Égypte : Les frères musulmans tentent une contre-attaque judiciaire

D’après Larédac’ à 12h39 le 07 Janvier 2014

Des policiers en civil arrêtent une femme soutenant le président déchu Mohammed Morsi, affilié aux Frères musulmans, pendant des heurts au Caire, le 3 janier dernier.

Hier, lundi 06 janvier, les avocats de la partie politique des Frères musulmans, le parti Liberté et Justice (PLJ), ont fait une annonce à Londres. Les avocats déclarent avoir déposé une plainte auprès de la Cour pénale internationale (la CPI) dans l’espoir d’obtenir l’ouverture d’une enquête sur les présumés crimes contre l’humanité commis en Égypte.

En effet, depuis la destitution de l’ex Président Mohammed Morsi en juillet 2013, la répression incessante de la police mais surtout de l’armée contre la confrérie des Frères musulmans, qui pour rappel a été depuis peu déclaré « organisation terroriste« , a engendré plus d’une centaine de morts et d’arrestations arbitraires.

Les forces de l’ordre iraient jusqu’à arrêter les blessés sur leur lit d’hôpital ainsi que dans les salles d’opération, selon le Dr Aïda Sayf Al-Dawla, psychiatre et activiste des droits de l’Homme au centre « Al-Nadeem » (http://youtu.be/Ywsi-RBNfa4). 

L’AFP rapporte que les avocats ont indiqué avoir soumis une déclaration au nom du Président déchu, dans laquelle il dit accepter la juridiction internationale. Le hic c’est que l’Égypte n’a pas ratifié le Statut de Rome qui comprend la CPI. Mais ce qui rend difficile voire impossible l’aboutissement de cette plainte, est le fait que Mohammed Morsi n’est plus au pouvoir. L’espoir reste dans les États étrangers qui reconnaissent la CPI et qui demanderaient à ouvrir une enquête.

Pour arriver à cela les avocats de la confrérie estiment que leur plainte est recevable car l’administration de Mr Morsi continue d’être le gouvernement légal de l’Égypte.

Par ailleurs les avocats ont aussi déposé, le 20 décembre dernier, une « communication » (terme de la CPI) détaillant les preuves de crimes commis par les forces de sécurité égyptiennes et cela depuis juillet 2013. Dans ce détail ont peu cité des cas de torture, des meurtres, des emprisonnements illégaux ainsi que des disparitions forcées.

Selon ces mêmes avocats, des personnes gradées dans l’armée égyptienne auraient été citées dans cette « communication » mais ils ont refusé de dévoiler leurs noms publiquement.

Source : AFP, Reuters, SaphirNews