Des alliés des rebelles yémenites acceptent la trêve proposée par Ryad

Photo de Khaled Abdulah : Reuters : Des partisans des rebelles houthists pendant une manifestation à Sanaa contre l’opération militaire menée par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, le vendredi 8 mai

Des militaires yéménites alliés aux rebelles Houthis ont annoncé dimanche qu’ils acceptaient le cessez-le-feu humanitaire proposé par l’Arabie saoudite qui mène, à la tête d’une coalition arabe, une campagne aérienne au Yémen en soutien au président en exil.

« Après la médiation de pays amis visant à établir une trêve humanitaire qui mettrait fin au blocus tyrannique et permettrait l’arrivée de navires de commerce dans les ports yéménites et l’entrée d’aide humanitaire dans le pays, nous annonçons que nous acceptons la trêve humanitaire« , a déclaré le colonel Sharaf Luqman. Le colonel, porte-parole des militaires déserteurs qui ont aidé les rebelles à s’emparer d’une bonne partie du pays, était cité par l’agence de presse Saba, contrôlée par les Houthis.

A lire : Ryad repousse une attaque à sa frontière, l’ONU craint un arrêt de l’aide humanitaire

Les rebelles chiites, soutenus par l’Iran, n’ont pas encore répondu à l’offre d’une trêve prenant effet mardi pour cinq jours, émanant du ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir.

Des militaires restés fidèles à l’ex-président Ali Abdallah Saleh après qu’il a été chassé du pouvoir en 2012, ont joué un rôle majeur dans la conquête depuis septembre 2014 de vastes pans du Yémen par les rebelles chiites Houthis, venus du nord du pays.

Ces militaires ont accepté l’offre saoudienne d’une suspension temporaire des raids aériens quotidiens depuis plus de six semaines, quelques heures après qu’un de ces raids a touché la résidence de M. Saleh dans la capitale Sanaa.

L’ancien président, à la tête du Yémen pendant plus de trois décennies avant d’être chassé du pouvoir par un soulèvement populaire, ne semble pas avoir été chez lui au moment où sa résidence a été bombardée.

Son parti, le Congrès populaire général (CPG), a également salué l’offre de trêve dans un communiqué publié tard samedi, exprimant l’espoir que cela réduirait « l’impact de l’offensive (de la coalition arabe, NDLR) qui a fait subir à la population yéménite des souffrances sans précédent et un blocus inédit.« 

Lire aussi : L’Arabie a les yeux rivés sur « la ligne rouge » et l’aide humanitaire arrive enfin à Sannaa

le village de Faj Attan, au Yémen, le 7 mai, après les bombardements de la coalition

Bombardements contre le bastion des rebelles

Tout en parlant de trêve, quelques heures après son annonce, la coalition a bombardé samedi le bastion des rebelles chiites dans le nord du Yémen et l’aéroport de Sanaa.

Photo Reuters : Le village de Faj Attan, au Yémen, le 7 mai, après les bombardements de la coalition

A Saada, quelque 800 personnes ont fui le fief des insurgés avant l’expiration vendredi soir d’un délai accordé par les forces de la coalition aux civils pour quitter la ville, selon des témoins. Des agences humanitaires ont prévenu que de nombreux civils n’auraient pas le temps de fuir Saada à temps et exhorté la coalition à temporiser avant de considérer la province entière comme cible militaire.

A lire : John « Jim Phelps » Kerry dans : Mission Impossible à Ryad

La coalition a cependant bombardé toute la nuit la ville située à une cinquantaine de kilomètres de la frontière de l’Arabie saoudite, selon les témoins qui ont affirmé que le village de Marran, d’où est originaire le chef des rebelles avait également été visé. La coalition a confirmé samedi avoir ciblé les maisons de plusieurs chefs houthistes, ainsi que des dépôts d’armes. Les raids à Saada sont une réponse à un pilonnage rebelle de la région frontalière saoudienne qui a tué dix civils cette semaine.

Source : avec Afp, Reuters, Agence Saba, Agence Onu, Agence Spa, L’Orient le Jour……