Conflit Palestino-israélien : Israël menace maintenant de couper les vivres

D’après Laredac’ à 16h34 le 10 Avril 2014

Asphyxie par l’argent !

Israël envisage de geler une partie des taxes qu’il collecte chaque mois pour le compte de l’Autorité palestinienne, a indiqué mercredi soir à l’AFP une source gouvernementale israélienne.

« Nous envisageons de retenir une partie des sommes remises tous les mois par Israël à l’Autorité en réaction aux gestes unilatéraux des Palestiniens« , a déclaré cette source sous couvert de l’anonymat.

« Nous considérons que le fait que l’Autorité palestinienne donne chaque mois des sommes importantes aux prisonniers palestiniens et à leurs familles est une forme de soutien au terrorisme. Nous envisageons de ne pas verser aux Palestiniens l’équivalent de cet argent« , a précisé la source gouvernementale.

L’Autorité palestinienne verse sous forme de salaires mensuels des allocations à chaque prisonnier détenu en Israël qui varient selon la peine encourue entre 400 dollars pour des peines de moins de 3 ans à plus de 3.000 dollars pour des condamnés à plus de 30 ans de prison.

Interrogé par l’AFP, le ministre palestinien des Prisonniers Issa Qaraqaë a estimé que « cette initiative pourrait être dangereuse« .

« Les Israéliens cherchent à viser les prisonniers car ils savent combien ce sujet est important pour l’ensemble du peuple palestinien« , a affirmé M. Qaraqaë.

John Kerry a vivement critiqué Israël l’accusant même d’être en grande partie responsable de l’échec du processus. En effet, même s’il n’a pas épargné les Palestiniens, M. Kerry s’en est exceptionnellement pris à l’allié israélien, jugeant que l’annonce la semaine dernière de plus de 700 nouveaux logements à Jérusalem-Est et le refus de libérer des prisonniers palestiniens avaient précipité le processus de paix dans une impasse.

« Malheureusement, les prisonniers (Palestiniens) n’ont pas été libérés le samedi (29 mars) où ils devaient l’être« , a déploré le chef de la diplomatie américaine devant la commission des Affaires étrangères du Sénat.

« Puis, un jour, deux jours, trois jours sont passés et dans l’après-midi, quand ils (les israéliens) pouvaient peut-être le faire, 700 logements de colonisation étaient annoncés à Jérusalem et +pouf+, voilà où nous en sommes« , a-t-il regretté.

Le peuple israélien n’a pas bien pris les accusations du secrétaire d’État américain. En effet, Les israéliens ont condamné les critiques de John Kerry à l’image d’Udi Kaldian, habitant de Jérusalem, qui a déclaré à l’AFP qu’il pensait que « son intervention était une exagération impolie« , ajoutant qu’il était « content que les négociations n’aient pas abouti« .

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Quelque 5.000 Palestiniens sont emprisonnés en Israël.

Selon l’entente conclue en juillet sous l’égide du secrétaire d’Etat américain John Kerry, Israël s’engageait à libérer en quatre phases 104 prisonniers incarcérés avant les accords d’Oslo de 1993. En contrepartie, la direction palestinienne avait consenti à suspendre toute démarche d’adhésion aux organisations internationales jusqu’à la fin des pourparlers.

Mais Israël a refusé de libérer le 29 mars, comme prévu, un quatrième et dernier contingent de prisonniers, réclamant désormais une prolongation des négociations au-delà du 29 avril.

Mahmoud Abbas a riposté en signant le 1er avril les demandes d’adhésion de la Palestine à 15 conventions et traités internationaux, estimant que les nouvelles exigences posées par Israël pour ces libérations le déliaient de son engagement.


Source : Afp,Reuters, Haaretz