Égypte : Massacre des pro-Morsi et les Émirats Arabes Unis soutient le Caire

D’après Hamzatou à 11h42 le 14 Août 2013

                Un partisan pro-Morsi tirant vers les forces de sécurité avec un feu d’artifice hier jeudi 14 août 2013. Crédit photo : AFP.com

Hier l’Égypte a connu une nouvelle escalade de violence, en effet la journée a été marquée par la mort de plus de 460 personnes. Le plus grand nombre de ces victimes auraient été causé dans la dispersion des manifestants pro-Morsi dans la ville du Caire.

L’armée a repris ces bonnes veilles habitudes puisqu’elle a, d’une part mis en place un couvre-feu nocturne dans la moitié du pays, mais aussi d’autre part décrété l’état d’urgence dont la levée avait été un des acquis de la révolte populaire de 2011 et ceci a été déclaré pour  l’instant pendant un mois. Elle aurait aussi annoncé la fermeture du point de passage vers Gaza pour une durée cette fois-ci indéterminée. C’est Israël qui doit être content.

Aucun incident n’a été signalé dans la nuit et le trafic reprenait doucement dans la matinée -bien loin toutefois de l’agitation habituelle de la mégalopole égyptienne- nous rapporte TV5Monde, mais les Frères musulmans, l’influente confrérie dont est issu le président islamiste déchu Mohamed Morsi, ont appelé à maintenir la mobilisation, faisant craindre une nouvelle flambée de violences.

Mais aujourd’hui apparemment, et cela vaut même pour le peuple, la faute de tous ces troubles sont les frères musulmans et que les forces de l’ordre auraient fait un très bon travail et de surcroît légitime ! En effet leurs actions disproportionnées ont été félicité par le gouvernement intermédiaire, installé par les militaires depuis le 3 juillet, qui lui a salué « la très grande retenue » de ces meurtriers qui ont le permis de tuer.

Un journaliste de l’AFP présent sur place signale que le QG des derniers dirigeants des Frères musulmans, qui n’est autre que la mosquée Rabaa, a été en partie brûlé. Le bilan officiel fait état de 464 morts -421 civils et 43 policiers- et de 3.572 blessés dans tout le pays mais le nombre de victimes pourraient être bien plus élevé car sur la seule place Rabaa al-Adawiya, principal point de rassemblement des pro-Morsi au Caire, un journaliste de l’AFP a dénombré 124 cadavres, la plupart portant des impacts de balles. Les Frères musulmans, eux, évoquent 2.200 morts et plus de 10.000 blessés. Dans le pays, où les Egyptiens étaient descendus en masse dans les rues fin juillet pour « donner mandat » à la toute-puissante armée afin d’en finir avec le « terrorisme » en référence aux milliers de manifestants pro-Morsi qui occupaient deux places du Caire depuis un mois et demi, plusieurs figures d’importance se sont toutefois désolidarisées de l’opération meurtrière.

Comme d’habitude le rat qui le navire, ici c’est le vice-président Mohammed ElBaradei, qui est prix Nobel de la paix (de quel genre de paix il s’agit on ne sait pas), qui avait pourtant apporté sa caution au coup de force militaire, a démissionné refusant « d’assumer les conséquences de décisions avec lesquelles il n’était pas d’accord« . Mais plus surprenant c’est l’imam d’Al-Azhar qui est la plus haute autorité de l’islam sunnite en Égypte, qui au début était apparemment d’accord avec l’action s’est retiré disant « condamné les violences » et expliquant « n’avoir pas eu connaissance des méthodes que les forces de l’ordre comptaient employer« . Les médias aussi, qui sont pour la plupart du côté de l’armée ont salué « la fin du cauchemar Frères musulmans ».

En ce qui concerne l’étranger, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan pointe du doigt « l’hypocrisie » de l’Occident face à ce « très grave massacre  » et a appelé le Conseil de Sécurité de l’ONU à se réunir « rapidement » pour évoquer la question de l’Egypte. En France, le président François Hollande a convoqué l’ambassadeur égyptien après avoir hier convoqué l’ONU.

Le bras de fer entre pro-Morsi et l’armée apostate/ laïque ainsi que les anti-Morsi avaient fait déjà plus de 250 morts. Ce chiffre est valable depuis le début fin juin des affrontements aui ont conduit à la destitution du président déchu. Ces morts pour la plupart seraient ce que les médias appellent des islamistes.

Source : TV5Monde, Oumma.com, PresseInternational

     

Les forces de sécurité égyptiennes en train d’investir un camp pro-Morsi ce 14 août 2013 au Caire. Crédit photo : Mahmoud Khaled

Les Émirats arabes unis et le royaume de Bahreïn ont apporté leur soutien à la dispersion par la police et l’armée des manifestants islamistes au Caire, qui s’est soldée par plusieurs dizaines de morts

Dans un communiqué publié dans la nuit, le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis a dit « comprendre les mesures souveraines prises par le gouvernement égyptien après avoir observé un maximum de retenue ces derniers temps« .

Il a regretté « l’insistance des groupes politiques extrémistes à tenir un discours appelant à la violence (…) ce qui a conduit aux évènements déplorables » de mercredi.

Le ministère a appelé à la réconciliation nationale et à un consensus autour de la feuille de route des nouvelles autorités égyptiennes pour assurer une transition démocratique en Egypte.

De son côté, le royaume de Bahreïn a estimé que « les mesures prises en Egypte pour rétablir l’ordre répondent à une demande des citoyens que l’État a le devoir de protéger« .

Il a exhorté, dans un communiqué, les Égyptiens à la réconciliation pour permettre à leur pays de « retrouver son rôle de leader des mondes arabe et musulman« . Oui mais dirigé par des laïques qui décideront eux-même du rôle de ce leader sur le monde Arabe et musulman !

Ces deux pays du Golfe, avec l’Arabie saoudite et le Koweït, avaient bien accueilli la mise à l’écart début juillet par l’armée égyptienne de l’ancien président islamiste Mohamed Morsi.

L’Arabie saoudite, le Koweït et les Émirats ont apporté des aides respectives de cinq, quatre et trois milliards de dollars à l’Égypte après le renversement de M. Morsi. Comment l’Arabie Saoudite peut-elle se réjouir de la mort de toutes ces personnes, enfants, femmes pour la plupart innocents ? Quelle est l’objectif du royaume pour laisser faire ainsi ces actes cruels et en plus le financer ?

En revanche, le Qatar, principal soutien des Frères musulmans, a dénoncé mercredi avec force l’intervention meurtrière des forces de l’ordre contre les partisans de l’ancien président islamiste égyptien.

Source : TV5Monde, PresseInternational, AFP, LeMondeAfrique