Erdogan versus the King Bibi

D’après Larédac à 10h30 le 15 Janvier 2015

Le chef des colons, Benyamin Netanyahou, a dénoncé mercredi les « propos honteux » du sulfureux Recep Tayyip Erdogan qui avait critiqué -et ce n’est pas le seul- sa présence à la manifestation historique « contre le terrorisme » dimanche à Paris. « Ces propos honteux doivent être condamnés par la communauté internationale, car la guerre contre le terrorisme ne peut réussir sauf si elle est guidée par une morale claire« , a indiqué un des plus grands terroriste devant les leaders du principal lobby pro-israélien aux États-Unis, AIPAC, en visite dans ce poste avancé que est l’État Zioniste.

Dimanche dernier, Bibi et le président de l’autorité palestinienne (Fatah) Mahmoud Abbas ont participé, au milieu d’une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement, à la marche organisée en France après les attentats.

Ce lundi, lors d’une conférence de presse avec M. Abbas, M. Erdogan a affirmé avoir « du mal à comprendre comment il a osé » participer à la marche. « Comment faut-il considérer cet individu qui pratique le terrorisme d’État en massacrant 2 500 personnes à Gaza ? » a-t-il ajouté. « Il a dit qu’israël n’aurait pas dû être représenté à la marche à Paris et la raison qu’il a donnée était nos actions entreprises pour défendre nos citoyens face aux milliers de roquettes lancées sur nos villes par les terroristes du Hamas« , a répondu, avec toute l’arrogance que l’on lui connait, M. Netanyahou, selon un communiqué de son bureau.

Recep Tayyip Erdogan qui dirige la Turquie depuis 2003, critique régulièrement l’état zioniste, qu’il avait en juillet dernier accusé d’avoir « surpassé Hitler en matière de barbarie« . Près de 2 200 Palestiniens, en grande majorité des civils, sont morts lors de l’agression zioniste menée en juillet et août derniers contre la bande de Gaza contrôlée par le Hamas, pour entre autres faire cesser les tirs de roquettes palestiniennes. Plus de 70 personnes ont péri côté israélien, en majorité des soldats.

Les relations entre la Turquie et l’entité sioniste se sont détériorées après l’assaut israélien en 2010 contre une flottille affrétée par une ONG turque pour briser le blocus de Gaza, qui s’était soldé par la mort de dix Turcs, mais si cela n’était qu’un simple jeu politique ?

Source : avec Afp, Reuters, Haaretz, L’orient le Jour

Jeu de dupes ?

Il apparaît que ce jeu de Ping-pong entre Bibi et Erdogan n’a rien de réel, en déplaisent aux supporters du président Erdogan et ses positions officiellement anti-israélienne envers l’état zioniste, les échanges commerciaux entre les deux pays fleurissent ! Mais il est vrai business et politique officielle !

N’oublions pas que la Turquie est l’un des principaux fournisseurs en eaux potables de l’état zioniste et cela depuis le 4 janvier 2004 (après 5 ans de négociations sur le sujet, soit 1999). A l’époque, Ariel Sharon était le Premier ministre et Benyamin Netanyahu était ministre des Finances. Ensemble, ils ont approuvé ses accords avec Erdogan qui est lui en poste depuis 2003… En vertu de cet accord, l’état zioniste achètera 50 millions de mètres cubes d’eau par an à la Turquie pour les vingt prochaines années (soit jusqu’en 2024), pour un surcoût de 20 cents par mètres cubes d’eau : (80 cents pour l’eau importée contre 60 cents pour l’eau dessalée).

Il faut bien noter que le volume des échanges commerciaux entre les deux pays est de plus de 5 milliards de dollars pour 2014, comparativement à 3,4 milliards de dollars en 2008 et ce malgré une longue période de tensions graves entre l’état zioniste et la Turquie ces dernières années, suite à la crise diplomatique importante déclenchée par la flottille de Gaza en 2010, le Mavi Marmara.

À l’époque, le Premier ministre turc avait haussé le ton, selon lui l’attaque contre la flottille, s’apparentait à du « terrorisme d’État« .

« La diplomatie turque s’est ouverte sur le monde –arabo-musulman, notamment à la suite desdits « Printemps arabe« ….

Mais dans les faits, Ankara, qui a besoin de l’Otan, s’est aligné sur les positions occidentales, tant dans le retrait du soutien à Moubarak qu’en participant militairement à la guerre en Libye, apportant des soutiens logistiques dans la coalition internationale en Irak.

En septembre 2011, Ankara lançait contre l’état zioniste une procédure devant la Cour internationale de justice pour contester la légalité du blocus de Gaza, ainsi que la suspension des accords militaires bilatéraux, qui s’élèvent à plusieurs milliards de dollars. En novembre 2012, lors de l’opération israélienne « Pilier de défense » contre Gaza, Erdogan accuse l’État hébreu de mener un « nettoyage ethnique » contre les Palestiniens….

Mais malgré les appels à rompre les liens économiques avec l’état zioniste en proclamant, par exemple, que ses ressortissants ne pourront plus se rendre en vacances en Turquie, une destination prisée par les israéliens, un vrai boycott organisé n’a jamais vu le jour.

Dans les faits, c’est le contraire qui s’est passé, l’état zioniste est, selon le journal Zaman, au 17e rang des exportations des produits made in Turquie (en 2013, il a occupé la 24e place)….

La Turquie d’Erdogan qui s’interrogeait à savoir « Pourquoi Assad ne fait rien contre Israël ? » ; hé bien on pourrait lui retourner la question !!!

Sources : Zaman (journal turc), les Echos, The Economist