Égypte : Al-Sissi annonce sa candidature à un journal Koweitien, le gouvernement assure que les propos ont « mal été interprétés »

D’après Larédac’ à 19h16 le 06 Janvier 2014

Des partisans du maréchal Sissi lors d’un rassemblement en faveur de sa candidature à la présidentielle, au Caire le 20 janvier. (Photo Mohamed Abd El Ghany. Reuters)

Le maréchal Abdel Fattah al Sissi a décidé de se porter candidat à la présidence de la République égyptienne et l’annonce dans une interview que publie jeudi un journal koweïtien.

Le chef d’état-major des forces armées et ministre de la Défense explique n’avoir « pas d’autre choix » que celui de répondre à l’appel du peuple égyptien en se portant à présent candidat à la magistrature suprême.

« Je ne rejetterai pas cet appel« , ajoute dans les colonnes du quotidien Al Seyassah celui qui a déposé en juillet dernier Mohamed Morsi – premier président civil élu librement de l’histoire de l’Egypte.

L’officialisation de sa candidature était attendue depuis longtemps.

L’adoption mi-janvier de la nouvelle Constitution par référendum suivie quelques jours plus tard par le feu vert du Conseil suprême des forces armées (CSFA) l’en avaient rapprochée.

L’élection présidentielle, qui se tiendra avant les législatives, contrairement à ce que prévoyait la feuille de route présentée après le renversement de Morsi, devrait avoir lieu d’ici au mois de juin.

« Je soumettrai cela au peuple égyptien pour renouveler la confiance par le biais d’élections libres« , poursuit le maréchal Sissi.

Sa candidature, très attendue, devrait accentuer les tensions en Egypte où les partisans de Mohamed Morsi, issu de la confrérie des Frères musulmans, dénoncent son éviction et la répression qui a suivi.

Un millier de membres de la confrérie ont été tués et ses principaux dirigeants, dont Morsi, incarcérés. Le mouvement lui-même a été officiellement déclaré organisation terroriste par les autorités provisoires mises en place avec l’appui de l’armée.

Pour une partie de la population égyptienne, Abdel Fattah al Sissi, objet d’un véritable culte de la personnalité, est l’homme fort dont le pays a besoin pour sortir de la crise politique et économique et relever les défis sécuritaires, notamment dans le Sinaï où une insurrection islamiste a fait des centaines de morts parmi les forces de sécurité.

Sa candidature devrait donc aboutir, trois ans après la « révolution du Nil » au rétablissement au pouvoir de l’armée, qui a dirigé l’Egypte sans discontinuer du renversement de la monarchie en 1952-1953 à la chute d’Hosni Moubarak, en février 2011.

Des diplomates occidentaux confient toutefois que Sissi, qui est âgé de 59 ans, a longtemps résisté à l’idée d’une candidature, redoutant que la tâche soit trop lourde à assumer. 

Du reste, Sissi prévient dans les colonnes du quotidien koweïtien : « Nous ne jouerons pas avec les rêves du peuple pas plus que nous ne leur dirons que nous avons une baguette magique. Je leur dirai de joindre leurs mains et d’oeuvrer ensemble pour construire ce pays de 90 millions d’habitants.« 

« J’imagine qu’au fond de lui, il se dit qu’une fois qu’il n’aura plus l’uniforme, il deviendra plus vulnérable. Il y a toujours le risque d’une autre prise du pouvoir« , commentait l’un d’eux.

Aujourd’hui, au Caire, le gouvernement assure que ses propos ont été mal interprétés, l’armée égyptienne a affirmé jeudi que le journal koweïtien avait «mal interprété» les propos du maréchal Abdel Fattah al-Sissi sur sa décision de se présenter à la présidentielle, assurant qu’il réserverait l’annonce de sa candidature au «peuple égyptien».

Source : Afp, Al Seyassah…