Irak : L’armée irakienne a brisé le siège d’Amerli

D’après Larédac’ à 19h19 le 01 Septembre 2014


L’armée irakienne, appuyée par des milliers de miliciens, a brisé dimanche le siège de la ville turcomane « chiite » d’Amerli dont les habitants manquaient d’eau et de nourriture, enregistrant  ainsi une rare victoire dans son combat contre les combattants de l’État dit « islamique » (EI).

Bénéficiant d’un soutien aérien irakien mais aussi américain, les soldats, appuyés également dans leur assaut lancé samedi par des des combattants kurdes, sont parvenus à entrer dans la ville située à 160 km au nord de Bagdad.

Ils ont réussi à chasser les dits « djihadistes » des villages que ces derniers contrôlaient autour d’Amerli depuis le 18 juin. « Nos forces sont entrées dans Amerli et ont brisé le siège« , a déclaré à l’AFP le général Qassem Atta, porte-parole des services de sécurité.

Nihad al-Bayati, qui a pris les armes à Amerli contre les dits « djihadistes », a confirmé l’entrée des troupes irakiennes.

Les habitants de cette ville de quelque 20.000 âmes, appartenant en grande partie à la minorité turcomane turcophone, ont pris les armes et résisté durant plus de deux mois face à l’un des sièges les plus longs depuis le début de l’offensive des combattants de l’État dit « islamique » en Irak le 9 juin.

Ils manquaient d’eau, de nourriture et de médicaments. Samedi, les Etats-Unis, l’Australie, la France et la Grande-Bretagne ont largué environ 40.000 litres d’eau potable et 7.000 repas, selon le Pentagone. « En soutien à l’opération humanitaire« , les Etats-Unis ont procédé à « des frappes à proximité contre des terroristes de l’EI« .

L’ONU avait dit craindre un « massacre » en cas de prise de la ville par les combattants de l’EI.

L’entrée des forces irakiennes dans la ville est l’un des rares succès enregistrés face aux forces de l’EI qui se sont emparés de larges pans de territoire à l’ouest, au nord et à l’est de Bagdad.

Soutien aérien US … 

Commencé le 8 août, le soutien aérien américain, le premier engagement militaire des Etats-Unis en Irak depuis le retrait de leurs troupes fin 2011, a joué un rôle crucial dans la prise à l’EI le 17 août du barrage de Mossoul (nord), le plus important du pays, par l’armée et les forces kurdes, qui ont reçu en outre des armes de Washington.

Il s’est agi là de la principale victoire face aux dits « djihadistes ». Samedi, des frappes aériennes américaines ont aussi visé des positions de l’EI près du barrage.

Accusés par l’ONU de « nettoyage ethnique » (quand est-il de l’état zioniste ?), les combattants de l’EI, également engagés dans la guerre en Syrie voisine, auraient multiplié les exactions dans les régions conquises dans ces deux pays, poussant à la fuite des centaines de milliers d’habitants.

Plus de 1,6 million d’Irakiens ont été déplacés cette année par les violences en Irak, dont 850.000 durant le seul mois d’août.

Un grand nombre d’habitants membres des minorités yazidie, chrétienne et turcomane ont dû notamment quitter leurs foyers devant l’avancée de l’EI dans le nord de l’Irak, craignant pour leur vie.

Selon une ONG syrienne, des dizaines de femmes yazidies, capturées en Irak, auraient été forcées à se convertir à l’islam puis « vendues » pour être mariées de force en Syrie à des combattants du groupe.

Alors que le président Barack Obama a reconnu cette semaine ne « pas encore avoir de stratégie » pour combattre l’EI, un « cancer » qu’il faut éradiquer selon lui, son chef de la diplomatie John Kerry, attendu dans la région après un sommet de l’Otan les 4 et 5 septembre, doit s’employer à réunir « la plus large coalition de nations possible » contre ces djihadistes.

