Irak : L’armée irakienne a annoncé la mort du bras droit de L’autoproclamé calife

D’après Larédac’ à 18h24 le 05 Août 2014

Photo Afp : Combattants peshmergas près de la ville de Zumar

Le bras droit du chef de l’état dit « islamique » (EI) Abou Bakr al-Baghdadi a été tué jeudi dans un raid aérien de l’armée irakienne dans le nord du pays, a annoncé le chef d’Etat-major, le général Babaker Zebari.

« Des avions militaires irakiens ont mené aujourd’hui » (jeudi 4 septembre 2014) une opération qui s’est soldée par la mort du bras droit d’Abou Bakr al-Baghdadi, connu sous le nom d’Abou Hajr al-Souri », a dit le général Zebari à l’AFP, ajoutant que les frappes dans la province de Ninive avaient été « lancées sur la base de renseignements précis » et que « la cible avait été atteinte« .

Aucune confirmation de source indépendante n’a pu être obtenue dans l’immédiat sur la mort de ce Abou Hajr al-Souri, le secteur où la frappe a été menée, situé entre Mossoul (la capitale de Ninive) et Tal Afar, n’étant pas contrôlé par l’armée irakienne.

L’état dit « islamique » qui contrôle plusieurs régions syriennes, s’est emparé de larges pans du territoire irakien depuis le lancement d’une offensive d’insurgés sunnites le 9 juin.

Son chef, Abou Bakr al-Baghdadi avait proclamé fin juin un califat à cheval sur la Syrie et l’Irak.

L’armée irakienne qui a subi au début de cette offensive de nombreux revers, a remporté ces derniers jours quelques succès face aux insurgés, rebelles et combattants de l’EI.

Les combattants de l’EI sèment la peur au Liban

Après la Syrie et l’Irak, c’est désormais au tour du Liban d’être confronté aux combattants de l’État dit « islamique ». Il y a un mois, l’armée libanaise a repoussé une attaque dans l’est du pays. De quoi inquiéter sa population.

Dans le quartier de la Mina, où se concentre la petite minorité chrétienne de Tripoli, la capitale du nord du Liban, la cohabitation avec la majorité sunnite est d’ordinaire sans histoire. Mais depuis quelques jours, l’armée s’est largement déployée dans le secteur en raison de tensions confessionnelles. Des slogans favorables à l’organisation de l’État dit « islamique » (EI), ont en effet été tagués sur les murs de plusieurs églises de la cité portuaire.

« Ils avaient écrit ‘l’État islamique arrive pour égorger les adorateurs de la croix’, confie à FRANCE 24, le prête de l’église orthodoxe Saint-Élias, le père Basilios, qui officie dans quatre églises dans la Mina. On s’attend à une probable dégradation de la situation.« 

L’école confessionnelle attenante ainsi qu’une autre église ont elles aussi été taguées. Ces attaques interviennent après la diffusion sur les réseaux sociaux de la photo d’un jeune homme incendiant le drapeau de l’organisation de l’État islamique dans un bastion chrétien de Beyrouth.

Vidéo France 24 : dans le quartier de Mina

« Qu’ils fassent ce qu’ils veulent ! S’ils nous égorgent nous deviendrons des martyrs de notre seigneur Jésus qui s’est sacrifié pour nous« , déclare Anastasia Antoun, une habitante chrétienne de la Mina. « Si on doit mourir à notre tour, tant pis : ce qui doit arriver arrivera !« 

Du côté des montagnes du Chouf (sud-est de Beyrouth), fief historique de la minorité druze, une branche du chiisme qui croit en la réincarnation, la défiance à l’égard de l’EI est de mise. 

Quand on demande à la population quelle serait leur réaction en cas d’attaque des dits « jihadistes », la réponse ne se fait pas attendre : « Même les jeunes filles, les femmes et vieilles dames prendraient les armes ! Nous ne laisserions pas les hommes être les seuls martyrs. Moi aussi, je défendrais ma religion, et ne laisserais personne nous faire du mal« , tonne Rabab Tarabay, habitante druze de Kfarhim.

Les combattants de l’état dit « islamique » font peur jusque dans leur « propre communauté« . 

Plusieurs familles sunnites bloquent l’autoroute Beyrouth-Tripoli depuis près d’une semaine. Leur but : faire pression sur l’État libanais pour obtenir la libération d’un des leurs, qui comme une trentaine d’autres soldats et policiers, a été pris en otage par l’EI.

« Comment je me sens ? Alors qu’il y a une heure à peine le corps d’un compagnon d’armes de mon frère passait par ici pour être rendu à sa famille avec la tête coupée ? Mon frère pourrait avoir été décapité aujourd’hui et un autre camarade pourrait l’être demain,on s’attend à ça à chaque instant« , s’insurge la sœur du soldat Ibrahim Mougheit. « Tout le monde a peur de l’État islamique. Ils vous tuent que vous soyez sunnite ou chiite : ça ne fait aucune différence pour eux !« , ajoute-t-elle.

Aujourd’hui, la crainte de l’organisation de l’État dit « islamique » est probablement le sentiment le mieux partagé par les 18 confessions que compte officiellement le pays du Cèdre….

Source : avec Afp, Reuters, L’orient le Jour, France 24, La Croix, Irak today