Hamza Ibn Abdoumouttalib : Le solitaire chasseur de lion : Le lion d’Allah

      

Hamza ibn Abdoulmouttalib (qu’Allah l’agrée) est non seulement l’oncle du Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) mais aussi son frère de lait. Ils avaient vécu ensemble, grandi ensemble, joué ensemble dans leur enfance. Mais, dans leur jeunesse, leurs chemins s’étaient séparés, le neveu s’étant consacré à la méditation et l’oncle aux bienfaits de la vie.

Toutefois, Hamza (qu’Allah l’agrée) avait toujours à l’esprit les qualités intrinsèques de Muhammad (paix et bénédiction d’Allah sur lui).

Un jour, Hamza (qu’Allah l’agrée) sortit de chez lui comme d’habitude et se dirigea vers la Kaaba. Là, il s’assit avec des notables Qouraychites qui parlaient avec intérêt et suspicion du «prophète» Muhammad (paix et bénédiction d’Allah sur lui). Remarquant leur inquiétude et leur ressentiment, il se moqua de leur jugement, le qualifiant de démesuré.

Quand il se retrouva seul, il s’en alla dans ses réflexions sur la cause de son neveu.

Avec le temps, les Qouraychites haussaient le ton pendant que Hamza (qu’Allah l’agrée) surveillait de loin le cours des événements. L’assurance de son neveu l’éblouissait pourtant, il le connaissait bien depuis l’enfance.

Puis le jour J arriva. Ce jour-là, Hamza (qu’Allah l’agrée) prit son arc et sortit à la chasse, qu’il aimait pratiquer. Après avoir passé une partie de la journée à la campagne, il retourna à la Mecque. Comme à son habitude, il se dirigea vers la Kaaba, pour faire des tournées. 

Alors, une servante appartenant à Abdoullah ibn Joudân vint à sa rencontre et lui dit: «Abou Oumara! Tu n’as pas vu ce que ton neveu Muhammad a subi aujourd’hui de la part d’Abou al-Hakam ibn Hicham (ie, Abou Jahl). Celui-ci a trouvé Muhammad assis là-bas, alors il lui a fait du mal et il l’a insulté…» 

La femme continua à expliquer jusqu’à la fin ce qu’Abou Jahl avait commis. Quand elle termina, Hamza (qu’Allah l’agrée) s’en alla d’un pas décidé en direction de la Kaaba, avec l’espoir d’y trouver Abou Jahl. Et s’il ne le trouvait pas, il continuerait à le chercher partout. Mais, avant même d’arriver au temple, il vit dans la place Abou Jahl assis parmi les notables. Avec un calme impérial, il retira l’arc de son épaule, regarda bien Abou Jahl, puis avec l’arme il le frappa à la tête. Et, avant même que les présents ne réalisaient ce qui venait de se passer, il dit avec fermeté: «Insultes-tu Muhammad alors que je suis un adepte de sa religion? Je dis ce qu’il dit! Que réponds-tu à cela, si tu peux ?»

Ainsi Hamza (qu’Allah l’agrée) se convertit-il à la nouvelle religion devant les regards ébahis des notables et d’Abou Jahl qui se tenait la tête blessée.

En guidant Hamza (qu’Allah l’agrée) à la voie de rectitude, Dieu donna plus d’assurance et de force à l’Islam. Le nouveau converti s’en alla défendre inlassablement le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) et ses faibles Compagnons contre les agressions répétées des polythéistes de Qouraych.

Bien sûr, Hamza (qu’Allah l’agrée) ne pouvait pas à lui seul repousser tout le mal. Mais sa conversion était quand même une protection, un bouclier. Il consacra toute son énergie à la cause de Dieu, si bien que le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) lui donna le surnom du «Lion de Dieu».

Quand le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) émigra à Médine, Hamza (qu’Allah l’agrée) fut le commandant de la première colonne militaire qui sortit pour la rencontre de l’ennemi, ainsi que le premier porte-étendard des musulmans. Dans la bataille de Badr, il réalisa de grands exploits. Sur le champ de bataille, il était le lion de Dieu, et de Son Messager.

La défaite consommée, les Qouraychites regagnèrent la Mecque. Ils n’eurent même pas le temps de prendre les corps de leurs tués, dont faisaient partie Abou Jahl, Otba ibn Rabiâ, Chayba ibn Khalaf, Oqba ibn Abou Moâyt, Alaswad ibn Asbalasad, Alwalid ibn Otba, Annadhr ibn Alharith.

