Des pourparlers indirects prévus pour mi-septembre entre le Hamas et l’entité sioniste

D’après Larédac’ à 16h21 le 11 Septembre 2014

Le numéro deux du Hamas en exil a annoncé mercredi que les pourparlers indirects avec l’état zioniste pour consolider la trêve à Gaza devaient reprendre mi-septembre sous l’égide des Egyptiens, qui ont récemment envoyé une délégation en Cisjordanie occupée.

Moussa Abou Marzouq, le numéro deux du Hamas en exil qui participe à ces négociations au sein d’une délégation regroupant l’ensemble des mouvements palestiniens, a affirmé devant des journalistes qu’il était « prévu que les pourparlers reprennent la mi-septembre ».

En concluant le 26 août un accord de cessez-le-feu après 50 jours de conflit qui ont fait plus de 2.140 morts et 11.000 blessés parmi les Gazaouis et 74 côté israélien, Les palestiniens et les forces occupantes s’étaient donnés un mois pour reprendre les discussions sur les sujets les plus épineux concernant l’enclave palestinienne sous blocus depuis 2006.

Ils avaient convenu de cesser les hostilités mais avaient reporté les discussions sur des sujets aussi sensibles que la démilitarisation de Gaza, la réouverture de l’aéroport du territoire ou la libération de dizaines de prisonniers politiques requises par les Palestiniens.

« Les Egyptiens doivent encore nous donner la date exacte » de la reprise des négociations, a ajouté Abou Marzouq, alors que ces discussions indirectes se font par l’intermédiaire des renseignements égyptiens qui font la navette entre les deux délégations.

Interrogé par l’AFP, un haut responsable égyptien a indiqué qu’aucune date n’avait été fixée dans l’immédiat mais qu’une délégation des services de sécurité s’était rendue la semaine passée à Ramallah, où siège l’Autorité palestinienne.

M. Abou Marzouq a encore affirmé que les Palestiniens étaient « déterminés à reprendre les discussions » et attendaient « que les Israéliens le soient également ».

Côté israélien, les responsables observent un silence total sur la date et la reprise des négociations. Mais le ministre de la Défense Moshé Yaalon a déjà prévenu qu’il n’y aurait ni port ni aéroport à Gaza, laissant entendre que les négociations se cantonneraient à examiner les moyens de faciliter l’entrée de l’aide humanitaire et matériaux de constructions sous strict contrôle, l’entité sioniste redoutant qu’ils ne soient utilisés pour creuser des tunnels ou produire des roquettes.

La question de la levée des restrictions sur les matériaux de construction est au coeur des débats après le conflit dévastateur, le troisième en six ans à Gaza. Après les dégâts, qualifiés par l’ONU de « sans précédent« , la reconstruction coûtera six milliards d’euros, selon les Palestiniens.

L’Egypte accueillera le 12 octobre une conférence des donateurs, une rencontre entre acteurs internationaux souhaitant participer à la reconstruction de Gaza .

L’UE met en garde contre une nouvelle escalade

L’UE a mis en garde mercredi contre le risque d’une reprise rapide des hostilités à Gaza et affirmé la nécessité d’entreprendre la reconstruction à laquelle elle ne compte cependant pas participer à fonds perdus.

Alors que tout ou presque est à reconstruire dans l’enclave palestinienne dévastée par 50 jours de guerre (8 juillet-26 août), deux hauts diplomates ont souligné que l’UE conditionne sa participation à la reconstruction à certaines exigences que Palestiniens et Israéliens devront remplir, notamment les contours d’un cessez-le-feu durable et un retour de l’Autorité palestinienne, évincée, dans la bande de Gaza.

De retour de la bande de Gaza, John Gatt-Rutter, représentant de l’UE auprès des Territoires palestiniens, a déclaré avoir constaté chez les Gazaouis, « un grand sentiment de peur que les violences pourraient bien rapidement éclater à nouveau« .

Lars Faaborg-Andersen, ambassadeur de l’UE auprès d’israël, a lui fait état d’un « potentiel considérable » de reprise des violences, peut-être dans quelques mois.

Lors d’une conférence de presse à Jérusalem, les diplomates ont affirmé « avec un sentiment d’urgence » la nécessité que soit levé le blocus imposé par Israël à Gaza pour que la reconstruction puisse commencer.

Pour cela, selon M. Faaborg-Andersen, Israéliens et Palestiniens doivent entamer « le plus vite possible » les négociations en vue d’un cessez-le-feu durable.

Selon lui, les Egyptiens pourraient inviter très prochainement Israéliens et Palestiniens à revenir au Caire. L’Egypte a joué les intermédiaires tout au long du conflit et c’est sous ses auspices que les deux parties ont accepté le cessez-le-feu en vigueur depuis le 26 août. 

Le numéro deux du Hamas en exil, Moussa Abou Marzouq, a pour sa part annoncé mardi que les pourparlers indirects avec Israël pour consolider la trêve à Gaza devaient reprendre mi-septembre. Mais un retour des Israéliens au Caire paraît incertain.

L’UE fait des progrès qui seraient obtenus au Caire une exigence avant une conférence internationale des donateurs prévue le 12 octobre pour la reconstruction de Gaza, ont déclaré les deux diplomates.

« Un certain nombre de conditions doivent être remplies avant que nous commencions (…) à identifier le genre de fonds pouvant avoir un véritable impact sur la reconstruction« , selon M. Gatt-Rutter. Des pays donateurs ayant déjà payé pour la reconstruction à Gaza, théâtre de trois guerres en six ans, redoutent de verser de l’argent dans un puits sans fond, a-t-il déclaré en substance.

Le Fatah du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a été évincé de la bande de Gaza en 2007 après un coup de force du Hamas. Fatah et Hamas se sont réconciliés au printemps et ont combattu côte-à-côte contre Israël cet été. Mais depuis la fin de la guerre ils sont à nouveau à couteaux tirés.

Source : avec Afp, Reuters, Haaretz, Al Watan (Egypte), Agence Wafa, L’Orient le Jour