Égypte : Morsi de nouveau devant les juges

D’après Larédac’ à 11h56 le 28 Janvier 2014

Un des quatre procès du président Mohamed Morsi destitué par l’armée doit s’ouvrir mardi en Egypte pour son évasion de prison lors de la révolte populaire de 2011 qui renversa Hosni Moubarak.

Le seul président jamais élu démocratiquement dans ce pays encourt la peine capitale – la mort – pour s’être évadé de prison avec, selon l’accusation, la complicité de membres du Hamas palestinien, du Hezbollah libanais et de mouvements dit « jihadistes ». Ce nouveau procès doit s’ouvrir au lendemain de l’appel sans surprise que la toute puissante armée égyptienne a lancé à son chef, le récemment promu « maréchal » Abdel Fattah al-Sissi — nouvel homme (nouveau Moubarak) fort du pays  — à présenter sa candidature à la toute prochaine élection présidentielle. Et ce, trois ans presque jour pour jour après la révolte populaire qui, dans la lignée du Printemps arabe, avait mis fin à 30 années de règne absolu de Hosni Moubarak, ex-général lui même propulsé par l’armée à la tête du pays après l’assassinat d’Anouar el-Sadate. (Rappel du Dr Mansour sur l’Égypte moderne).

Parodie de Procès (une chasse aux sorcières…) :

Mohamed Morsi, qui dénonce des « procès politiques » intentés par le pouvoir « illégitime » des auteurs d’un « coup d’Etat » contre lui, doit comparaître mardi devant un tribunal installé au coeur de l’académie de police du Caire, une enceinte protégée par un imposant dispositif policier et militaire. Il est jugé avec 132 co-accusés, dont 70 membres du Hamas et du Hezbollah par contumace, ainsi que des « jihadistes ». Ils sont accusés de s’être évadés, en pleine révolution contre Moubarak, à la faveur d’attaques de postes de police et de prisons par des membres de ces organisations et des Frères musulmans, l’influente confrérie de Mohamed Morsi – qui a remporté toutes les élections depuis trois ans -.

Lors de ses attaques, des policiers avaient été tués et des milliers de détenus s’étaient échappés. Mohamed Morsi, arrêté le jour de sa destitution, est sous le coup de quatre procès, encourant la peine capitale dans trois d’entre eux.

Et depuis sept mois, le nouveau pouvoir mis en place par le « maréchal » Sissi, vice-Premier ministre, ministre de la Défense et très probable candidat à la présidentielle prévue dans les trois mois, mène une implacable répression contre toute manifestation des pro-Morsi. Selon Amnesty International, quelque 1.400 personnes ont été tuées dans des manifestations depuis le 3 juillet, des manifestants dit « islamistes » pour l’immense majorité, mais n’est-ce pas le peuple musulman d’Égypte ?

Pour certains les récents attentats dont a été victimes l’Égypte seraient des attentats montés de toutes pièces par l’armée apostate, ils ont pour preuve une vidéo de l’attentat du 24 janvier 2014 contre la police au Caire qui avait fait 3 morts et de nombreux blessés. Sur cette vidéo nous pouvons voir deux hommes posés la voiture piégée dans la rue déserte, devant le bâtiment de la police, qui n’est pas gardé et partir tranquillement sans être inquiété.  (lien vers la vidéo ici)

Source : Afp, Reuters, Amnesty International, agences de presse égyptiennes