Conflit Palestino-israélien : Quel est le bilan pour la bande de Gaza ?

D’après Larédac’ à 17h17 le 09 Août 2014

Le 8 juillet commençait l’opération Bordure protectrice, en représailles ou prétexte selon le camp, à l’assassinat de trois jeunes juifs (nous savons aujourd’hui que ce prétexte n’est plus valide) dans les Territoires occupés (Cisjordanie), et aux tirs de roquette du Hamas vers israël. L’objectif officiel est de détruire les tunnels qui contournent le strict blocus imposé par l’État zioniste depuis 2005. 

Depuis 2008 et l’opération Plomb durci, c’est la troisième « guerre » menée à Gaza par les forces armées israéliennes. 

En 2012, l’opération Pilier de défense avait les mêmes objectifs. Elle avait duré 7 jours. Mais nous le soulignons encore, pour qu’il y ait une guerre, il faut, nous semble-t-il, deux forces équivalentes en présence ?!

Bordure protectrice est la plus meurtrière des campagnes sioniste. Les sionistes accusent le Hamas de se servir des civils comme boucliers humains. Une large campagne a été, et est menée par l’entité sioniste afin de créditer ses meutres dans la bande de Gaza. Une commission internationale d’urgence lancée par l’ONU enquête sur d’éventuels crimes de guerre commis par l’armée.

Les victimes

À la mi-journée de samedi dernier, 1 654 Palestiniens avaient été tués et 8 900 autres blessés, selon les secours locaux. L’ONU est parvenue à vérifier les identités de 1 117 morts, dont une immense majorité de civils (926, soit 83 %). L’armée israélienne a évoqué le chiffre de 320 combattants palestiniens tués lors de la deuxième semaine de guerre. L’ONU en comptabilise 191 parmi les morts dont elle a pu vérifier l’identité. 

Selon l’Unicef, au moins 296 enfants, mais d’autres sources parlent de 373 (https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=613247298774051&id=416708255094624) et adolescents palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza. « Les enfants comptent pour 30 % des victimes civiles« , a estimé l’Unicef, dont le bilan, établi sur la base des décès que l’Agence onusienne a pu jusqu’à présent vérifier, risque de croître. « Le nombre des victimes parmi les enfants tués ces 48 dernières heures pourrait augmenter après un certain nombre de vérifications en cours« , a déclaré l’Unicef, qui précise que ces chiffres sont provisoires et recoupés « dans la mesure de ce qui est possible dans la situation actuelle ». Parmi ces enfants, 187 garçons et 109 filles ont été tués. Au moins 203 avaient moins de 12 ans.

L’État sioniste a perdu 63 soldats, ses plus lourdes pertes depuis sa guerre contre le Hezbollah libanais en 2006. Trois civils, dont un Thaïlandais, ont été tués par une des 3 032 roquettes dont le tir a été comptabilisé samedi par l’armée.

Les réfugiés

Selon l’ONU, 280 000 personnes sont hébergées dans ses centres et ceux des autorités locales, soit 15 % de la population. Avec ceux qui ont trouvé refuge chez des proches, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime à 400 000 le nombre de déplacés. À l’échelle de Gaza, c’est comme si 1,85 million de New-Yorkais ou 500 000 Parisiens avaient dû quitter leur domicile.

Les séquelles

Des soins psychologiques seront nécessaires pour 326 000 mineurs, a évalué l’Unicef. Des milliers d’engins non explosés jonchent la bande de Gaza (ONU). Dix des trente-deux hôpitaux sont fermés, onze sont endommagés, selon l’OMS. Les logements de 9 815 familles, ce qui représente environ 58 900 personnes, ont été complètement détruits, a estimé l’ONU. 

Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) évalue ses besoins à plus de 390 millions de dollars, dont 43 % sont jusqu’à présent couverts par les donateurs, selon un bilan établi le 28 juillet. L’OMS estime quant à elle que les fonds dont elle dispose représentent 6 % de ses besoins.

Les forces en présence

L’Institut international d’études stratégiques (IISS) crédite le Hamas de 20 000 combattants, dont 10 000, les plus entraînés, pour sa branche armée.

Ce chiffre est difficile à vérifier. Les Brigades al-Qods du Jihad islamique revendiquent 8 000 hommes.

Selon les données les plus récentes (2011) de l’Institute for National Security Studies (institut israélien d’études sur la sécurité nationale), l’armée israélienne est forte de 176 500 soldats et de 445 000 réservistes (dont 86 000 ont été appelés). Difficile de savoir combien combattent effectivement à Gaza, information soumise à la censure.

La misère et la jeunesse

Selon le bureau palestinien des statistiques, 43,4 % des quelque 1,8 million de Gazaouis ont moins de 14 ans. Le taux de croissance annuel de la population est de 3,7 % et l’âge médian, de 18 ans. 

L’ONG israélienne Gisha estimait juste avant la guerre qu’il manquait 259 écoles à Gaza, notamment en raison de la pénurie de matériaux de construction imputable au blocus israélien. Avec les combats, la situation va empirer : 137 écoles ont été endommagées, selon l’ONU. L’enclave ne dispose pas des infrastructures cohérentes avec les 1,8 million d’habitants qui s’entassent sur 362 km2, notamment en matière de distribution d’électricité et d’eau. 

Pour rappel, la principale centrale électrique a été bombardée.

Le taux de chômage dépasse les 40 %, selon le FMI. Il était d’un peu moins de 20 % en 2000 et de 30 % en 2011. En temps normal, plus de 70 % de la population dépend de l’aide humanitaire, selon Gisha.

Source : Afp, Associated Press, Institut international d’études stratégiques (IISS), OMS, Haaretz, L’orient le Jour, Agence Wafa…