Conflit Palestino-israélien : Un ministre du Parti nationaliste demande l’annexion d’une partie des colonies juives de Cisjordanie

D’après Larédac’ à 19h03 le 11 Avril 2014

Naftali Bennett, chef du parti nationaliste israélien Bayit Yehudi (Le Foyer juif) et ministre de l’Economie, a demandé à Benjamin Netanyahu d’annexer une partie des implantations juives de Cisjordanie, proclamant la « mort » du processus de paix avec les Palestiniens.

Tzipi Livni, ministre de la Justice et principale négociatrice israélienne avec les Palestiniens, a aussitôt dénoncé une « provocation puérile ».

Les discussions israélo-palestiniennes, relancées en juillet dernier sous l’égide des Etats-Unis, traversent une passe difficile et ont même failli être rompues la semaine dernière.

Israël a annoncé mercredi un gel partiel de ses contacts avec l’Autorité palestinienne, décision qui ne s’applique cependant pas à son équipe de négociateurs, et n’exclut pas des sanctions économiques en représailles à l’adhésion des Palestiniens à quinze conventions internationales.

Le même jour, Naftali Bennett a écrit au Premier ministre Netanyahu pour lui demander d’annexer purement et simplement plusieurs grandes implantations juives de Cisjordanie, comme celle de Ma’ale Adumin.

Ces colonies juives, installées sur des terres occupées par les Israéliens depuis la guerre des Six-Jours de juin 1967, sont considérées comme illégales par la communauté internationale.
« Il est clair que le processus actuel est arrivé en fin de course et que nous abordons une ère nouvelle« , écrit Naftali Bennett au chef du gouvernement.

Il demande l’annexion des grandes colonies, affirmant que cette idée, « avec ses implications pour la sécurité » et « sa signification historique pour l’Etat d’Israël« , bénéficie d' »un large consensus » dans la population israélienne.

Benjamin Netanyahu n’a encore fait aucun commentaire sur cette demande.

ATTITUDE « PROVOCANTE » ET « PUÉRILE »

Sa ministre de la Justice et négociatrice en chef avec les Palestiniens, Tzipi Livni, a dénoncé sur Facebook l’attitude « provocante » et « puérile » de son collègue de l’Economie, qui selon elle risque d’enterrer toute possibilité d’accord et « (nous) faire perdre tout ce qui nous est cher« .

Israël a déjà annexé des territoires occupés en 1967: le plateau du Golan, à la frontière syrienne, et Jérusalem-Est, dont les Palestiniens veulent faire la capitale d’un futur Etat. Ces annexions ne sont pas reconnues par la communauté internationale.

La question des colonies est une source récurrente de tensions entre Israéliens et Palestiniens. En 2013, année même de la reprise des discussions directes, les nouvelles constructions dans les implantations de Cisjordanie ont fait un bond de 123% par rapport à l’année précédente.

Mardi, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a laissé entendre que l’annonce d’un projet de construction de plus de 700 logements à Jérusalem-Est était la cause immédiate de la quasi-rupture des négociations de paix.

Un membre du cabinet de Netanyahu s’est dit « profondément déçu » par les déclarations du chef de la diplomatie américaine.

Responsables israéliens et palestiniens coopèrent dans un certain nombre de domaines civils tels que l’environnement, l’eau ou l’énergie. L’Autorité palestinienne craint que le gel des contacts ne soit suivi de sanctions économiques.

Dans le cadre des accords de paix intérimaires, Israël collecte puis transfère à l’Autorité palestinienne environ 100 millions de dollars par mois de taxes prélevées sur les biens importés dans les territoires palestiniens.

Lors de précédentes périodes de tensions entre les deux parties, il est arrivé à Israël de suspendre ces versements.

Un responsable israélien a déclaré mercredi à Reuters que « si les Palestiniens continuent sur la voie qu’ils ont choisie, d’autres options (que le gel des contacts) sont envisageables« .
Israël, a-t-il poursuivi, « envisage sérieusement » de déduire ainsi jusqu’à 75 millions de dollars sur le total des taxes remises aux Palestiniens.

Les Palestiniens présentent leur adhésion à certains traités internationaux, notamment les conventions de Genève relatives à la guerre, comme la conséquence du refus israélien de libérer comme prévu des prisonniers palestiniens.

Source : Reuters, Afp