Gaza est coupé du reste du monde et la droite ultranationaliste maintien ses revendications

D’après Larédac à 12h03 le 02 Novembre 2014

L’état zioniste a fermé jusqu’à nouvel ordre ses deux points de passage avec la bande de Gaza, totalement coupée du reste du monde pour la première fois depuis la fin de la guerre en août, a indiqué dimanche l’armée israélienne.

Cette mesure a été prise à la suite d’un tir de roquette vendredi soir de Gaza sur le sud de l’état zioniste, a affirmé une porte-parole.

La roquette, qui n’a fait ni victime ni dégât, était la première tirée vers le territoire israélien depuis le 16 septembre et la deuxième depuis que Palestiniens et israéliens ont accepté le 26 août par l’entremise égyptienne un cessez-le-feu mettant un terme à 50 jours de guerre.

« Les points de passage pour les personnes et les marchandises de Erez et de Kerem Shalom sont fermés jusqu’à nouvel ordre sauf pour l’aide humanitaire« , a dit à l’AFP la porte-parole.

C’est la première fois que cela arrive depuis la fin de la guerre, a-t-elle ajouté.

« L’Egypte nous a informés aujourd’hui qu’elle avait fermé le point de passage de Rafah jusqu’à nouvel ordre en raison de la détérioration de la situation sécuritaire dans le Sinaï« .

Comme, du côté égyptien, Rafah, seul point de passage non-contrôlé par les zioniste, est également fermé, la bande de Gaza, déjà soumise au blocus israélien et égyptien, est coupée du monde pour une durée indéterminée.

Face à une vague d’attentats revendiqués par des dits « jihadistes » et secouant le Sinaï, l’Egypte a lancé mercredi les travaux pour la création d’une zone-tampon à la frontière avec la bande de Gaza. Le Caire accuse des Palestiniens de prêter main forte aux auteurs des attentats.

Moussa Abou Marzouq, un dirigeant du mouvement islamiste Hamas prédominant dans la bande de Gaza, a accusé Israël sur sa page Facebook d’infliger une « punition collective » aux Gazaouis et de « briser les engagements pris lors du cessez-le-feu« . Il a dénoncé « un comportement infantile et irresponsable » de la part de l’état apartheid.

Le responsable du Hamas a également interpellé l’Autorité palestinienne sur « sa responsabilité de remettre les employés des postes frontières au travail » et de mener la reconstruction de Gaza.

Israéliens et Palestiniens doivent reprendre prochainement les négociations indirectes au Caire pour pérenniser le cessez-le-feu.Colonisation de Jérusalem : la droite ultra maintient ses revendications

Les membres de la droite ultranationaliste religieuse israélienne ont poursuivi dimanche leur campagne pour « le droit des juifs » à prier sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, malgré le regain de tensions provoqué par cette revendication. De nouveaux heurts ont opposé dans la nuit de samedi à dimanche Palestiniens et policiers israéliens dans différents quartiers de Jérusalem-Est, dont la vieille ville qui jouxte l’esplanade, a indiqué la police.

Dix-sept Palestiniens ont été interpellés vendredi et samedi, a dit une porte-parole. Selon Luba Samri, 111 Palestiniens au total ont été interpellés depuis le 22 octobre et l’aggravation des tensions auxquelles Jérusalem-Est, partie palestinienne annexée et occupée de la ville, est en proie depuis l’été.

Dans ce contexte, le député Moshé Feiglin est passé outre à un appel à la retenue lancé par le Premier ministre Benyamin Netanyahou et s’est rendu sur l’esplanade des Mosquées, a constaté un photographe de l’AFP. Comme tous les juifs, il n’a pas pu y prier. Mais ce membre de l’aile la plus dure du Likoud, le parti du Premier ministre est un partisan notoire du droit des juifs à prier sur l’esplanade. Sa visite, dans le climat actuel, ne pouvait être perçue que comme une provocation supplémentaire. Il a été accueilli sur l’esplanade par les cris de protestation des musulmans présents, scandant « Dieu est grand« .

De son côté, le ministre de l’Habitat Uri Ariel a de nouveau réclamé sur la radio publique le « droit pour les juifs » de prier sur l’esplanade. « Il faut permettre aux juifs de prier sur le mont du Temple (nom donné par les juifs à l’esplanade des Mosquées). Il y a de la place pour tout le monde« , a dit Uri Ariel, membre du Foyer juif, un parti nationaliste religieux. Uri Ariel prend ainsi le contre-pied du Premier ministre, qui a répété à plusieurs reprises ces derniers jours n’avoir aucune intention de changer le statu quo sur le site. Il a appelé samedi les ultras de droite à faire preuve de « retenue » et de « responsabilité » devant l’escalade de la violence.

L’esplanade est le troisième lieu saint de l’islam et le site le plus sacré du judaïsme. Elle est au coeur des tensions. Actuellement, les juifs, comme les touristes non musulmans, peuvent se rendre sur l’esplanade comme visiteurs. Mais ils n’ont pas le droit d’y prier.

Les musulmans s’alarment de l’intention prêtée au gouvernement de changer le statu quo. Ils s’émeuvent des provocations auxquelles se livrent selon eux les juifs et des restrictions qu’israël impose à l’accès des musulmans au nom de la sécurité.

De crainte d’un embrasement, les autorités israéliennes ont pris jeudi la décision rarissime de fermer complètement l’esplanade. Elles l’ont rouverte pour la grande prière musulmane du vendredi, mais en ont interdit l’accès aux hommes de moins 50 ans. Dimanche, elle était ouverte sans restriction aux musulmans, aux juifs et aux touristes, a dit la police.

Source : avec Afp, reuters, Agence Wafa, Nil Tv, Al Watan (Egypte), Haaretz, Rfi, L’Orient le Jour