D’Alger à Paris, tous étaient contre le 4eme mandat d’Abdel Aziz Bouteflika

D’après Larédac’ à 09h30 le 03 Mars 2014

La police a dispersé samedi à Alger une manifestation contre un 4e mandat du président Abdelaziz Bouteflika, candidat à la présidentielle du 17 avril, a constaté un journaliste de l’AFP.

Des dizaines de personnes ont été empêchées par la police de se rassembler devant la faculté centrale d’Alger. Les forces de l’ordre, présentes en nombre, ont procédé à plusieurs arrestations, selon des témoins.

Les manifestants répondaient à un appel lancé sur la toile par un groupe d’opposants à un quatrième mandat du président Bouteflika, regroupant notamment des journalistes et des militants des droits de l’Homme, selon la presse.

Ils scandaient notamment « non au 4e mandat » ou encore « 15 ans barakat (15 ans ça suffit).

M. Bouteflika, bientôt 77 ans, au pouvoir depuis 1999, briguera un 4e mandant malgré des problèmes de santé qui alimentent les doutes sur sa capacité à diriger le pays.

Jeudi, un ancien chef de gouvernement, Mouloud Hamrouche, a appelé à faire tomber le régime du président Bouteflika « dans le calme », avec l’aide de l’armée, estimant qu’il n’était plus en mesure de diriger.

L’ex-président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Saïd Sadi, figure majeure de l’opposition, avait appelé mardi ses compatriotes à se mobiliser pour « discréditer ce scrutin, de sorte à laisser l’actuel président candidat à sa propre succession se concurrencer lui-même« .

« Nous on est en soutien de ce qui se passe à Paris »

Entre 100 et 150 personnes ont manifesté samedi à Paris à proximité de l’ambassade d’Algérie pour protester eux-aussi contre cette annonce qu’ils considèrent comme plus qu’abusive.

Les manifestants brandissaient des drapeaux algériens et des pancartes proclamant « Système dégage » ou bien encore « Ni Bouteflika, ni Toufik, Dissolution de DRS », ce dernier ferait allusion au général Mohammed Médienne qui est aussi appelé Toufik. Cet homme est le tout puissant chef du Département du renseignement et de la sécurité (DRS).

« En Algérie, nos camarades, nos amis, des syndicalistes, des journalistes, des femmes, des hommes, des jeunes, des moins jeunes, ont occupés la rue, ils ont été réprimés, et là, nous on est en soutient de ce qui se passe en Algérie. Pour soutenir, pour dire oui au boycott de ces élections » a déclaré à l’AFP Horria Saihi qui est journaliste algérien à Paris.

La manifestation d’Alger qui a été dispersée samedi a eu un impact psychologique sur certains manifestants de Paris, pour certains d’entre eux il semble difficile de combattre le gouvernement algérien. Selon Lounes Gazou, qui est étudiant, la manifestation de la capitale française avait été « organisée à la base sur Facebook« , ajoutant qu' »après avoir vu ce qui s’est passé à Alger, ce qui s’est passé ailleurs, ils disent est-ce qu’on peut réellement dire non au pouvoir algérien« .

Source : Afp, Rfi, Al Watan, agences de presse algériennes

Photo : REUTERS/Louafi Larbi, Capture d’écran vidéo AFP