Irak : 1,6 million de personnes ont été déplacées par les violences dans le pays en un an

D’après Larédac’ à 13h30 le 30 Août 2014

Plus de 1,6 million de personnes ont été déplacées par les violences en Irak cette année, dont 850 000 durant le seul mois d’août, au cours duquel les djihadistes ont étendu leur offensive, a rapporté vendredi l’Organisation internationale des migrations (OIM). Le décompte de l’OIM inclut l’ensemble des personnes ayant fui les violences déclenchées par des insurgés sunnites dans l’ouest du pays début janvier, puis par l’offensive lancée en juin par ces combattants menés par les combattants l’État dit « islamique » (EI). « La plupart des déplacés ont dû marcher pendant plusieurs jours pour atteindre des lieux sûrs« , a rapporté Brian Kelly, coordinateur de l’OIM pour les situations d’urgence en Irak.

« Nombre de leurs proches ont été tués ou enlevés par l’EI. Des groupes de personnes auraient été forcés par l’EI à sauter de falaises, et le sort d’autres personnes enlevées reste incertain« , a-t-il ajouté. La plupart de ces déplacés ont trouvé refuge dans la province autonome du Kurdistan, et celles de Ninive et Diyala, a précisé l’OIM. « Ces chiffres importants présagent d’une crise sur le long terme, au cours de laquelle de nombreuses personnes auront besoin d’une aide pour leur survie, notamment parce que de nombreux déplacés qui arrivent au Kurdistan ont passé plusieurs semaines et mois sur les routes« , a mis en garde Brian Kelly.

En Syrie voisine, où la guerre entre les rebelles et le régime s’est doublée d’une montée en puissance de l’EI, plus de 3 millions de personnes sont réfugiées et 6,5 déplacées à l’intérieur du pays, a annoncé vendredi le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR).

« Le problème est qu’ils s’ajoutent à de nombreuses vagues d’arrivées« 

Les organisations humanitaires estiment à environ 700 000 le nombre des déplacés au Kurdistan depuis le mois de juin. Les premiers ont été les habitants de Mossoul, tombée aux mains de l’organisation de l’État dit « islamique » (EI), le 10 juin, puis les yézidies lorsque la région du Sinjar a été attaquée le 3 août, puis enfin l’essentiel des habitants de la plaine de Ninive dans la nuit du 6 au 7 août.

« Le problème est qu’ils s’ajoutent à de nombreuses vagues d’arrivées« , rappelle Avin Yassin Mohammad, chargée de la communication du Comité international de la Croix-Rouge : « Les Syriens qui, depuis trois ans, vivent sous des tentes, les habitants de la région d’Al-Anbar, au Sud-Ouest, attaquée au début de l’année par l’État islamique…«  Au total, il y aurait 1,4 million de déplacés en Irak, certains à Bagdad ou Kirkouk, mais pour l’essentiel au Kurdistan.

Quant au nombre des victimes (tués, blessés ou enlevés), là encore aucune organisation ne se risque à donner un chiffre. Les yézidies sont, sans conteste, ceux qui auraient le plus souffert des exactions de l’EI : lorsque les habitants n’ont pu fuir leur village à temps, les hommes auraient été tués et les femmes auraient été enlevées pour être « vendues » comme esclaves à Mossoul. La communauté yézidie serait sans nouvelles d’au moins 1 300 femmes.

De leur côté, les chrétiens sont en proie à la plus grande inquiétude quant au sort des quelques dizaines de leurs membres restés à Qaraqosh – les Églises tentent actuellement de recenser leur nombre et leur nom –, soit qu’ils aient refusé de fuir, soient qu’ils en aient été empêchés par l’EI – ce qui n’est guère sûr – . Cependant en ce qui concerne les accusations de décapitation et de torture de chrétiens perpétrées par l’EI, elles ont été démentis par le patriarche des chaldéens à Bagdad, Mgr Louis Sako (http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Le-patriarche-Sako-dement-la-torture-et-la-decapitation-de-chretiens-par-les-djihadistes-de-l-IE-2014-08-13-1191629#.U-xmAiOiOB0.facebook)

Alors qu’autour du 21 août, ceux qui refusaient de se convertir auraient été contraints à l’exode, « des jeunes hommes et les belles femmes » auraient été retenus de force, séparés et privés de téléphone portable. Selon certaines informations, ils auraient eux aussi été déjà déportés à Mossoul…

Source : avec Afp, Reuters, OIM, UNHCR, La Croix, Irak today