Déploiement des soldats de la coalition à Aden

Des militaires « en nombre limité » de la coalition conduite par l’Arabie saoudite ont été vus pour la première fois dimanche dans les rues d’Aden, dans le sud du Yémen, où ils épaulent les combattants qui affrontent les rebelles chiites Houthis, selon des responsables locaux.

Mais à Ryad, le porte-parole saoudien de la coalition, le général de brigade Ahmed Al-Assiri, a nié qu’il s’agisse du début d’une offensive terrestre majeure. « Je peux assurer qu’il n’y a eu aucun débarquement dimanche à Aden« , a-t-il dit.

Jusqu’à présent, l’intervention de la coalition arabe, déclenchée le 26 mars, se limitait à des bombardements aériens, particulièrement intensifs.

Un responsable provincial a affirmé à l’AFP, sous le couvert de l’anonymat, qu’une « force limitée de la coalition est arrivée » dans la grande ville portuaire; un chef de la « Résistance populaire », un collectif de forces combattant les Houthis, a confirmé également la présence d’éléments militaires de la coalition au sol à Aden.

« Une force limitée de la coalition est arrivée à Aden pour nous aider à faire face aux Houthis et aux soldats fidèles à (l’ancien président Ali Abdallah) Saleh« , a-t-il indiqué à l’AFP.

La chaîne de télévision pan-arabe Al-Jazeera a diffusé dans l’après-midi des images d’un groupe de soldats, casqués et armés, en train de marcher dans le quartier de Khor Maksar, près de l’aéroport. Un vidéaste de l’AFP a lui aussi fait état de la présence de ces militaires, visiblement mécontents d’être filmés.

Nous vous en parlions dans l’article suivant : Yémen : 64 morts dans de nouveaux combats et une possible intervention terrestre en vue

Selon un responsable de la « résistance populaire », les soldats fraîchement arrivés sont là pour soutenir les combattants locaux qui encerclent les Houthis retranchés à l’aéroport international d’Aden.

Cette installation stratégique située dans la ville a changé plusieurs fois de mains depuis l’arrivée des rebelles dans Aden le 26 mars, le jour même du début des raids aériens de la coalition arabe au Yémen en soutien au président Abd Rabbo Mansour Hadi, réfugié en Arabie saoudite.

De violents combats ont eu lieu dans la nuit et dimanche non loin de l’aéroport, ont rapporté des habitants.

des soldats de la coalition à Aden 1

Les soldats de la coalition déployés à Aden n’excèdent pas quelques dizaines d’hommes, et sont pour certains d’origine yéménite mais appartiennent aux forces armées de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, selon d’autres sources de la « résistance populaire ».

Un autre responsable a expliqué qu’une trentaine de militaires de la coalition arabe étaient déployés pour « superviser » les opérations anti-rebelles à l’aéroport d’Aden.

Interrogé à la télévision, le général de brigade Assiri a simplement répondu: « Il n’est pas dans l’intérêt de la sécurité des opérations et de ceux qui les mènent de donner des précisions« .

L’Arabie saoudite fait l’objet de critiques croissantes pour la campagne militaire qu’elle mène depuis plus de cinq semaines au Yémen avec huit autres pays arabes, majoritairement sunnites.

L’objectif de l’opération est d’y rétablir le gouvernement légitime et de faire reculer les Houthis, soutenus par l’Iran chiite, qui ont conquis de vastes territoires, dont la capitale Sanaa, depuis septembre 2014.

Mais le nombre de victimes civiles ne cesse d’augmenter – plus de 1.200 personnes sont mortes depuis la mi-mars, selon l’ONU – et la situation humanitaire est régulièrement qualifiée de catastrophique.

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Dimanche, l’organisation Human Rights Watch a affirmé que la coalition menée par l’Arabie saoudite avait utilisé des munitions à fragmentation fournies par les Etats-Unis lors de raids aériens contre des rebelles chiites au Yémen, ce qui est interdit par un traité international.

Des photos, une vidéo et d’autres éléments crédibles depuis la mi-avril tendent à indiquer que des munitions en grappe (arme à sous munitions) ont été utilisées ces dernières semaines dans des frappes de la coalition sur le gouvernorat de Saada, bastion des rebelles Houthis dans le nord du Yémen, a écrit HRW.

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L’organisation de défense des droits de l’Homme, basée à New York, assure avoir établi, à travers une analyse d’images satellitaires, que ces sous-munitions semblent avoir atterri sur un plateau cultivé, à 600 mètres de zones habitées.

Les sous-munitions, qui explosent après coup, posent des dangers à long terme pour les civils et sont interdites par un traité adopté en 2008 par 116 pays, mais pas par l’Arabie saoudite, les Etats-Unis et le Yémen.

Source : avec Afp, Reuters, Agence Saba, Al-Tagreer, L’Orient le Jour, Al-Jazeera, Agence Irna (agence de presse iranienne)…