Égypte : Al-Sissi recommande le vélo pour aider l’État

D’après Larédac’ à 18h33 le 16 Juin 2014

Pour aider l’Etat, Sissi demande à la population de pédaler

Vêtu d’une combinaison de cycliste, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a appelé vendredi dernier ses compatriotes à faire davantage de vélo et de marche à pied pour aider le gouvernement à réduire la facture astronomique des subventions sur l’essence.

L’Egypte dépense chaque année des dizaines de milliards de dollars pour maintenir l’essence, mais aussi d’autres produits de première nécessité comme la farine, le sucre ou l’huile, à des prix accessibles pour la population. 

Lors de l’année budgétaire qui s’est achevée le 30 juin, le gouvernement a consacré 170 milliards de livres égyptiennes (23,7 milliards de dollars américains), soit un cinquième de son budget, aux subventions énergétiques. Il voudrait réduire cette somme à 104 milliards de livres dans l’exercice en cours.

L’Egypte, dont l’économie est soutenue à bout de bras par l’Arabie saoudite et le Koweït depuis qu’Abdel Fattah al-Sissi a renversé le président islamiste Mohamed Morsi l’été dernier, cherche désespérément un moyen de réduire ses dépenses pour compenser l’effondrement de ses sources de revenus, tourisme en tête.

L’appel lancé par le président égyptien semble à première vue irréaliste dans un des pays au taux de mortalité routière les plus élevés au monde, au trafic chaotique, notamment au Caire, et à la pollution atmosphérique de nature à décourager les cyclistes les plus endurcis.

Dans un discours retransmis à la télévision d’Etat, Abdel Fattah al-Sissi a néanmoins expliqué que chaque effort, même infime, est le bienvenu. « Si vous utilisez votre voiture, vous dépensez environ 4 livres pour parcourir 20 ou 25 km et l’Egypte débourse 8 livres pour ces mêmes 20 km », a-t-il dit. « Si 3.000 personnes faisaient cela (du vélo) avec moi, quelle somme cela représenterait-il chaque jour? »

Les prix artificiellement bas de l’électricité, de l’essence et du butane n’encouragent pas les Égyptiens à faire attention à leur consommation, malgré les coupures d’électricité et pénuries de gaz de plus en plus fréquentes.

Récupérer les business des Frères musulmans pour grossir les caisses de l’État ?

Les autorités égyptiennes ont saisi, hier dimanche, les magasins de deux chaînes de supermarchés appartenant à des dirigeants des Frères musulmans dans le cadre de la répression menée contre l’organisation désormais interdite, a-t-on appris de sources judiciaires et sécuritaires.

Les forces de sécurité ont investi les magasins sur ordre d’une commission chargée d’identifier les biens de la confrérie, que le nouveau pouvoir accuse d’avoir pris les armes après le renversement du président Mohamed Morsi par l’armée l’été dernier.

Il s’agit des supermarchés Zad, propriété de Khaïrat al Chater, et de la chaîne Seoudi, appartenant à Abdelrahman el Seoudi.

« Nous avons reçu l’ordre de la commission de saisir ces chaînes et nous l’avons fait« , a dit une source sécuritaire. 

« Nous sommes en train de saisir les fonds, les équipements et les biens parce qu’ils appartiennent à des dirigeants des Frères musulmans dont les biens ont été confisqués.« 

La plupart des dirigeants de la confrérie, dont Khaïrat al Chater, le guide suprême Mohamed Badie et le président déchu Mohamed Morsi sont en prison.

La confiscation de leurs biens a été ordonnée en septembre dernier par la justice égyptienne.

Sissi mis au défi de stopper les violences sexuelles…

Diffusés sur internet, une La vidéo d’une étudiante agressée sexuellement par un groupe d’hommes pendant les célébrations d’investiture du président Sissi a mis en lumière le problème endémique des violences faites aux femmes en Egypte…

Ces images, qui semblent avoir été filmées avec un téléphone portable, montrent une jeune femme nue portant des traces de sang et des ecchymoses, escortée par des policiers et une ambulance, alors que des dizaines d’hommes continuent à se masser autour d’elle. La scène se déroule au milieu d’une foule réunie place Tahrir au Caire pour fêter l’investiture du nouveau président égyptien, Abdel Fatah al-Sissi.

– les militants dénonçant l’insuffisance des mesures prises par les autorités.

Appelant à manifester samedi pour dénoncer le fléau des violences sexuelles dans le pays, tandis que le quotidien pro-gouvernemental Al-Watan réclamait en une mardi l’exécution des agresseurs de la jeune femme.

« Les agressions sexuelles et les viols par des groupes d’hommes sont désormais monnaie courante. Jusqu’où vont aller les choses ? Il s’agit de terrorisme sexuel« , dénonce Zeinab Sabet, militante au sein du groupe « dignité sans frontières », qui se bat contre les violences sexuelles. « Cela se produit depuis 2012 (…) Le fait qu’une telle agression ait eu lieu à nouveau (dimanche) montre que les autorités ne se soucient même pas de nous« , souligne-t-elle.

L’ONG Human Rights Watch a affirmé dans un rapport publié mardi que les femmes égyptiennes faisaient face à des « niveaux endémiques » de violences, déplorant le peu d’actions entreprises par les autorités pour traduire les agresseurs en justice.

Les militants doutent que le nouveau pouvoir, qui a pourtant tendu la main à l’électorat féminin durant la campagne, soit à même d’endiguer ces violences. « Pendant sa campagne, les discours de M. Sissi sur les questions concernant les femmes étaient grotesques et vagues« , affirme Fathi Farid, du groupe « I saw Harassment » (J’ai vu du harcèlement). « Il n’a pas évoqué de questions controversées (…) et n’a pas abordé l’émancipation politique, économique et sociale des femmes« .

Source : Afp, Reuters, Associated Press, L’orient le Jour, Al Watan, The New York Times, Nil Tv, Ahram