M. Kerry a souligné que M. Obama proposerait un plan d’action à une réunion de l’ONU en septembre, après que le roi Abdallah d’Arabie saoudite a prévenu que l’Occident serait la prochaine cible de ces jihadistes, à moins qu’il n’agisse « rapidement ».

En Syrie, où le conflit est devenu extrêmement complexe avec l’arrivée de combattants dits « djihadistes de l’étranger », le Front Al-Nosra, désigné comme « la branche locale d’Al-Qaïda », a revendiqué l’enlèvement d’une quarantaine de Casques bleus fidjiens retenus depuis jeudi sur le plateau du Golan.

Soixante-quinze autres Casques bleus philippins, bloqués en raison des combats, ont en revanche pu quitter leurs positions périlleuses et sont « sains et saufs », selon leur gouvernement.

En trois ans et demi, le conflit en Syrie, où la montée en puissance de l’EI a affaibli la rébellion face au régime, a fait plus de 191.000 morts selon l’ONU et poussé quelque 9 millions d’habitants à fuir leurs foyers, près de 50% de la population.

Souleimane Bek, nouvelle ville reprise aux insurgés

Les forces kurdes et des miliciens chiites ont repris lundi Souleimane Bek aux insurgés qui tenaient cette ville depuis plus de 11 semaines, ont annoncé des responsables au lendemain de la reprise de la cité assiégée d’Amerli.


« Souleimane Bek est sous le contrôle de forces mixtes« , a affirmé Shallal Abdul Baban, responsable de la zone proche de Touz Khourmatou. La petite ville, à 175 km au nord de Bagdad, n’est cependant pas totalement sécurisée et il est possible qu’il y reste des bombes placées par les insurgés, a-t-il ajouté.

Un colonel des forces kurdes peshmergas et un haut responsable de Souleimane Bek ont confirmé la reprise de la ville.

A quelques kilomètres, les combats continuent pour reprendre le village de Yankaja, a précisé M. Baban.

Les deux localités sont situées dans la province de Salaheddine, au nord-est de Bagdad, et non loin de la ville d’Amerli, reprise dimanche par l’armée irakienne, aidée des Kurdes, de miliciens et de frappes aériennes américaines, après plus de deux mois de siège.

L’entrée des forces irakiennes dans Amerli est l’un des rares succès enregistrés par les forces irakiennes, après la déroute de l’armée au début de l’offensive des insurgés menés par les combattants de l’État dit « islamique », qui se sont emparés depuis le 9 juin de larges pans de territoire.

L’Allemagne livre des armes aux forces kurdes en Irak

vidéo Euronews  : L’Allemagne livre des armes aux forces kurdes

Roquettes anti-chars, fusils d’assauts, grenades… l’Allemagne déroge à ses principes et va livrer des armes aux Kurdes, de quoi équiper jusqu’à 4000 combattants kurdes, précise Berlin, qui entend les soutenir dans leur lutte contre l’état dit « islamique » dans le nord de l’Irak.

Une aide militaire déjà engagée par plusieurs pays, dont les Etats-Unis, la France ou le Royaume-Uni.

Nous travaillons en coordination étroite avec nos partenaires sur ces mesures, donc l’Allemagne n’emprunte pas un chemin séparé« , a déclaré la ministre allemande de la Défense Ursula von Der Leyen.

« Nous nous coordonnons précisément sur l’équipement des Peshmergas, quels sont les déficits, et qui se charge des livraisons au sein de la communauté internationale.« 

Berlin fait une entorse à sa politique sur les livraisons d’armes et il s’agit d’une première depuis 1945.

Une décision qu’Angela Merkel justifiée par la “barbarie” de l’État islamique en Irak et par la menace que représentent les djihadistes se réclamant de cette instance.

La chancelière allemande, toutefois, s’en expliquera ce lundi devant les députés du Bundestag, la chambre basse du Parlement.

Source : avec Afp, Reuters, Euronews, Irak today, Die Welt