Conflit Palestino-israélien : L’affrontement se fait aussi sur la Toile

D’après Larédac’ à 15h56 le 09 Novembre 2014

La situation a été tendue, ces dernières semaines à Jérusalem. Mais les affrontements débordent aussi sur internet. Depuis quelques semaines, plusieurs sites palestiniens ou pro-palestiniens ont été mis hors service.

Plusieurs sites de médias sur le Proche-Orient ou des sites pro-palestiniens ont été victimes de ce que l’on appelle une attaque par déni de service, DDoS (distributed denial of service attack, en anglais) pour les spécialistes. Concrètement, il s’agit de saturer un site de demandes automatiques afin de le rendre inaccessible. Cette technique assez simple se fait à l’aide de programmes robotisés.

Parmi les sites attaqués, on peut citer celui du Centre international de médias pour le Moyen Orient, le journal en ligne Electronic Intifada ou le site du BDS, le mouvement qui appelle au boycott des produits israéliens. Tous ces sites défendent la cause palestinienne contre l’état zioniste. Ils ne sont restés hors service que quelques heures mais les regards se tournent vers d’éventuels pirates pro-israéliens.

Le souvenir d’Ulcan

Cette méthode rappelle étrangement celle du hacker franco-israélien Grégory Chelli, plus connu sous le nom d’Ulcan. Il reste toutefois difficile d’établir un rapport entre ces attaques et le hacker car, dans une attaque par déni de service, il est très compliqué de remonter jusqu’à la source. Grégory Chelli a fait parler de lui en attaquant plusieurs médias français pour des articles qui lui semblaient défavorables ou critiques envers l’état sioniste. Cet été, il a mis hors service les sites de Rue89, Mediapart ou Libération.

Le jeune homme, installé à Ashdod en israël, est aussi un grand amateur de canulars de mauvais goût. Cinq jours après avoir appelé le père d’un journaliste de Rue89 pour lui annoncer la mort de son fils, cette personne a fait une crise cardiaque avant de décéder. Plusieurs plaintes ont été déposées contre le pirate mais la collaboration entre les polices françaises et israéliennes semble « compliquée ». Des responsables français ont annoncé que le hacker avait été mis en garde à vue il y a dix jours en israël. Une information démentie par l’intéressé sur son compte Facebook.

Guerre en ligne

Depuis cet été, le conflit palestino-israélien déborde largement sur la Toile. Pendant la guerre à Gaza, on parlait de véritable guerre en ligne. C’est ce que rappelle le directeur du site Electronic Intifada. Selon lui, cette dernière vague d’attaques est similaire à celle qu’a subi son journal en ligne durant l’été, au plus fort de l’opération israélienne dans la bande de Gaza. Les militants palestiniens ne sont, de leur côté, pas en reste : plusieurs sites de la communauté juive avaient eux aussi été mis hors de service. Alors que l’attention se focalise sur les derniers événements à Jérusalem, chaque camp utilise tous les moyens pour montrer qu’il a raison.

Source : avec Rfi, Afp