Chine : 39 musulmans Ouïghours condamnés par la Cour Suprême

D’après Larédac’ à 18h44 le 23 Mai 2014

Trente-neuf musulmans ont été condamnés mardi par la Cour suprême de la Région autonome ouïgoure du Xinjiang.

Les attentats une « excuse » bienvenue pour accentuer la répression

Après une série d’attentats meurtriers ces derniers mois attribués aux séparatistes ouïgours, la Chine poursuit son offensive contre l’«extrémisme religieux et le terrorisme». Le tribunal de Xinjiang a déclaré, le 21 mai, que 39 personnes ont été reconnues coupables «d’activités terroristes susceptibles de provoquer la haine et la discrimination ethnique», et aussi pour «la fabrication illégale des armes». Certaines ont été condamnées jusqu’à 15 ans de prison.

Ces activités, qualifiées de «terroristes» dans le langage officiel, concernent principalement des internautes, qu’ils aient partagé des vidéos ou échangé des propos jugés «séparatistes»

Mais le tribunal n’a pas précisé le contenu de ces vidéos censées appeler au «jihad», et n’a cité que quelques exemples. Celui de Maimaitiniyazi, ouïgoure de 25 ans, condamnée à purger une peine de 5 ans de prison, pour avoir écrit des propos «démagogues et séparatistes» dans six forums de discussion d’Internet, auxquels ont participé 1 310 internautes.

Une autre Ouïgoure a été condamné à 15 ans de prison, pour avoir prêché le djihad à ses proches. Durant ces 40 derniers jours, 200 suspects ont également interpellés pour avoir diffusé des vidéos «jihadiste» dans le Xinjiang.
 
Le choc des attentats meurtriers

Depuis le début mars en Chine, trois attentats sanglants au couteau ou à l’explosif, commis dans l’espace public, ont été imputés aux séparatistes ouïgours. Au nom de la lutte contre le terrorisme, les autorités chinoises ont déjà arrêté sept suspects, en relation avec l’attentat du 30 avril devant la gare sud d’Urumqi qui avait fait un mort et 79 blessés. A ce jour, il s’agit du seul de ces trois attentats revendiqués par les séparatistes ouïgours.

Aux confins de l’Asie centrale, cette région peuplée par l’ethnie Ouïgours, musulmans turcophones, est le théâtre de violences en nette recrudescence depuis plus d’un an, attribuées par Pékin à des séparatistes et fondamentalistes musulmans.

Des activistes des droits de l’homme critiquent la répression menée par Pékin, demandant au pouvoir de réfléchir sur sa propre politique religieuse, et prônent le dialogue pour résoudre ces conflits ethniques. 

Pékin met en avant la sécurité nationale et le développement économique. La récente série d’attentats est un vrai choc pour la population et le pays. La sécurité devient plus que jamais un enjeu de la politique de Pékin, qui a même publié cette année pour la première fois un livre bleu sur la sécurité.

Source : Afp, Chine Nouvelle