Irak : Toujours autant de victimes et le changement c’est pas maintenant

D’après Larédac’ à 19h41 le 02 Juin 2014

L’Irak est endeuillé par des attaques qui tuent en moyenne plus de 25 personnes par jour, un niveau qui n’avait plus été atteint depuis cinq ans.

Cette vague de violences a fait plus de 4.000 morts depuis le début de l’année, dont 900 pour le seul mois de mai, un bilan presque équivalent à celui de mai 2008, quand le pays sortait à peine d’un conflit confessionnel sanglant après l’invasion américaine de 2003.

Les autorités imputent la violence qui touche l’ensemble du pays à des facteurs extérieurs, au premier rang desquels la guerre en Syrie voisine.

Mais diplomates et experts affirment que les violences sont surtout alimentées par la colère de la minorité sunnite, qui s’estime marginalisée et maltraitée par les autorités dirigées par des chiites.

C’est la première fois que d’importantes villes échappent ainsi au contrôle des autorités depuis l’insurrection qui a suivi l’invasion américaine en 2003.

Jeudi 29 Mai 2014


Une soixantaine de personnes ont péri mercredi dans une vague d’attaques à travers l’Irak, où le bilan dépasse désormais les 4.000 morts dans les violences depuis le début de l’année, selon des sources médicales et sécuritaires.

Ce nouveau bain de sang intervient alors que les responsables politiques cherchent à constituer des alliances en vue de la formation d’un gouvernement, que le Premier ministre sortant Nouri al-Maliki entend continuer à diriger, même si les élections du 30 avril ne lui ont pas donné de majorité claire.

Les attentats les plus graves ont eu lieu en fin de journée à Mossoul, dans le nord du pays, où deux l’explosion de deux voitures piégées a tué 21 personnes, dont 14 membres des forces de l’ordre.

A Bagdad, un attentat suicide à la voiture piégée a fait au moins 16 morts et une cinquantaine de blessés dans l’après-midi dans le quartier principalement chiite de Kazimiya, tandis que d’autres voitures piégées ont tué une dizaine d’autres personnes dans les quartiers d’Amin, Sadr City et Jihad.

Alors que dans le passé ce type d’attaques étaient menées le matin, à l’heure de pointe, elles ont désormais de plus en plus souvent lieu le soir, quand les Irakiens sortent pour aller au marché, au restaurant ou au café.

D’autres attaques ont fait trois morts dans la région de Bagdad, ainsi que trois autres dans les provinces septentrionales de Kirkouk et de Ninive, dont Mossoul est la capitale. 

Alimenter et entretenir les tensions Ethnico-religieuses

Toujours dans le nord, une série de 11 attentats à la bombe a tué cinq personnes, dont quatre membres d’une même famille, à Touz Khourmatou, selon des responsables.

Les explosions visaient des maisons de la communauté turkmène de cette ville peuplée également par des Kurdes et des Arabes, et qui est située dans une portion de territoire revendiquée à la fois par le gouvernement central et par la région autonome du Kurdistan irakien.

Les insurgés profitent souvent du manque de communication entre les forces de sécurité arabes et kurdes pour mener des attaques dans ce secteur.

Dans le même temps, trois personnes ont été tuées dans un bombardement sur Fallouja, une ville à 60 km à l’ouest de Bagdad tenue par des insurgés depuis janvier.

Mardi (le 27 mai), l’organisation Human Rights Watch a accusé Bagdad de larguer des barils d’explosifs sur des zones d’habitation et d’avoir pu viser un hôpital.

Dimanche1 juin 2014

Au moins 40 personnes ont péri dans des affrontements et des bombardements dimanche à Fallouja, une ville située à 60 km à l’ouest de Bagdad et tenue par des insurgés, a-t-on appris lundi de source médicale.

Les violences, qui ont également fait 36 blessés, ont touché plusieurs secteurs de Fallouja et sa périphérie, a précisé Ahmed Shami, un médecin du principal hôpital de la ville. 

Mahmoud al-Zobaie, un dirigeant de la tribu Zoba, a indiqué que les violences avaient éclaté à la mi-journée avant de se poursuive durant plusieurs heures.


Selon lui, une demi-douzaine de quartiers situés dans le nord, le sud et le centre de Fallouja ont été touchés par des bombardements, alors que des accrochages entre forces armées et insurgés ont eu lieu au nord et au sud de la ville. 

