Deux Palestiniens tués lors d’affrontements après le décès du petit Ali Dawabshe

On le disait un peu plutôt, la mort d’Ali Saad Dawabshe, ce bébé de 18 mois, mort un incendie criminel par des colons zionistes, a déclenché et ce tout naturellement des manifestations et des affrontements en Cisjordanie et à Gaza, hier vendredi. Lors de ces affrontements deux nouvelles victimes sont à déplorer, deux jeunes Palestiniens ont été tués.

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Laith Khaldi, 14 ans, du camp de réfugiés de Jalazon, a été atteint à la poitrine lors de ces affrontements qui ont éclaté près du point de contrôle d’Atara vendredi soir. Il est mort des suites de ses blessures à l’hôpital plusieurs heures après, selon des sources sécuritaires et médicales palestiniennes.

Une porte-parole de l’armée d'occupation zioniste a de son côté déclaré à l’AFP, – une excuse et justification habituelle et plus qu'obscène – qu’ »un suspect Palestinien avait lancé un cocktail Molotov en direction d’un poste militaire à Bir Zeit. Les soldats ont riposté en tirant sur l’assaillant« .

Deux Palestiniens tués lors d’affrontements

« Impunité des colons israéliens » !

Plutôt dans la journée de vendredi, un troisième Palestinien, de 17 ans cette fois, a été tué et un autre blessé par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, après qu’ils se sont approchés de la frontière avec l'état zioniste.

Dans le village de Douma, situé au nord-est de Ramallah, jamais les villageois n’auraient imaginé qu'un drame comme celui qu'a vécu la famille Dawabshe.

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Ce petit village palestinien compte 2 500 âmes, c'est dans ce petit univers que vivaient Riham, la mère, Saad, le père, et leurs deux enfants, Ahmad et Ali. L’aîné était né peu de temps après l’installation du couple dans cette maison légèrement excentrée.

« C’est normal ici, quand un couple se marie, il construit sa maison, donc le village s’agrandit« , explique Anwar Dawabshe, un cousin éloigné de Saad le visage marqué par les dernières 24 heures.

La faute à cette trop courte nuit dont il se souviendra toute sa vie.

Anwar Dawabsha a raconté ce qui s'était passé avec patience et souci du détail, une performance qui on se doute à dû être des plus douloureuse : « Je venais juste de m’endormir lorsque j’ai entendu du bruit. Je me suis levé quand j’ai compris que c’était la voisine qui criait« . Ses cris les font alors sortir de chez lui. C'est ainsi qu'il découvre une première maison en flamme… C'est celle de Maamoun Rashid.

Cependant , il est rapidement mis au courant par le frère de Maamoun que la maison est vide. Il comprend alors avec horreur que ces cris proviennent de la maison de sa famille. Anwar Dawabshe réalise alors que les cris proviennent de la maison voisine, celle de Saad Dawabshe. C'est à ce moment qu'il voit Saad Dawabshe s'extirper de la fournaise le visage et une partie de son corps est déjà brûlé, il est suivi par Riham qui finie par s’écrouler sur le sol.

Bébé palestinien brûlé vif
AFP PHOTO / THOMAS COEX

« Ils nous ont expliqué d’un filet de voix que leurs deux enfants étaient à l’intérieur. Mais les flammes montaient jusqu’à 10 mètres, c’était impossible d’entrer« .

Un voisin pénétre dans la maison, ce héros réussira à sauver le petit Ahmad, 4 ans. On connaît maintenant le sort du petit Ali, impossible à atteindre à cause de la violence de l’incendie, il périra brûlé vif….

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« Perdre la maison qu’on a passé sa vie à construire, c’est triste, mais on peut toujours la reconstruire.

« Les morts, eux, ne peuvent pas renaître. »

Amin Rashid, à peine 30 ans, est assis sur un petit muret devant la maison de son frère Maamoun. Le rez-de-chaussée de la demeure est carbonisé. Les vitres ont explosé sous la chaleur. À haute voix, il s’interroge sur une question que tout le monde aujourd'hui se pose « que voulaient ceux qui sont venus nous attaquer ?« .

Selon les descriptions des sources, le petit village de Douma ne semble pas riche, les rues sont parsemées de nids-de-poule que les voitures doivent éviter constamment, de modestes maisons et une mosquée en plein milieu du village, rien qui laisse supposer un attrait pour une attaque ou peut-être justement le fait qu'il en soit ainsi. « Perdre la maison qu’on a passé sa vie à construire, c’est triste, mais on peut toujours la reconstruire« , confie le jeune homme. « Les morts, eux, ne peuvent pas renaître« , ajoute-t-il.

Incursions et agressions de colons zionistes

A Douma, il ne restait plus de la maison Dawabcheh
A Douma, il ne restait plus de la maison Dawabcheh que les murs en béton, tandis que l'intérieur n'était qu'un vaste tas de débris carbonisés. (Photo de Jaafar ASHTIYEH / AFP)

Pour lui, l’implication des colons zionistes est une évidence. Des témoins racontent avoir vu quatre hommes s’enfuir vers la colonie voisine de Maale Efraim. La police israélienne confirme que la piste d’extrémistes zionistes est privilégiée. Des graffitis sont toujours visibles à l’extérieur de la bâtisse. Sur un mur, on découvre une étoile de David soulignée d’une inscription en hébreux : « Vengeance ».

D’autres tags identiques ont été laissés un peu plus loin. C’est la signature du groupe « Le prix à payer », des colons zionistes – par définition des extrémistes enragés – qui dégradent mosquées et bâtiments palestiniens dès qu’ils le peuvent en Cisjordanie et à Jérusalem.

Cette dernière attaque est un « choc immense » pour Dina Hashash, une travailleuse humanitaire Palestinienne qui répertorie les violences des colons dans la région de Naplouse. Mais elle n’est pas surprise : « Depuis qu’un colon zioniste a été tué par un Palestinien à la sortie de la colonie Chvout Rachel [le 29 juin dernier], les colons se faisaient de plus en plus menaçants« .

Elle confirme l’information donnée par les habitants qu’une première tentative d’incursion de colons avait été repoussée il y a quelques semaines à l’extérieur du village.

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Tout le monde pensait que cette histoire, avec laquelle Douma n’a rien à voir, s’arrêterait là.

Depuis 2014, 11 000 incidents impliquant des colons ont été documentés, assurent les autorités palestiniennes. Mais les colons bénéficient d’une quasi-impunité.

Selon l’ONG israélienne Yesh Din, 85 % des plaintes de Palestiniens à propos de violences de colons sont classées sans suite par la « justice » de l'état zioniste.

Ce qui n’a pas empêché l’armée israélienne de lancer cette fois-ci une immense opération de recherche avec plusieurs milliers de soldats quadrillant la partie nord de la Cisjordanie.

La route qui mène au village a été interdite aux voitures des colons. Mais ce déploiement est aussi, ou surtout, un moyen pour tenter de prévenir d’éventuelles représailles palestiniennes et de contenir la populations dans un secteur sous contrôle.

Lors des funérailles du petit Ali Dawabshe, plusieurs participants ont crié « vengeance« .

Ce vendredi 31 juillet, très peu de temps après l’attaque de Douma, les points de contrôle de l’armée d'occupation zioniste en Cisjordanie ont été renforcés.

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Des barrages temporaires ont été mis en place sur plusieurs axes, dont des routes fréquentées uniquement par les Palestiniens. Tout est fait pour empêcher un embrasement général redouté par les autorités zionistes.

Sources : Reuters, Afp, Haaretz, Agence wafa, Palestine newsnetwork, l'orien le Jour…