Chine : La répression de masse augmente sur la communauté Ouïghours

D’après Larédac à 13h34 le 12 Novembre 2014

Photo Reuters

La Chine a emprisonné près de deux douzaines de personnes, principalement des chefs religieux musulmans et pour la plupart du temps venant de la région occidentale du Xinjiang. La Chine renforce sa répression sur les « activités religieuses illégales« , c’est ce que rapportent des médias chinois.

Les 22 suspects, y compris des soi-disant « imams sauvages« , ont été condamnés à des peines de prison allant de cinq à 16 ans. Le Service Officiel Des Nouvelles de Chine parle d’une condamnation publique de masse dans le Xinjiang, ce lundi.

Parmi les chefs religieux emprisonnés, ils y avaient les imams qui ont continué à honorer leurs « activités religieuses« , y compris la prédication, et ce quand même après avoir été renvoyé de leurs fonctions officielles.

D’autres ont été accusés d’incitation à la haine contre l’ethnie prédominante du pays, les Han. Selon le gouvernement chinois, ils auraient utilisé la superstition pour abolir la loi, et auraient provoqué des querelles ainsi que divers problèmes.

Le Xinjiang est le foyer de la minorité à majorité musulmane connue comme les Ouïghours.

La Chine a promis de sévir contre l’extrémisme religieux, à qui il reproche une série d’attaques violentes survenues cette année dans le Xinjiang et ailleurs.

« Pas de droits à la foi »

Cependant, les exilés et les militants disent que le contrôle chinois sur la religion et la culture du peuple Ouïghour serait la cause de la violence des groupes armés.

Le Congrès Ouïghour mondial, qui est actuellement exilé, a lui condamné la condamnation de masse dans un communiqué, en disant qu’il était sujet d’une répression religieuse qui piétine les droits de leur peuple.

« La soi-disante distinction entre religion légale et illégale est déterminée en fonction des besoins politiques de la Chine« , a déclaré Dilxat Raxit, un porte-parole du groupe.

« Les Ouïghours n’ont fondamentalement pas de droits à la foi.« 

Les peines publiques de masse sont devenues monnaie courante dans le Xinjiang, avec la télévision d’Etat montrant souvent les accusés prendre place dans les auditoriums en plein air. Des groupes de défense des droits ont déclaré que les procès de masse et les déterminations de peine ne respectaient pas l’accusé et ses droits. En clair les accusés non pas le droit à un procès équitable.

En septembre dernier, un tribunal a condamné et emprisonné à vie le défenseur des droits des Ouïghours le plus important du pays dans une affaire qui a provoqué un tollé en Occident et parmi les groupes de défense.

La Chine serait inquiète car ceux qu’elle nomme « les ennemis de l’Etat » dans le Xinjiang pourraient obtenir du soutien dans les environs du Pakistan et de l’Afghanistan.

Source : Avec Agences de Presse, Al Jazeera, Reuters