Inde : Un parti d’extrême droite désire que l’on impose la stérilisation aux musulmans et aux chrétiens

« Le gouvernement devrait imposer la stérilisation aux musulmans et aux chrétiens, de manière à ce que leur nombre ne puisse augmenter« , voilà la déclaration qui fait polémique en Inde. Le discours des Partis extrémistes et racistes est le même partout sur la planète, ses boucs émissaires aussi. Si les mots du slogan changent, le fond reste le même, ici, « l’Inde aux hindous ». Ces propos ont été déclaré par la Marine Le Pen hindoue, Deva Sadhvi Thakur, vice-présidente du Parti nationaliste extrémiste All India Hindu Mahasabha samedi 11 avril.

Déjà le 23 mars dernier, lors d’une Conférence des commissions des Minorités de l’Etat, le ministre indien de l’Intérieur, Rajnath Singh, avait lancé un appel au lancement d’un débat national sur la question de la conversion et si possible promulguer une loi l’interdisant. L’objectif étant de restreindre au maximum les libertés religieuses et peut-être par peur de voir disparaître la religion d’État.

Même en étant le plus vieux Parti nationaliste du pays, le Hall India Hindu Mahasabha et comme d’autres comme lui, n’a que très peu de visibilité politique.

Cependant depuis l’avénement de Narendra Modi (nationaliste), le 16 mai 2014, le climat hostile aux minorités religieuses ne fait qu’augmenter et ce genre de discours ne sert qu’à nourrir un climat déjà bien exacerbé.

Le discours d’intolérance ne s’arrête pas là puisque Deva Sadhvi Thakur a aussi affirmé que « dans les églises et les mosquées, devraient être installées des statues des divinités hindoues« . Elle a également exhorté les hindous à avoir beaucoup plus d’enfants afin d’augmenter leur population sur le territoire.

Les minorités religieuses du pays se sont dites indignées par ce discours haineux qui n’apporte qu’une nouvelle polémique. Le Conseil global des chrétiens indiens, le GCIC, a condamné « les paroles délirantes, filles de l’idéologie Hinduvta -« l’Inde aux hindous »-, contre les communautés minoritaires en Inde » dans une note publié par son président Sajan George. La note stipule également que ces déclarations « constituent une insulte à l’Inde laïque mais aussi à la liberté religieuse de la nation« .

Le texte termine avec un appel au gouvernement et plus précisément au Premier ministre indien, « ces attaques contre les minoriyés sont anticonstitutionnelles. Nous demandons au Premier ministre indien, Narendra Modi, d’intervenir et de garantir la sécurité de tous les citoyens et de toutes les communautés qui composent la société indienne » finit-elle.

Déjà en février dernier, lors de son Assemblée plénière, la Conférence des évêques catholiques d’Inde avait déclaré que « ces derniers mois, il ne s’est pas passé une journée sans attaques contre des chrétiens, des églises ou des institutions chrétiennes à travers le pays« .

Les communautés minoritaires seraient victimes aussi de conversion forcée de la part des fondamentalistes hindous. À l’occasion du débat sur la conversion qui avait été proposé par le ministre de l’intérieur indien, Rajnath Singh, avait déclaré « avons-nous besoin d’imposer la suprématie de notre Foi sur les autres ? Ne pouvons-nous pas décider que servir l’humanité est bien ? Mais pourquoi les individus doivent se convertir à une autre foi ?« . On peut sentir dans ses propos que la peur de perdre son identité religieuse est très forte en Inde.

Les restrictions concernant la liberté religieuse dans le pays avaient été dénoncées par Obama lors d’une visite en Inde en janvier dernier devant 1500 étudiants à New Delhi « nulle part ailleurs qu’en Inde il n’est plus important, il n’est plus que nécessaire, que ces valeurs fondamentales (ici la liberté religieuse et la non-discrimination) et la tolérance religieuse soient préservées« . Rappelant que la Constitution indienne et la démocratie devaient assurer l’égalité de chaque personne, et ce quels que soient sa classe sociale, sa religion, son sexe ou son origine ethnique.

En début de mois, une étude, publiée aux États-Unis, a estimé qu’en 2050 la communauté musulmane de l’Inde en ferait le premier pays musulman de la planète devant l’Indonésie.

Source : LaCroix, Église d’Asie