Indonésie : Les femmes doivent passer un test de virginité pour rentrer dans la police

D’après Larédac à 23h35 le 02 Décembre 2014

Photo : Getty Images

Mais pourquoi faire ???

Les femmes espérant rejoindre les forces de police indonésienne seraient soumises à des « tests de virginité à deux doigts« , selon l’annonce d’une ONG de défense des droits de l’Homme.

Le « test à deux doigts » implique qu’un expert médical introduise deux doigts dans le vagin d’une femme afin de déterminer si son hymen est encore intact.

Des policières ont déclaré avoir soulevé la question auprès de hauts fonctionnaires de police, qui ont affirmé que cette pratique douteuse a été réduite, mais l’ONG Human Rights Watch a pu constater qu’elle était toujours en cours.

Même si ces hauts fonctionnaires déclarent que cette pratique humiliante c’est réduite, il n’en reste pas moins que cette exigence pour les candidates est toujours de mise sur le site officiel de recrutement des services de police, qui stipule sans équivoque qu' »en plus des tests médicaux et physiques, les femmes qui veulent être policières doivent également subir des tests de virginité. Donc, toutes les femmes qui veulent devenir policières devraient garder leur virginité« . Ce qui sous-entend grossièrement que les femmes mariées ne sont pas admissibles pour ce travail ! Pourquoi ? Aucun argument n’est avancé !

Human Rights Watch a mené cette année une enquête auprès de quelques policières et ainsi qu’auprès de récents et anciens candidats, et a pu constater que ce traitement dégradant était toujours en cours.

Toutes les femmes qui avaient subi le test ont déclaré que celui-ci a aussi été appliqué à toutes les autres femmes dans leur classe de police.

« Mon groupe d’environ 20 jeunes filles a été invité à entrer dans la salle où on nous a demandé d’enlever nos vêtements, y compris nos soutiens-gorge et nos culottes » a déclaré une jeune femme de 19 ans à l’ONG.

« C’était humiliant. Seulement celles qui avaient leur menstruation pouvaient garder leur culotte… C’est une femme médecin qui a fait le test de virginité … Le fameux test « à deux doigts »« .

« Je ne veux pas me souvenir de ces mauvaises expériences. C’était trop humiliant. Pourquoi devrions-nous enlever nos vêtements devant des étrangers ? Oui, elles étaient des femmes, mais elles nous étaient inconnues. Ce test est discriminatoire. Il n’est pas nécessaire. Je pense qu’il doit être arrêté.« 

Une autre jeune femme de 24 ans interrogée a déclaré « Je craignais qu’après avoir effectué le test je ne serais plus vierge« .

« Ils ont inséré deux doigts. Cela fait vraiment mal. Mon amie c’est même évanouie parce que… Cela fait vraiment mal, vraiment mal« .

Nisha Varia, la directrice associée des droits des femmes à Human Rights Watch, a déclaré: « l’utilisation, par la police nationale indonésienne, des « tests de virginité » est une pratique discriminatoire qui nuit et humilie les femmes« .

« Les autorités de police à Jakarta doivent abolir immédiatement et sans équivoque ce test, puis s’assurer d’administrer un arrêt à toutes les stations de recrutement de la police nationale.« 

Bien qu’un certain nombre de femmes aient déclaré cette pratique, qui ne respecte pas la pudeur des candidates, à leurs supérieurs, et bien qu’un ancien chef du personnel de police ait convenu d’abolir le test en 2010, celui-ci continue à être pratiqué de la même manière qu’il y a des décennies.

Une femme, le Haut Commissaire Rumiati, psychologue de la police qui enseigne maintenant à l’École doctorale de Sciences de la police à Jakarta, affirme elle aussi avoir « subi le test de virginité » » en 1984.

« Y a-t-il des preuves scientifiques qu’une femme qui n’est pas vierge serait moins productive qu’une vierge ? » dit-elle.

Ajoutant « y a-t-il des preuves scientifiques qu’une femme qui n’est pas vierge sera automatiquement pire que celle qui est vierge ?« .

« La réunion qui a été conclu avec le général Sigit demandait l’interruption du test. Je ne sais pas pourquoi il est toujours en cours« .

Human Rights Watch a souligné que les « tests de virginité » ont été internationalement reconnu comme une violation des droits de l’Homme, en particulier l’interdiction des pratiques « inhumaines ou dégradantes » en vertu de l’article 7 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et l’article 16 de la Convention contre la torture, qui tous deux ont été ratifiés par l’Indonésie.

Source : Telegraph.co