Deirat : le village palestinien qui défie les démolitions de maisons par les zionistes

Cette information commence par un terrain vide mais avant une grande maison aux volets bleus s'y trouvait et 17 personnes vivaient dans cette demeure qui n'est à présent qu'un tas de débris. Après quelques heures et le passage de deux bulldozers de l'occupant et il ne reste plus rien. La volonté dominante de l'état sioniste s'exerce sur le village de Deirat où la moitié des maisons on subit le même sort car elles ont été construites sans permis…. Du moins selon les sionistes.

Vue générale du village palestinien de Deirat, le 21 avril 2015

Photo de Hazem Bader/Afp : Vue générale du village palestinien de Deirat, le 21 avril 2015

1 800 âmes habitent ce village établi sur une colline dans le sud de la Cisjordanie occupée, un très grand nombre de ses habitants ont construit leur maison sans ces permis. Le comble c'est que le terrain leur appartient mais pour construire il faut demander l'aimable accord de l'occupant.

Certains font les démarches mais très peu sont élus ! La longue procédure d'obtention en décourage plus d'un ! Cependant cette pratique mafieuse qu'emploi le gouvernement sioniste est examiné à la Cour suprême israélienne.

Car l'état zioniste garde la haute main sur les questions de construction et d'urbanisme dans la zone C, c'est plus de 60% de la Cisjordanie qui échappe au contrôle de l'Autorité palestinienne en vertu des Accords d'Oslo de 1993 (A lire – La Palestine doit prendre des risques pour la paix ?) .

Ce contrôle devait être intérimaire mais perdure faute d'une solution au conflit palestino-israélien.

C'est pourquoi trois organisations ainsi que L'ONG Rabbins pour les droits de l'Homme ont monté un dossier pour réclamer la fin des politiques de logement discriminatoires. Si ce dossier abouti il pourrait faire jurisprudence.

Le déplacement contre son gré de la population ainsi que les destructions arbitraires des maisons sont des pratiques condamnables par le droit international. Ce qui fait qu'en redonnant à qui de droit les attributions de permis et la planification cela pourrait résoudre ces problèmes de manquement au droit international.

« L'aménagement du territoire n'est pas vu comme un droit, mais comme quelque chose que le gouvernement israélien peut accorder ou retirer« , a expliqué à l'AFP Arik Ascherman, président de Rabbins pour les droits de l'Homme.

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Selon l'ONU, 298.000 Palestiniens vivent en zone C, ainsi que 341.000 « colons » zionistes installés dans 135 colonies et une centaine de colonies sauvages. Sur les 360.000 hectares de la zone C, moins de 1% est réservé au développement de la construction pour les Palestiniens, contre 70% pour les colons.

Cela n'a pas toujours été ainsi. En effet, avant le conflit de 1967 et donc à l'occupation de la Cisjordanie, les Palestiniens avaient leurs propres instances en charge de l'aménagement du territoire, par la suite interdites sur ordre militaire israélien en 1971.

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Passé cette date c'est un système à deux vitesses qui a été progressivement mis en place et c'est ce que dénonce Rabbins pour les droits de l'Homme: civil et représentatif pour les colons israéliens et militaire pour les Palestiniens qui ne sont pas consultés.

« Tout cela conduit à un échec de l'aménagement de plus en plus criant et à la destruction de masse de maisons palestiniennes en zone C« , déplore l'urbaniste Ghassan Khamaisseh dans un avis adressé à la Cour suprême.

L'année dernière, l'état zioniste a détruit 601 constructions palestiniennes et déplacé 1.215 personnes, des chiffres records selon l'ONU qui a commencé à tenir des comptes en 2008. Sur la même période, un seul permis de construire a été accordé, selon l'ONG des droits de l'Homme israélienne Bimkom.

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C'est pour cela qu'aujourd'hui, la peur de voir sa maison détruite du jour en lendemain ne lâche pas les occupants du village de Deirat. « Tous les jours, tu vois passer une jeep et tu te dis qu'ils viennent pour démolir ta maison« , a raconté Mohammed al-Oumour, 59 ans, et père de 30 enfants qu'il a eu avec ses quatre femmes.

L'agriculteur de profession a ajouté « c'est une guerre psychologique et financière qui n'a aucune limite« . Sa peur est encore plus grande qu'il a mis toutes ses économies et celles de ses fils dans la défense puis la reconstruction de quatre des maisons de la famille, détruites elles aussi par les autorités israéliennes.

« Ici, quelqu'un qui a plus de 45 ans a forcément eu une maison détruite, parfois deux, trois, quatre fois« , renchérit Mohammed al-Adra, un chauffeur de taxi père de 25 enfants. Et, « tout ça, dit-il, c'est pour nous forcer à partir« .

Est-ce là des pratiques du pays le plus démocratique du monde avec son armée la plus morale du monde ?Définitivement nous n'avons pas la même définition pour ces deux termes ! Le gouvernement israélien, par l'organe du ministère de la Défense chargé de coordonner les activités israéliennes dans les Territoires palestiniens, a reconnu que la délivrance ou non de permis de construire aux Palestiniens relève bien de considérations politiques, donc décidée « au niveau politique« .

« Le plus grand souhait d'israël, c'est de revendiquer la plus grande partie possible de la zone C. Pour ça, ils veulent absolument qu'il y ait le moins de Palestiniens possible« , dénonce le rabbin Ascherman.

Source : avec Afp, Agence Wafa, Haaretz, Jerusalem Post, L'orient le Jour…