Ceux que l’on nomme aujourd’hui guerriers, ne sont pas des guerriers au sens commun du terme…

« Les guerriers ne sont pas des guerriers au sens commun du terme.

En effet, le guerrier n’est pas quelqu’un qui fait la guerre, parce que personne n’a le droit de prendre la vie de quelqu’un d’autre.

Le guerrier, pour nous, c’est quelqu’un qui se met au service du bien d’autrui.

Sa tâche est de prendre soin des plus anciens, des sans-défense, de ceux qui ne peuvent plus subvenir à leurs besoins, et par-dessus tout, des enfants qui représentent le futur de notre humanité.« 

Tĥatĥanka Iyotĥanka alias Sitting Bull, né en 1834, assassiné le 15 décembre 1890. C’est, du moins, la traduction exacte du nom sioux : Tatanka Yotanka, le taureau assis. Qu’est-ce que cela signifie exactement ? Les uns voient là l’image d’un guerrier solidement installé dans l’attitude qu’il a prise vis-à-vis de l’ennemi et dont rien ne le peut déplacer. D’autres assurent que l’appellation a pris son origine dans la méthode audacieuse qu’emploie notre héros au cours de la chasse au buffalo : lançant son cheval contre la bête qu’il a choisie comme victime, il saute sur le dos de celle-ci, s’y « assied » et plonge dans le garrot de l’animal son large couteau, plus terrible et plus sûr que l’épée du matador.

– Ce guerrier dont le rôle, aujourd’hui encore, reste à préciser, pour toutes les discussions contradictoires qu’il a soulevées, naquit vers 1834, dans le clan des Hunk-papa, qui appartient à la grande famille des Sioux.

Son père était un chef. Et l’enfant, alors qu’il ne s’appelait encore que le Blaireau sauteur, l’avait accompagné dans les combats et fait à ses côtés ses premières armes. Âgé à peine de quatorze ans, il avait combattu un Corbeau et l’avait tué.

Par droit héréditaire, il était appelé au commandement. Encore lui fallait-il se montrer digne de ce poste par sa valeur.

Il ne tarda pas à prouver ce dont il était capable. Et, dès ses débuts de guerrier, il se fait remarquer par sa haine implacable des Blancs, qu’il fréquente cependant, pour mieux les connaître, mais dont il n’accepte ni l’alliance, ni l’autorité.

Cette haine, d’ailleurs, n’est point aveugle. L’Indien sait reconnaître, parmi les nouveaux venus, ceux qui observent loyalement les traités. Ami sincère du colonel A. G. Boove, estimé de tous ses compagnons, et qui a su conclure l’accord entre le « Grand Père », c’est-à-dire le gouvernement, et les tribus des Plaines, Sioux, Cheyennes, Arapahos, Comanches et Kioways…

À peine âgé de 23 ans, en 1856, il est proclamé grand prêtre de la tribu. Son pouvoir va dès lors s’exercer impérieusement.

Il n’en abusera pas. Bien au contraire, ses adversaires eux-mêmes s’adressent à lui tout d’abord lorsqu’il s’agit de conclure la paix. Il sait discuter avec calme, se montre impartial, ne demande que la justice, sait donner aux accords toute leur valeur, grâce à sa parfaite loyauté.

Si, dans le parti adverse, se rencontraient beaucoup d’hommes tels que lui, la paix serait durable.

Il n’en est malheureusement pas ainsi. Et, peu à peu, trompé, bafoué, humilié, trahi, celui qu’on a pu surnommer le Pacificateur va devenir le Grand Révolté.