Égypte : La vision de la justice démocratique d’Al-Sissi

D’après Larédac’ à 08h30 le 20 Juin 2014

le chef des Frères musulmans une nouvelle fois condamné à mort

Mohammed Badie, Guide suprême de la confrérie interdite des Frères musulmans, a été condamné à mort jeudi dans une nouvelle affaire liée à des violences ayant fait 10 morts en juillet 2013 au Caire. Treize personnes ont été condamnées avec lui à la même peine – des sympathisants ou dirigeants de la confrérie du président Mohamed Morsi destitué en juillet 2013 par l’ex-chef de l’armée récemment élu chef de l’État. Mohammed Badie a déjà été condamné à la peine capitale dans un autre procès. 

Conformément à la loi égyptienne, les peines capitales seront soumises à l’avis purement consultatif du mufti, le représentant de l’islam auprès des autorités, avant d’être confirmées ou renversées lors d’un verdict final attendu le 3 août. Parmi les co-accusés de Mohammed Badie figurent notamment Mohamed el-Beltagi et Essam el-Erian, deux hauts dirigeants de la confrérie, ainsi que le célèbre prédicateur pro-Morsi Safwat Hegazy.

Depuis juillet 2013, des centaines de partisans présumés du président destitué ont été condamnés à mort à l’issue de procès expéditifs de masse dénoncés par la communauté internationale. En outre, policiers et soldats ont tué plus de 1 400 manifestants pro-Morsi et arrêtés plus de 15 000 personnes. En représailles, des insurgés djihadistes mènent des attentats qui ont fait quelque 500 morts dans les rangs des forces de l’ordre. Ces groupes n’ont pas de lien connu avec les Frères musulmans, auxquels les autorités imputent pourtant les violences. Elles ont ainsi interdit le mouvement islamiste vieux de plus de 85 ans et fort de centaines de milliers de membres en Égypte.

Mohammed Badie a été condamné fin avril avec quelque 700 autres islamistes présumés à la peine de mort pour incitation au meurtre par un tribunal de la province centrale de Minya, un jugement qui doit encore être confirmé le 21 juin. Au total, le leader des Frères musulmans est cité dans une quarantaine d’affaires et encourt la peine capitale dans de nombreux autres procès, à l’instar de Mohamed Morsi lui même.

mercredi 12 pro-Morsi condamnés à mort pour meurtre ou « tentative »

Douze partisans de l’ex-président Mohamed Morsi ont été condamnés à mort mercredi en Egypte pour le meurtre d’un général de police ou des violences lors d’un raid des forces de sécurité dans un fief islamiste au Caire en 2013.

Vingt-trois personnes —dont 11 sont en fuite— étaient jugées au Caire notamment pour « appartenance à une organisation jihadiste » et pour avoir participé à une riposte contre des commandos de policiers et militaires ayant investi un quartier de la capitale le 19 septembre 2013, dans le cadre de la sanglante répression visant les partisans de M. Morsi. Un général de la police avait été tué par balle.

Huit des condamnés à mort, dont celui qui était accusé du meurtre du général, sont détenus et quatre en fuite. Les 12 étaient également poursuivis pour « tentative de meurtre » sur les membres des forces de sécurité, selon un journaliste de l’AFP présent au tribunal qui les jugeait. Le verdict doit être confirmé ou infirmé le 6 août après l’avis du mufti d’Egypte, qui n’est pas contraignant.

Ces nouvelles peines capitale —des centaines ont déjà été prononcées contre des dits islamistes— surviennent 10 jours après qu’Abdel Fattah al-Sissi, l’ex-chef de l’armée qui avait destitué et fait emprisonner M. Morsi le 3 juillet 2013, eut prêté son serment de président. Il a été élu fin mai avec 96,9% des voix mais après avoir éliminé toute opposition de la scène politique, « islamiste » ou laïque et libérale.

 Source : Afp, Reuters, Associated Press, L’orient le Jour, Al Watan, The  New York Times,  Nil Tv, Ahram…..