Chine : Un violent attentat a fait de nombreuses victimes dans une gare de la région des Ouïghours

D’après Larédac’ à 16h19 le 06 Mai 2014

Chine : Attentat dans la région des Ouïghours (Cliquez sur l’image pour l’info en vidéo d’EuroNews)

La province musulmane chinoise du Xinjiang vit sous tension depuis des années. Et la répression chinoise dans toute la province s’intensifie encore plus depuis les violences ethniques de 2009 dans la capitale Urumqi qui ont fait plus de 200 morts.

En dépit d’une sécurité très renforcée dans les grandes villes du Xinjiang, (caméras, postes de police, policiers en civil, contrôles sévères dans les aéroports et les gares de train ou de bus) une attaque au couteau et à l’explosif mercredi 30 avril a fait trois morts et 79 blessés dans la Gare Sud de la capitale Urumqi.

Xi Jinping en visite au Xinjiang

L’attaque s’est produite au terme de ce que l’agence Chine Nouvelle a décrit comme une « tournée d’inspection » de quatre jours du président Xi Jinping dans cette grande région de l’Ouest de la Chine. Mais on ne sait pas si le président était toujours dans la province au moment de l’explosion.

Pour autant, la date de cet incident mortel ne peut être une coïncidence, même si à l’occasion d’une visite présidentielle tous les systèmes de sécurité sont renforcés.

Selon la version de l’agence officielle Chine Nouvelle, des assaillants ont surgi mercredi soir 30 avril dans la Gare Sud d’ Urumqi, capitale du Xinjiang, poignardant des dizaines de personnes et déclenchant des explosifs.

D’autres sources ont fait état d’une explosion à l’extérieur de la gare, parmi des sacs de voyage. Les images ou informations diffusées sur Weibo, le Twitter chinois, ont été censurées deux heures après l’incident.

Bomb & knife attack at railway station in Xinjiang in China kills 3 & injures 79 (Une attaque à la bombe et au couteau dans une gare de la province de Xinjiang en Chine fait trois morts et 79 blessés.)

http://t.co/9B5wBW3HLs 

pic.twitter.com/KOGzWxwaHE

—BBC News (World) (@BBCWorld). 30 Avril 2014

Pékin accuse des « bandes terroristes »

Chine Nouvelle a évoqué une « attaque terroriste violente » et affirmé que ses auteurs présumés « étaient depuis longtemps impliqués dans l’extrémisme religieux« . Elle a identifié l’un des agresseurs présumés comme Sedirdin Sawut, un homme âgé de 39 ans originaire du sud du Xinjiang.

Aucune revendication n’est encore parvenue aux autorités, pas plus que pour l’attaque dans la gare de Kunming (province du Yunnan) en mars dernier par un groupe de « séparatistes du Xinjiang », ayant fait 29 morts et 143 blessés. 

Quatre membres survivants du groupe d’assaillants, qualifié par les autorités de « bande terroriste », ont été inculpés et encourent la peine de mort pour leur participation à ce que beaucoup appellent désormais le « 11-Septembre » chinois.

Au cours de sa visite dans le Xinjiang, Xi Jinping a appelé à y renforcer la lutte antiterroriste, mais aussi à prendre des mesures pour faciliter l’intégration des minorités ethniques. Le Xinjiang est « la ligne de front » de la lutte de Pékin contre le « terrorisme« , a déclaré le président chinois.

Il a assuré également durant sa visite de quatre jours que Pékin y mettrait en œuvre « une politique appropriée pour améliorer l’harmonie entre les ethnies et la prospérité de tous les groupes ethniques. »

Les Ouïghours se sentent réprimés

Le Xinjiang, dont les Ouïghours, musulmans turcophones, constituent la principale ethnie, (9 millions sur une population totale de 24 millions) est le théâtre de violences répétées.

Selon Dilxat Raxit, un porte-parole du Congrès mondial ouïghour, une organisation de défense des Ouïghours, dont le siège est à Munich (Allemagne), plus de 100 membres de la communauté ont été arrêtés après l’attaque de la gare d’Urumqi.

Il a invité le président chinois à se rendre au « Turkestan oriental », nom utilisé par les Ouïghours pour désigner le Xinjiang, « pour faire des propositions constructives sur l’amélioration de la situation« . Mais, a-t-il ajouté dans un courrier électronique, « le fait est que Pékin continue à encourager la répression armée des Ouïghours« .

Source : Afp, Chine nouvelle, La croix