Irak : Les violences continuent dans un silence médiatique

D’après Larédac’ à 14h42 le 23 Mars 2014

Alors que s’approchent les élections législatives prévues pour le 30 avril.

Les autorités peinent à stopper le cycle de violences, le pire depuis 2008, qui a déjà fait, depuis le début 2014, plus de 2.000 morts, dont plus de 300 en mars, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources médicales et des services de sécurité.

L’Irak connaît depuis un an une recrudescence des violences, qui atteignent des niveaux comparables à ceux de 2008, essentiellement alimentées par le ressentiment de la minorité sunnite face au gouvernement dominé par les chiites, et par le conflit en Syrie voisine.

Experts et diplomates ont appelé le gouvernement à tendre la main à la minorité sunnite, mais à l’approche des élections, les dirigeants ne veulent pas donner l’impression d’être faibles en faisant des compromis.


Dimanche 16 mars 2014

Au moins neuf personnes sont mortes samedi dans une série d’attentats à la voiture piégée visant des quartiers commerçants de Bagdad, ont indiqué des responsables de sécurité et médicaux.

Les cinq explosions ont également fait des dizaines de blessés, à moins de deux mois des élections législatives du 30 avril.

Les véhicules piégés ont frappé des marchés et des centres commerciaux de Sadr City, Amel, Amin, Choula et Qahira, tuant neuf personnes et faisant plus de 30 blessés, selon ces sources s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.

Ailleurs dans le pays, une mère et son fils ont été abattus à Baqouba, à soixante kilomètres au nord de la capitale, et une voiture piégée à Tikrit, à 160km au nord de Bagdad, a explosé près de la maison d’un colonel, faisant 15 blessés.

Mercredi 19 mars 2014

Des bombardements et des heurts ont fait 15 morts mercredi dans plusieurs secteurs de Fallouja, ville proche de Bagdad qui échappe au contrôle du gouvernement depuis des mois, a indiqué un médecin.

Ces incidents ont débuté peu après minuit, et se sont poursuivis toute la matinée dans des quartiers du nord, de l’est et du sud de la ville, faisant 15 morts et 40 blessés, a indiqué le médecin en chef de l’hôpital de Fallouja, Ahmed Shami.


Jeudi 20 mars 2014

De nouvelles attaques ont frappé l’Irak faisant au moins huit morts jeudi, jour anniversaire de l’invasion du pays par les Etats-Unis voilà 11 ans, au lendemain d’une vague de violences qui a fait près de 50 morts, selon des responsables.

Ces violences menées principalement par des insurgés sunnites sont alimentées par le conflit en Syrie voisine et par le mécontentement de la minorité sunnite en Irak, qui s’estime discriminée par les forces de sécurité et le gouvernement dominé par les chiites.

Le 20 mars 2003, une coalition dirigée par les Etats-Unis avait envahi l’Irak et renversé le président Saddam Hussein qui a été ensuite condamné à mort par la justice irakienne et exécuté. La présence pendant plus de huit ans, jusqu’à décembre 2011, des GI’s n’avaient pas empêché les attentats menés principalement par des groupes qui seraient liés à « Al-Qaïda » et des affrontements confessionnels (2006-2007) qui avaient fait des dizaines de milliers de morts.

Après le départ des troupes américaines, la violence n’a pas cessé et a connu une escalade depuis le début 2013, sur fond de crise politique marquée par des accusations de népotisme et de despotisme contre le Premier ministre Nouri al-Maliki, lancées par ses détracteurs.

Les attaques à la bombe de jeudi ont eu lieu dans les environs de Bagdad, dans les provinces de Kirkouk et Salaheddine au nord de la capitale et dans la ville de Ramadi, à l’ouest, faisant huit morts, selon des responsables de la sécurité et des sources médicales.

La veille, une vague d’attaques a coûté la vie à 46 personnes à travers le pays, y compris des attentats contre un café à Bagdad qui a fait 13 morts, selon un dernier bilan de source de sécurité.

Vendredi 21 22 mars 2014

Cité modèle dans le monde arabe jusqu’aux années 1970, Bagdad est devenue, après des décennies de conflits, la pire ville au monde en matière de qualité de vie.

http://cdn.dmcloud.net/route/4f8da00e94a6f639e70004f1/532c673106361d0f92e6f7f6/mp4_h264_aac_hd.mp4?auth=1396024387-0-jjnqj7k0-23500966ac1036fa381ce0460aed8e51

Samedi 22 mars 2014

Un journaliste irakien a été tué par balles par un officier kurde samedi à un barrage routier de Bagdad, alors qu’il se rendait à son travail.

Sa mort a provoqué un tollé chez ses confrères et conduit le Premier ministre, Nouri al Maliki, à promettre que l’auteur du meurtre serait arrêté.

Mohamed Badaoui, chef du bureau de Bagdad de Radio Free Iraq, se rendait à son bureau, près du palais présidentiel dans le centre de la capitale, lorsqu’il a été abattu.

« Je regardais passer les voitures au barrage routier lorsqu’une querelle a éclaté entre un conducteur et un militaire (…). Soudain, deux soldats ont fait irruption et tiré le conducteur de son véhicule et ils se sont mis à le tabasser« , a déclaré à Reuters un témoin. « Le conducteur a repoussé l’un des soldats mais un lieutenant est arrivé et l’a tué d’une balle dans la tête« , a-t-il ajouté.

La dépouille mortelle de Badaoui est restée sur place pendant plusieurs heures et des dizaines de ses confrères se sont rassemblés en protestant contre sa mort et en réclamant l’arrestation du meurtrier.

Nouri al Maliki s’est rendu sur place et s’est engagé à ce que le meurtrier soit retrouvé et arrêté. Un peu plus tard, un responsable militaire de Bagdad a annoncé que le meurtrier avait été appréhendé.

Source : Afp, Reuters, Al Iraqiya, RadioFree Iraq, agences de presse irakiennes

Crédit photo : Thaier al-Sudani / 22 mars 2014