigner.

Ces premiers établissements d’enseignement conférant des grades se sont propagé rapidement dans le monde musulman. l’Université Al-Azhar a été fondée au Caire en 970, et dans les années 1000, les Seldjoukides ont créé des dizaines de madrasas dans tout le Moyen-Orient. Le concept d’instituts et le concept des certificats de subvention d’achèvement (diplômes) se sont répartis en Europe à travers l’Espagne musulmane, ces instituts étaient des endroits où les étudiants européens se rendaient pour étudier. Les Universités de Bologne en Italie et d’Oxford en Angleterre ont été créées dans les 11ème et 12ème siècle et ont continué la tradition musulmane à savoir le fait de décerner des diplômes aux étudiants qui les méritaient, et l’utiliser comme un juge de la qualification d’une personne dans un domaine particulier. (Photo de l’université Karaouine à Fes).

4. La fanfare militaire

Beaucoup d’étudiants qui ont fréquenté des écoles secondaires et des universités dans le monde occidental sont familiers avec la fanfare. Constitué d’un groupe de quelques centaines de musiciens, une bande défile sur un champ au cours d’un événement sportif ou autre pour divertir le public et encourager les joueurs. Ces fanfares scolaires se sont développés à partir de l’utilisation des fanfares militaires au cours de l’âge de la poudre à canon en Europe, ces fanfares ont été conçu pour encourager les soldats pendant la bataille. Là encore, cette tradition trouve ses origines dans l’Empire ottoman, ce sont les Mehters (mot turc qui veut dire « équipe », « groupe », « ensemble ») dans les années 1300 qui ont contribué à faire de l’armée ottomane l’une des plus puissantes au monde, en effet ils avaient pour tâche, l’intendance militaire sous l’Empire Ottoman.

Dans le cadre du corps des janissaires de l’élite de l’Empire ottoman, le but des mehters était de jouer la musique forte qui saurait effrayer les ennemis et encourager les alliés. L’utilisation d’énormes tambours et cymbales s’affrontant, créés des sons qui pouvaient s’étendre sur des kilomètres. Lors de la conquête ottomane des Balkans tout au long du 14ème jusqu’au 16ème siècle, les Mehters accompagnaient les redoutables armées ottomanes, qui semblait presque invincible, même face aux énormes alliances européennes.

Finalement, l’Europe chrétienne a également pris l’utilisation des mehters militaire pour effrayer les ennemis. La légende veut que, après le siège ottoman de Vienne en 1683, l’armée ottomane ait laissée derrière elle des dizaines d’instruments de musique, ces instruments ont été collectés, étudiés, et ont été mis par la suite à contribution de leur propre intérêt. Les armées de toute l’Europe ont bientôt commencé la mise en œuvre des fanfares militaires, révolutionnant la façon de combattre pendant les guerres en Europe et cela pendant des siècles. (Illustration montrant un mehter Ottoman).

5. La caméra

Il est difficile d’imaginer un monde sans photographie. Des entreprises font des milliards de dollars comme Instagram et Canon qui sont fondés sur l’idée de capturer la lumière d’une scène, créant une image de celle-ci, ainsi que la reproduction de cette image, pour finir à sa diffusion. Mais cela aurait été impossible sans le travail de pionnier d’un savant musulman du 11e du siècle, Ibn al-Haytham, qui a développé le domaine de l’optique et a décrit comment les premières caméras fonctionnaient. 

Cet homme travaillait dans la ville impériale du Caire au début des années 1000, Ibn al-Haytham a été l’un des plus grands scientifiques de tous les temps. Pour réguler les progrès scientifiques, il a développé la méthode scientifique, le processus de base par lequel toute recherche scientifique est menée. Quand il a été mis en résidence surveillée par le souverain fatimide al-Hakim (voir article sur Ibn al-Haytham), il a eu le temps et la possibilité d’étudier le fonctionnement de la lumière. Ses recherches sont partiellement axées sur la façon dont le sténopé travaille. Ibn al-Haytham fut le premier scientifique à réaliser que quand un petit trou est placé sur le côté d’une boîte étanche à la lumière, des rayons de lumière de l’extérieur sont projetés à travers ce trou dans la boîte et sur la paroi arrière de celle-ci. Il s’est rendu compte que plus le sténopé (ouverture) est petit, plus la qualité de l’image est nette, ce qui lui a donné la possibilité de construire des caméras qui étaient incroyablement précises et nettes pour l’époque lors de la capture d’une image.

Les découvertes de Ibn al-Haytham, concernant les caméras et la façon de projeter et de capturer des images, ont conduit au développement moderne des caméras autour des mêmes concepts, en effet la technique n’a pas changé depuis sa découverte. Sans ses recherches sur la façon dont la lumière se déplace à travers les ouvertures et comment elle est projetée par eux, les mécanismes modernes qui se trouvent à l’intérieur de nos caméras n’existeraient pas. (Représentation du principe de base d’un appareil sténopé).