Plus de 350 personnes ont été tuées dans la région de Fallouja depuis le début de la vague de violence fin décembre dans cette ville et dans sa province d’Al-Anbar, selon M. Shami. 

La plupart des victimes sont des civils tués dans les bombardements des forces de l’armée qui frappent régulièrement la ville depuis des mois sans être parvenues à en reprendre le contrôle, a-t-il précisé.

Human Rights Watch (HRW) a accusé le mois dernier l’armée de larguer des barils d’explosifs sur des zones d’habitation dans sa lutte contre les insurgés. 

Les violences dans la région de Fallouja ont été déclenchées le 30 décembre par le démantèlement à Ramadi (40 km plus à l’ouest), chef-lieu de la province majoritairement sunnite d’Al-Anbar, d’un camp de protestataires sunnites anti-gouvernementaux, qui dénonçaient une discrimination de la part des autorités dominées par les chiites.

C’est la première fois que d’importantes villes échappent ainsi au contrôle des autorités depuis l’insurrection qui a suivi l’invasion américaine en 2003.

Une vague de violences a fait plus de 4.000 morts depuis le début de l’année, dont 900 pour le seul mois de mai, un bilan presque équivalent à celui de mai 2008, quand le pays sortait à peine d’un conflit confessionnel sanglant après l’invasion américaine de 2003. 

Lundi 2 juin 2014

Neuf personnes ont également été tuées lundi dans des attentats à la bombe dans les environs de Bagdad, dans la province de Salaheddine, au nord de la capitale, et dans celles de Najaf et Zi Qar, situées dans le sud du pays d’ordinaire épargné par les violences, ont annoncé des responsables.

Trois soldats ont été tués dans un attentat suicide à la voiture piégée à Tarmiya, au nord de Bagdad.

Au sud de la capitale, un collégien a été tué dans un attentat à la bombe près de son école à Mahmoudiya, et deux personnes sont mortes dans l’explosion d’une voiture piégée près d’une mosquée chiite à Iskandariya.

Mahmoudiya et Iskandariya se situent dans une zone multiconfessionnelle surnommée le « Triangle de la mort » en raison des nombreuses violences qui s’y étaient produites au plus fort des affrontements confessionnels de 2006-2007.

Deux soldats ont également été tués dans l’explosion de trois bombes dans la province de Salaheddine, tandis que dans le sud du pays, à majorité chiite et d’ordinaire paisible, des bombes ont fait un mort et 36 blessés, selon des responsables médicaux et de la sécurité.

Ces attentats se sont produits au lendemain d’une journée meurtrière où 40 personnes ont été tuées, dont 22 à Fallouja.

Les violences, qui ont également fait 36 blessés, ont touché plusieurs secteurs de Fallouja et sa périphérie, a précisé Ahmed Shami, un médecin du principal hôpital de la ville.

Mahmoud al-Zobaie, un dirigeant de la tribu Zoba, a indiqué que les violences avaient éclaté à la mi-journée avant de se poursuive durant plusieurs heures.

Selon lui, une demi-douzaine de quartiers situés dans le nord, le sud et le centre de Fallouja ont été touchés par des bombardements, alors que des accrochages entre forces armées et insurgés ont eu lieu au nord et au sud de la ville.

Plus de 350 personnes ont été tuées dans la région de Fallouja depuis le début de la vague de violence fin décembre dans cette ville et dans sa province d’Al-Anbar, selon M. Shami.

La plupart des victimes sont des civils tués dans les bombardements des forces de l’armée qui frappent régulièrement la ville depuis des mois sans être parvenues à en reprendre le contrôle, a-t-il précisé.

Human Rights Watch (HRW) a accusé le mois dernier l’armée de larguer des barils d’explosifs sur des zones d’habitation dans sa lutte contre les insurgés.

Les violences dans la région de Fallouja ont été déclenchées le 30 décembre par le démantèlement à Ramadi (40 km plus à l’ouest), chef-lieu de la province majoritairement sunnite d’Al-Anbar, d’un camp de protestataires sunnites anti-gouvernementaux, qui dénonçaient une discrimination de la part des autorités dominées par les chiites.

Source : Afp, reuters , Human Rights Watch, RFI, OSDH, L’Orient le Jour,Agence Sana, Irak today, al-hodaonline