Conflit syrien : Selon l’ONU, Assad « fait partie de la solution »

D’après larédac à 16h22 le 14 Février 2015

L’Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, a rencontré mercredi matin (le 11 février 2015) à Damas le Président syrien Bachar Al-Assad pour discuter du conflit dans ce pays et des moyens de réduire la violence.

« J’ai eu des discussions intenses au cours des deux derniers jours avec le gouvernement syrien et, ce matin, j’ai eu une longue rencontre son excellence Bachar Al-Assad« , a dit M. Mistura lors d’un point de presse à Damas.

« Comme vous le savez, je mets l’accent sur l’importance de réduire la violence de ce conflit pour la population syrienne et d’accroître l’accès sans entrave à l’assistance humanitaire pour tous les Syriens« , a-t-il ajouté.

L’Envoyé spécial a rappelé que le cœur de sa mission est de faciliter un processus politique « qui puisse conduire à une solution politique à un conflit qui a duré trop longtemps et qui n’a pas de solution militaire« .

Lors de ses entretiens avec les autorités syriennes, M. Mistura a discuté de la proposition des Nations Unies d’un gel des hostilités dans la ville d’Alep mais il n’a pas souhaité donner davantage de détails sur le contenu de ces discussions.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies doit se réunir le 17 février pour discuter de la situation en Syrie.

Assad la Solution ?

Le président Bachar al-Assad « fait partie de la solution » en Syrie, a pour la première fois explicitement souligné vendredi le médiateur de l’ONU Staffan de Mistura, après quatre années de combats qui ont surtout mit le pays dans le chaos et fait émerger des groupes d’insurgés tel l’état dit « islamique » (EI).

« Le président Assad fait partie de la solution » et « je continuerai à avoir des discussions importantes avec lui« , a souligné l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, qui vient d’effectuer une visite de 48 heures à Damas.

M. de Mistura, qui s’exprimait à l’issue d’une entrevue à Vienne avec le chef de la diplomatie autrichienne, Sebastian Kurz, doit présenter le 17 février au Conseil de sécurité un rapport pour stopper la guerre civile.

Il a réitéré sa conviction que « la seule solution est une solution politique » et que faute d’accord, « le seul à profiter de la situation » est l’EI, qui est « comme un monstre qui attend que le conflit se poursuive pour prendre avantage de la situation« .

M. Kurz a de son côté relevé que « dans le combat contre l’EI, il peut être nécessaire de lutter du même côté » que Damas, même si « Assad ne sera jamais un ami ni même un partenaire« .

C’est la première fois qu’un envoyé spécial pour la Syrie évoque de manière explicite le président Assad, que les rebelles cherchent à renverser depuis quatre ans, comme faisant partie de la solution au conflit.

Troisième émissaire de l’ONU pour la Syrie après Kofi Annan et Lakhdar Brahimi, M. de Mistura s’était concentré jusque-là sur l’instauration d’un gel des combats, notamment avec la métropole d’Alep (nord) comme modèle.

Avant lui, le diplomate chevronné Lakhdar Brahimi avait réuni régime et opposition pour des pourparlers à Genève début 2014, mais avait buté sur le refus catégorique de Damas de discuter du sort d’Assad. Il avait critiqué la tenue d’une présidentielle en plein conflit à l’été 2014, s’attirant les foudres du régime qui l’avait alors accusé d' »outrepasser sa mission ».

Un gel des combats pas un arrêt !

Selon un sondage publié jeudi, une majorité des habitants des quartiers rebelles d’Alep sont favorables à un gel des combats proposé par M. de Mistura, mais doutent de son application.

Jeudi, l’armée syrienne a encore bombardé des localités rebelles sur le plateau du Golan, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, une ONG.

En quatre ans, la guerre civile en Syrie a fait près 220.000 morts, plus d’un million de blessés et près de quatre millions d’exilés, sans qu’une victoire militaire ne soit envisageable, a rappelé M. de Mistura vendredi.

Source : avec Afp, reuters, NY Time, ONU Agency, OSDH, Agence Sana