Irak : Le ministre irakien réclame plus d’armes et de raids aériens pour combattre l’EI

D’après Larédac à 12h38 le 13 Décembre 2014

Le Premier ministre irakien Haidar al-Abadi a réclamé mardi aux Etats-Unis davantage d’armes et de raids aériens pour combattre le l’état dit « islamique » (EI), qui est « sur la pente descendante » selon lui.

M. Abadi a fait cette demande à Bagdad au secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel, qui a pour sa part affirmé que le succès de la lutte « anti-jihadistes » dépendait avant tout des Irakiens.

« Nos forces progressent sur le terrain. Mais elles ont besoin d’un soutien aérien accru et de davantage d’armes lourdes« , a déclaré M. Abadi en rencontrant M. Hagel.

Cette requête met en lumière des divergences sur la stratégie militaire entre Bagdad et Washington, les Etats-Unis préconisant une campagne de frappes aériennes limitée en attendant que les forces irakiennes soient prêtes à lancer une vaste offensive contre les combattants de l’état dit « islamique » (EI).

M. Hagel, qui est passé à Bagdad pour une visite non annoncée, avait appelé les Irakiens à assurer le succès de la campagne « anti-jihadistes ». « Il s’agit de leur pays, c’est à eux de le diriger. Ce sont eux qui assumeront la responsabilité des résultats« , a-t-il déclaré.

Photo STAFF SGT. SHAWN NICKEL / US AIR FORCE / AFP : Deux chasseurs F-18 de l’armée américaine survolent l’Irak après une série de frappes aériennes, le 4 octobre 2014

C’est aux Irakiens d’assumer

« Il s’agit de leur pays, c’est à eux de le diriger. Ce sont eux qui assumeront la responsabilité des résultats« , a-t-il donc déclaré devant des soldats américains et australiens.

« Nous pouvons aider, nous pouvons entraîner, nous pouvons conseiller ; voilà ce que nous faisons« , a ajouté le chef du Pentagone, en soulignant que les forces américaines « ont un rôle à jouer« , mais de soutien.

« Nous sommes très reconnaissants pour le soutien qui nous est accordé« , a d’ailleurs souligné M. Abadi.

Le président Barack Obama a récemment approuvé le doublement du nombre de militaires américains déployés en Irak, à 3.100, pour aider les forces armées irakiennes à se reconstruire après leur débâcle face aux combattants de l’état dit « islamique » (EI) qui ont pris le contrôle de pans entiers dans le nord et l’ouest du pays.

Des pays membres de la coalition internationale sont également prêts à déployer quelque 1.500 hommes, a indiqué lundi le général américain James Terry.

Ce responsable, nommé à la tête du Commandement multinational interarmées (CMI) composé de militaires de plus de 30 pays, n’a pas précisé la nationalité de ces hommes, qui devraient être avant tout des conseillers et des instructeurs.

Ces renforcements visent à accentuer encore la pression sur les combattants de l’état dit « islamique » (EI) qui sont désormais « sur la défensive« , selon le général.

Les combattants de l’EI sont confrontés à « des difficultés en termes de mouvement et de communication« , en raison notamment des 1.200 frappes menées par les avions de la coalition en Irak et en Syrie depuis le 8 août.

Les raids en Irak sont essentiellement conduits par les Etats-Unis avec le soutien de pays occidentaux, comme la France, l’Australie, la Grande-Bretagne ou le Canada. Ces derniers refusent en revanche de frapper en Syrie, où se sont impliqués des pays de la région comme l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou la Jordanie.

Le soutien international « a permis aux forces de sécurité irakiennes de regagner du terrain« , avait souligné M. Hagel en visitant lundi une base américaine au Koweït. « Cela leur a donné un nouvel élan, de l’organisation, de la structure« .

Mais si elles s’améliorent « chaque jour« , les forces irakiennes « ont encore beaucoup de chemin à faire« , a jugé de son côté le général Terry.

L’armée irakienne a connu une véritable débandade au début de l’offensive les combattants de l’état dit « islamique » (EI), lancée le 9 juin dans le nord de l’Irak. Elle a ensuite longtemps piétiné, mais a dernièrement enregistré quelques succès notables, sans toutefois reprendre l’avantage.

M. Hagel a également insisté mardi sur la dimension politique de la crise en Irak et souhaité qu’un gouvernement rassembleur soit capable de gagner la confiance des différentes communautés ethniques et religieuses.

Arrivé au pouvoir en septembre, M. Abadi multiplie les contacts avec les responsables de la minorité sunnite, qui se sent exclue. Il a également resserré la coopération avec les Kurdes, qui combattent l’EI dans le nord.
Ces derniers jours, les avions de la coalition ont continué à cibler les environs de la ville kurde syrienne de Kobané, devenue le symbole de la résistance à l’EI.

En Irak, les raids, au nombre de 31 en 72 heures, ont notamment visé des positions de l’EI près de Kirkouk, Sinjar et Mossoul, dans le nord.

Photo de Safin Hamed pour AFP : L’Irak réclame à Wahsington davantage d’armes et de raids aériens pour lutter contre l’état dit « islamique » (EI).

Source : avec Afp, Associated Press, Iraq Today, Arab News Network, L’orient le Jour