Et, comme la défaite leur parut humiliante, les Qouraychites décidèrent de prendre leur revanche. Joubayr ibn Motîm promit à son esclave Wahchi de lui accorder pour prix la liberté, dans le cas où Hamza (qu’Allah l’agrée) serait tué. Joubayr lui avait dit: «Sors avec les gens, et si tu tues Hamza, tu seras libre.»

Quant à la femme d’Abou Soufyan, Hind bint Outba, dont le père, l’oncle, le frère et le fils avaient été tués ou achevés par Hamza (qu’Allah l’agrée), elle promit aussi à Wahchi de le récompenser largement. Elle lui avait dit, en portant la main aux bijoux qui pendaient à son cou: «Tout cela sera à toi si tu tues Hamza!»

Les préparatifs terminés, les polythéistes de Qouraych se dirigèrent vers Ouhoud, un lieu tout près de Médine. Là, les deux armées se rencontrèrent. Hamza (qu’Allah l’agrée) y était présent. Il avançait résolument sur le champ de bataille et éliminait de son sabre tout polythéiste qui venait se mesurer avec lui.

Les musulmans allaient à une victoire éclatante, puisque les Qouraychites se repliaient vaincus. Mais les archers désertèrent la position, d’où ils tenaient en respect la cavalerie Qouraychite: Ils descendirent au champ de la bataille, en vue de butin. 

C’était là une erreur irréparable. Les cavaliers Qouraychites réussirent alors à éliminer les quelques archers qui n’avaient pas voulu quitter la position, puis ils surprirent les musulmans. La situation se retourna et les Qouraychites prirent le dessus.

Hamza (qu’Allah l’agrée) redoubla d’efforts, tandis que Wahchi l’épiait en attendant le moment propice, pour le frapper de sa lance. Wahchi avait laissé ce témoignage: 

«Etant un Abyssinien, je tirais bien à la lance. Je ratais rarement ma cible. Quand les deux troupes s’étaient rencontrées, j’ai cherché Hamza. Et je l’ai trouvé au milieu des protagonistes… 

Avec son sabre, il abattait ses ennemis. Personne ne restait debout après son passage. Par Dieu, moi je me préparais car je le voulais. Je me cachais de lui derrière un arbuste, en attendant le moment de l’attaquer. Mais voilà Sibaâ ibn Abdoulouzza qui s’est avancé. Hamza (qu’Allah l’agrée) lui a dit: «Fils de coupeuse des clitoris, viens ici!». 

Puis il le frappa d’un coup à la tête. A ce moment-là, je tins bien ma lance après avoir bien visé, puis je la tirai. Elle alla le frapper au bas ventre… Il tomba puis se releva pour venir vers moi. Mais il n’eut pas de force…

Après quoi, je me suis rapproché du corps, j’ai pris ma lance puis j’ai regagné le camp. Je n’avais pas besoin d’autre chose. Je l’avais tué pour devenir libre.»

Ainsi mourut Hamza (qu’Allah l’agrée). Mais Hind bint Outba ne se contenta pas de cela. Elle voulait encore assouvir sa vengeance. Elle se rapprocha du corps de Hamza (qu’Allah l’agrée) et lui enleva le foie. Puis, dans un élan de bestialité, elle porta le foie à la bouche pour le manger mais elle n’en eut pas la force.

Quand la bataille se termina par le départ des polythéistes, le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) et ses Compagnons descendirent au champ de bataille pour reconnaître leurs martyrs.

A la vue de son oncle affreusement mutilé, le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) dit: «Si Dieu me fait prévaloir sur les Qouraych dans une prochaine bataille, je prendrai en exemple une trentaine d’entre eux». 

Il n’eut pas le temps de terminer sa menace que Gabriel (paix sur lui) lui apporta cette parole divine: « Appelle au chemin de ton Maître par la sagesse et l’édification belle. Discute avec les autres en leur faisant la plus belle part» (Al Qur’an 16 :125).

Par la suite, le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) fit le plus vibrant et le plus appuyé des adieux à son oncle. A un endroit choisi du champ de bataille, on apporta d’abord le corps de Hamza (qu’Allah l’agrée): Le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui), ainsi que ses Compagnons, pria sur lui la prière mortuaire. Ensuite, on apporta près de Hamza (qu’Allah l’agrée) un autre chahid, sur lesquels il fit la même chose. Puis on retira le corps du deuxième, avant d’apporter près de Hamza (qu’Allah l’agrée) un troisième chahid, sur lesquels il fit la même chose, si bien que Hamza (qu’Allah l’agrée) eut la faveur de 70 prières.

Mots-clés : Sahaba