Damas permet l’accès à 7 zones assiégées

En près de cinq ans de conflit en Syrie, les sièges sont devenus une arme de guerre redoutable utilisée principalement par le régime mais également par les rebelles et l'état dit « islamique » (EI).

Alors que près d'un demi-million de personnes (486.700 exactement) vivent assiégées en Syrie, dont plus de la moitié par le régime, alors qu'un total de 4,6 millions de personnes vivent dans des zones dites « difficilement accessibles », selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA).

Ces chiffres seraient sous-évalués, estiment deux ONG, Pax des Pays-Bas et the Syria Institute des Etats-Unis. Selon elles, plus d'un million de personnes souffrent d' »un risque accru de décès » à cause du manque de nourriture, d'électricité et d'eau courante, dans 46 localités encerclées.

Localisation des villes assiégées qui recevront des convois d'aide internationale et territoire contrôlés en Syrie

Le gouvernement syrien a approuvé l'accès à sept zones assiégées pour acheminer l'aide humanitaire de l'ONU, qui devrait arriver prochainement, selon l'OCHA, l'Office des Nations Unies pour l'aide humanitaire.

« Nous avons compris que le gouvernement syrien a approuvé l'accès à 7 zones assiégées », a annoncé mardi à l'AFP une porte-parole de l'OCHA, après la visite le même jour à Damas de Staffan de Mistura, émissaire spécial de l'ONU sur la Syrie.

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Ces zones comprennent « Deir ez-Zor, Foah, Kafraya in Idleb, Madaya, Zabadani, Kafr Batna et Madamiyet Elsham », a ajouté la porte-parole.

« Les agences humanitaires et leurs partenaires préparent les convois pour ces zones, afin qu'ils puissent partir dès que possible les prochains jours », a-t-elle ajouté.

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L'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura avait annoncé plus tôt dans la journée l'envoi mercredi d'un convoi vers plusieurs villes assiégées par le régime ou des rebelles.

« Il est clair que c'est le devoir du gouvernement syrien d'atteindre tous les Syriens et de permettre à l'ONU d'apporter une aide humanitaire, après si longtemps », a-t-il dit mardi aux journalistes après une seconde réunion, à Damas,avec le ministre syrien des Affaires Étrangères Walid Mouallem.

100 camions d'aide humanitaire vers les villes assiégées

Une centaine de camions chargés de nourriture et de médicaments partiront mercredi de Damas à destination de plusieurs villes assiégées de Syrie où les populations survivent dans des conditions dramatiques, a indiqué à l'AFP un membre du Croissant rouge syrien.

100 camions d'aide humanitaire vers les villes assiégées
(Photo : AFP)

« Un convoi de 100 camions chargés de nourriture, de farine et de médicaments partira aujourd'hui (mercredi) vers les zones assiégées », a déclaré ce responsable du Croissant rouge, Mouhanad al-Assadi.

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Environ quarante camions se rendront à Mouadamiyat al-Cham, une ville tenue par les rebelles près de Damas et assiégée par le régime du président syrien Bachar al-Assad, selon ce responsable. Quelque trente-cinq camions iront à Madaya et Zabadani, deux villes également proches de Damas et encerclées par le régime.

Vingt poids-lourds d'aide se dirigeront aussi vers Foua et Kafraya, deux localités chiites situées dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest du pays, et assiégées par les rebelles.

Vidéo AFP :

Une clinique mobile sera aussi envoyée à Madaya, une ville où des habitants sont morts de faim et qui a symbolisé les souffrances des populations civiles au cours des cinq ans de conflit en Syrie.

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L'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, en visite à Damas depuis lundi soir, avait annoncé mardi avoir obtenu du gouvernement syrien l'autorisation d'organiser des convois humanitaires vers les villes assiégées.

L'Office des Nations unies pour l'aide humanitaire (OCHA) avait ensuite précisé que sept zones étaient concernées: Deir Ezzor (nord-est), Foua et Kafraya, Madaya, Zabadani, Mouadamiyat al-Cham et Kafar Batna, près de Damas.

Ces convois, même lorsqu'ils ravitaillent des villes encerclées par les rebelles, doivent traverser des territoires contrôlées par le gouvernement.

Des civils en attente de convoi humanitaire le 14 janvier 2016 dans à Madaya en Syrie (AFP)

Rappelant le « devoir » de Damas « de permettre à l'ONU d'apporter une aide humanitaire » aux populations civiles, M. de Mistura avait indiqué que le convoi de mercredi constituerait un « test ».

Des civils en attente de convoi humanitaire le 14 janvier 2016 dans à Madaya en Syrie (AFP)

Le régime de Damas a réagi vivement à ces propos, estimant que le gouvernement ne peut laisser l'envoyé de l'ONU ni quiconque parler de tester le sérieux de la Syrie, selon l'agence de presse officielle Sana.

« Le gouvernement syrien a maintenant besoin de tester la crédibilité de l'émissaire de l'ONU », a indiqué un responsable du ministère des Affaires étrangères cité par Sana.

Plus d'un million de personnes vivent avec « un risque accru de décès » à cause du manque de nourriture, d'électricité et d'eau courante dans 46 localités encerclées, selon un rapport de l'ONU.

Divers sièges :

forces– Par le régime :

Ils se trouvent principalement autour de la capitale Damas. La ville de Madaya a été une des plus touchées et 46 personnes y sont mortes de faim depuis le 1er décembre, selon Médecins sans frontières (MSF). D'autres localités contrôlées par les rebelles sont aussi encerclées dans la province de Damas comme Zabadani, Mouadamiyat al-Cham ou encore Douma, Erbine et Zamalka dans la région de la Ghouta orientale.

Le régime du président syrien Bachar al-Assad est accusé de recourir aux sièges pour forcer les rebelles à déposer les armes.

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– Par les rebelles :

Les insurgés utilisent la tactique du siège contre les localités chiites de Foua et Kafraya dans la province d'Idleb (nord-ouest).

Ils ont tenté de lier le sort de Foua et Kafraya à celui de Zabadani et Madaya, exigeant que toute aide parvenant aux villages fidèles au régime Assad soit également livrée à ces deux villes rebelles.

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– Par l'état dit « islamique » :

Les combattants de l'état dit « islamique » (EI) assiègent depuis janvier 2015 la ville de Deir Ezzor dans l'est de la Syrie où vivent plus de 200.000 personnes. La ville est aux mains du régime syrien mais la plupart de la province est tenue par l'EI.

Le gouvernement syrien a toutefois pu livrer de l'aide aux localités assiégées qu'il contrôle par largage aérien. Une possibilité dont ne disposent pas les rebelles qui n'ont pas d'aviation.

Et ajouter à tout cela, les divers forces étrangères sur le terrains : – la coalition arabo-occidental, la Russie, la Turquie, Le Hezbollah (libanais), L'Iran et tous pour des intérêts aussi convergents que divergents….

Sources: Afp, Reuters, MSF, L'Orient le Jour, Russia Today, Agence Sana…..